Pornichet : Valorisation des sapins de Noël en broyat écoresponsable
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Un sapin de Noël qui part au broyat n'est pas un sapin qu'on jette : c'est une matière première qui doit arriver propre. Toute la réussite de l'opération menée à Pornichet entre le 28 décembre et le 21 janvier tient à ce détail peu glorieux. Un arbre encore vissé sur son pied en croix, une guirlande oubliée, un reste de neige artificielle, et le lot entier devient difficile à traiter. Voici donc ce qu'on attend concrètement de celui qui dépose, et ce que devient l'arbre ensuite.
Ce qu'est le broyat, et à quoi il sert
Le broyeur réduit les sapins en copeaux et en fragments de branches de quelques centimètres. Ce paillage est ensuite étalé au pied des plantations et sur certains secteurs de dune. Une couche de cinq à sept centimètres limite l'évaporation, garde le sol frais plus longtemps en été, gêne la levée des herbes indésirables et se décompose lentement en matière organique. Il ne nourrit pas la plante comme le ferait un engrais, il couvre le sol et le garde en état.
Où déposer
Deux points de dépôt sont installés, l'un à proximité du Quai des Arts, l'autre sur le parking du cimetière. Ce sont des enclos temporaires, pas des bennes : on couche l'arbre, on ne le lance pas par-dessus une bordure. Les dates et les emplacements peuvent bouger d'une année sur l'autre, la ville publie le détail sur son site. Plus d'informations ici.
Nu, et rien d'autre
La consigne se résume en un mot. Le sapin arrive nu : sans pied, sans sac, sans décoration, sans flocage. Chacun de ces éléments a une bonne raison d'être refusé.
Le pied en croix, bois ou plastique, ne passe pas au broyeur et abîme les couteaux. Le sac, même celui vendu comme biodégradable en trois mois, met beaucoup plus longtemps que ça à disparaître dans un tas de copeaux et se retrouve en lambeaux dans le paillage. Les crochets et fils de guirlande, invisibles dans le feuillage, ressortent en fragments métalliques. Quant au sapin floqué, la neige artificielle qui le recouvre est une matière plastique ou une résine : impossible de l'étaler sur un massif et encore moins sur un cordon dunaire.
Deux filières à ne pas confondre
Sur la Côte d'Amour, deux usages du sapin usagé cohabitent et les articles les mélangent souvent. Le broyat sert de paillage, il couvre un sol et le nourrit en se décomposant. Les branchages entiers, eux, sont couchés en alignement au pied des dunes pour freiner le vent et piéger le sable en mouvement. La matière de départ est la même, la destination et l'effet attendu ne le sont pas. Une commune peut très bien pratiquer les deux la même année, sur des secteurs différents.
Ce que le paillage donne quelques mois plus tard
Le copeau de résineux se décompose lentement, plus lentement qu'une tonte de gazon ou qu'une feuille morte. C'est justement ce qu'on lui demande : tenir en place une saison entière sans se transformer en compost. On lui reproche parfois d'acidifier le sol. En surface, sans enfouissement, l'effet reste faible et se voit surtout la première année, le temps que la couche se stabilise. Sur des massifs déjà installés et sur des sols sableux du bord de mer, il rend plutôt service : il retient l'humidité là où l'eau file très vite.
Et si on rate la fenêtre
Après le 21 janvier, les enclos sont retirés. Le sapin oublié sur un balcon jusqu'en février n'est pas perdu pour autant : il rejoint les déchets verts en déchetterie, où il sera broyé lui aussi, simplement en dehors du circuit local. Le laisser sur le trottoir, en revanche, ne mène nulle part et occupe l'espace public pendant des semaines.
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