Prix des pellets enfin en baisse en mars : Verrons-nous enfin une réduction significative ?
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Le prix du granulé a effectivement reculé au printemps 2024, et la nouvelle était bonne à prendre après deux hivers pénibles. Mais présenter ce recul comme une victoire du marché sur les prix, c'est se tromper de lecture. Le granulé baisse au mois de mars à peu près chaque année, pour la même raison que les skis baissent en avril : la saison de chauffe se termine, les silos des producteurs sont pleins et il faut les vider. Ce qui compte pour votre facture, c'est le mois où vous signez la commande.
Ce qui avait fait flamber les prix, et ce qui les a fait redescendre
L'emballement de 2022 tenait peu à la sciure. La flambée du gaz et de l'électricité a poussé des dizaines de milliers de foyers à installer un poêle à granulés la même année, le séchage industriel coûtait plus cher puisqu'il faut de l'énergie pour évaporer l'eau du bois, et chacun voulait deux palettes d'avance dans son garage. La demande a bondi avant que l'outil industriel suive.
La descente relève de la même logique, à l'envers. Les capacités de production françaises ont augmenté, les deux hivers suivants ont été doux sur la côte atlantique, et les garages étaient déjà remplis. Un ménage qui a acheté trois tonnes pour en brûler deux n'achète rien l'année d'après.
La saisonnalité, cette évidence qu'on oublie
Le cycle est lisible. Tarifs les plus bas entre mai et juillet, quand les producteurs déstockent. Remontée en août et septembre, au moment où tout le monde s'y met. Maximum entre novembre et janvier, quand la commande devient urgente et que les délais de livraison en vrac s'allongent. Reflux en mars.
Autrement dit, la baisse de mars 2024 était largement mécanique. Elle a été présentée un peu partout comme un signal de détente durable ; c'était surtout la fin de l'hiver.
Le stock, à condition de savoir le garder
Acheter tôt suppose de pouvoir stocker correctement, et c'est là que beaucoup se plantent. Le granulé craint l'humidité avant tout. Un sac posé à même une dalle béton dans un garage mal ventilé prend l'eau par capillarité et gonfle. Il faut une palette, un mur qui ne suinte pas, et de préférence pas la buanderie. Un pellet humidifié perd son pouvoir calorifique, s'effrite en poussière et finit par bloquer la vis d'alimentation du poêle.
Sur la presqu'île et le long de l'estuaire, l'air salin et les garages semi-enterrés n'aident pas. Quand le local n'est pas parfaitement sec, mieux vaut payer le surcoût du conditionnement en sacs que perdre une demi-tonne en poussière.
Faut-il attendre une nouvelle baisse ?
Personne ne peut le dire, et méfiez-vous de ceux qui l'affirment. Le prix dépend du coût de l'énergie des usines, de la météo de l'hiver, du rythme d'installation des poêles et de la matière première disponible dans un rayon de transport raisonnable. Aucune de ces variables n'est prévisible à six mois.
Ce qui est certain, en revanche, c'est le calendrier. Il se répète chaque année et il ne demande aucune expertise pour être exploité : on commande au printemps ou au début de l'été, on paie le prix bas, et on regarde tranquillement les autres se ruer sur les palettes au premier coup de froid de novembre.
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