Survie miraculeuse : le chat forestier retrouve sa liberté après avoir été percuté par une voiture
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Il a fallu trois mois et une famille exaspérée pour comprendre que le chat blessé ramassé au bord d'une route de Seine-et-Marne, en août 2023, n'était pas un chat de gouttière. C'est toute l'histoire, et elle en dit long sur un animal que presque personne ne sait reconnaître : le chat forestier, protégé en France depuis 1976, ressemble à s'y méprendre à un chat tigré ordinaire. Le félin a été relâché en forêt d'Othe le vendredi 24 novembre 2023.
Percuté près de Provins, opéré, puis adopté par erreur
L'animal est heurté par une voiture au mois d'août, dans le secteur de Provins. Fracture du fémur, hospitalisation, opération. Rien dans son comportement d'animal choqué et sous antalgiques n'alerte alors sur son espèce. Une famille de l'Yonne le recueille pour sa convalescence, en pensant s'occuper d'un chat errant qui aurait eu de la chance.
Un pensionnaire qui ne s'apprivoise pas
La cohabitation tourne court. Le rescapé attaque les autres chats de la maison, puis les humains. Un chat de gouttière traumatisé finit presque toujours par se détendre au bout de quelques jours au calme ; celui-là ne cède rien. C'est ce refus obstiné qui met la puce à l'oreille et conduit la famille à appeler le CSOS 89, le centre de sauvegarde de la faune sauvage installé à Fontaine-la-Gaillarde, à une vingtaine de kilomètres de Sens.
Le diagnostic tombe au centre : c'est bien un chat forestier, une espèce sauvage qu'on ne garde pas chez soi et qu'il est interdit de détenir. Inès Mongin, soigneuse au centre, a parlé d'une « superbe expérience » à l'issue de la prise en charge, ce qui, pour un animal arrivé avec un fémur cassé et une réputation de fauve miniature, n'était pas gagné d'avance.
Un chasseur de rongeurs que la voiture menace plus que le fusil
Le chat forestier occupe les lisières, les bois de feuillus et les haies, où il chasse campagnols et mulots. Gilles Pavy, inspecteur de l'environnement à l'Office français de la biodiversité, rappelle le service rendu par ce petit carnivore : en régulant les rongeurs, il limite la circulation des maladies qu'ils portent. Aurore Bonnot, de l'Office national des forêts, a insisté sur sa place dans l'équilibre du massif au moment du lâcher.
Le site choisi pour la remise en liberté n'a rien d'anodin. La forêt d'Othe, à cheval sur l'Yonne et l'Aube, couvre plusieurs dizaines de milliers d'hectares de feuillus, et le point de lâcher a été retenu loin des axes routiers. La collision reste l'une des premières causes de mortalité de l'espèce, avec l'hybridation avec le chat domestique, qui dilue peu à peu son patrimoine génétique.
L'espèce progresse en France depuis une trentaine d'années, du nord-est vers le centre et le sud-ouest, après avoir failli disparaître. Cette reconquête ne la met pas à l'abri : le braconnage, les pièges destinés à d'autres animaux et les routes continuent de prélever. Un chat forestier tué reste une infraction, même sans intention de nuire.
Source : Dicoanimaux lls pensent sauver un chat de gouttière, mais découvrent qu’il s’agit en réalité d’un chat forestier
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