Un week-end dédié à la bande dessinée à Pornichet les 5 et 6 avril
Sommaire4 sections
Un festival de bande dessinée gratuit, dans une station balnéaire, début avril : la cinquième édition de Déam'bulle, annoncée à Pornichet pour les 5 et 6 avril 2025, tenait surtout sa réussite d'un choix simple. Pas de grand marché du livre d'occasion, pas de files d'attente de trois heures devant une vedette, mais des auteurs installés à portée de conversation et des ateliers où on repart avec sa propre planche. C'est un format de festival modeste, qui a l'avantage de rester praticable avec des enfants.
Des dédicaces où l'on a le temps de parler
Marie Jaffredo, Gwénola Morizur et Claire Péron figuraient parmi les autrices annoncées. Trois signatures qui disent assez bien la ligne du festival : de la bande dessinée d'auteur, souvent portée par le récit intime ou l'adaptation littéraire, plutôt que de la série à gros tirage. Gwénola Morizur travaille d'ailleurs en Bretagne, et son nom revient régulièrement dans les festivals de l'ouest.
La différence avec un gros salon se voit à la table de dédicace. À Angoulême, on note son nom sur une liste le matin en espérant passer l'après-midi. Ici, on attend dix minutes, l'autrice demande le prénom de l'enfant, et le dessin prend cinq bonnes minutes. Ce n'est pas un détail de confort, c'est ce qui fait qu'un gamin de dix ans se souvient de sa première dédicace.
Les ateliers, la partie qui se réserve
Les ateliers de création constituaient l'autre pilier du week-end : découpage en cases, storyboard, encrage, lettrage, animés par des professionnels. Certains s'adressaient aux adultes débutants, d'autres aux enfants seuls. Ce sont les seules activités payantes, avec les spectacles.
Le principe d'un atelier de bande dessinée tient en peu de chose : on donne une contrainte de départ, quatre cases et un personnage, et on laisse faire. Les enfants produisent en une heure quelque chose de fini, ce qui n'arrive pas souvent dans une activité culturelle. Les adultes, eux, découvrent généralement que le dessin est la partie facile, et le découpage la partie difficile.
Expositions, concert dessiné et le reste
Le programme annonçait des expositions en salle et en plein air, des projections de courts métrages et un concert dessiné. Ce dernier format mérite un mot pour ceux qui n'en ont jamais vu : un dessinateur travaille en direct sur une grande feuille ou sur tablette, l'image est projetée, des musiciens jouent en même temps. La performance dure rarement plus de quarante minutes, et elle fonctionne aussi bien sur un public qui ne lit pas de BD.
Une programmation qui vise les familles, assumée
Il faut le dire sans détour : un amateur exigeant venu chercher des raretés, des éditeurs indépendants confidentiels ou des débats de fond sur le métier ne trouvera pas son compte à Déam'bulle. La programmation vise le grand public familial, elle le fait bien, et elle n'a jamais prétendu autre chose.
Pour une commune de la Côte d'Amour, l'intérêt est ailleurs : occuper les salles municipales pendant les vacances de printemps, faire entrer des familles dans la médiathèque, et donner aux libraires locaux un week-end de chiffre d'affaires en dehors de la saison. Le neuvième art sert ici de prétexte à quelque chose de très concret, et il n'y a rien à y redire.
Reste la question que se posent tous les festivals de cette taille : comment garder des auteurs qui viennent pour un défraiement et deux jours de dédicaces, quand les gros salons paient mieux. La réponse tient souvent à l'accueil, aux repas partagés et au fait qu'on leur laisse le temps de dessiner. À Pornichet, la mer à cinq minutes des salles n'a probablement pas nui non plus au recrutement.
Résumer cet article avec :
Partager :