Une toute nouvelle section de triathlon dédiée exclusivement aux femmes à Pornichet
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Des créneaux d'entraînement réservés aux femmes, il en existe déjà dans plusieurs clubs de la région. L'histoire intéressante à Pornichet tient à l'identité des fondatrices de la nouvelle section de triathlon : quatre lycéennes de 16 ans, qui se sont rencontrées en compétition et en stage régional, et qui ont décidé en décembre 2024 de créer le groupe qu'elles auraient voulu trouver en arrivant dans le sport. Pas un dispositif municipal, pas un plan fédéral. Quatre adolescentes et un créneau de piscine.
Pourquoi un créneau non mixte, concrètement
La question mérite une réponse honnête plutôt qu'un discours sur l'inclusion. Dans un club de triathlon classique, une débutante se retrouve souvent dans un groupe où elle est la seule femme et la plus lente. Sur la sortie vélo du dimanche, le groupe part à 30 km/h de moyenne et personne n'attend. En natation, il faut annoncer son temps au 100 mètres pour choisir sa ligne d'eau. Ces deux moments suffisent à faire abandonner beaucoup de gens, hommes compris, mais ils touchent davantage celles qui arrivent sans passé de nageuse ou de cycliste.
Un groupe non mixte lève cette barrière d'entrée. Ce n'est pas une garantie de progression, et personne ne prétend qu'une femme progresse mieux entre femmes. L'effet est ailleurs : on vient une deuxième fois. Le même raisonnement explique le développement des salles de sport réservées aux femmes dans les villes moyennes depuis une dizaine d'années.
Trois disciplines, trois contraintes de terrain
Pornichet a la géographie qu'il faut. La baie offre un plan d'eau abrité pour la natation en eau libre dès le mois de mai, ce qui est rare sur la côte atlantique. Le front de mer réaménagé donne une piste continue pour la course à pied, plate et éclairée. Le vélo est le point faible : sortir de la commune vers l'arrière-pays impose de traverser des axes chargés, et les routes des marais salants, jolies mais étroites, ne se prêtent pas aux pelotons débutants.
Reste la piscine, le nerf de la guerre de tout club de triathlon. Les lignes d'eau se négocient chaque été avec la commune, entre les clubs de natation, les scolaires et le public. Une section qui démarre obtient rarement les meilleurs créneaux, et un entraînement à 21 heures un mardi filtre les inscriptions plus sûrement que n'importe quel discours. Pour une lycéenne qui a cours le lendemain à 8 heures, ce créneau-là revient à un abandon programmé au bout de six semaines.
Un mouvement qui existe déjà ailleurs
L'initiative pornichétine n'arrive pas dans le vide. Le Triathlon des Roses, organisé à Toulouse au profit de la recherche sur le cancer du sein, a montré qu'une épreuve exclusivement féminine remplit ses dossards, avec un public de participantes dont beaucoup n'avaient jamais fait de course avant. Le format court, les distances réduites et l'absence de classement au premier plan y sont pour beaucoup.
La Fédération française de triathlon a aussi vu sa part de licenciées progresser sur la dernière décennie, sans atteindre la parité, loin de là. Le triathlon reste un sport où le matériel coûte cher, où le vélo effraie et où les modèles médiatiques sont surtout masculins. Une section de club ne renverse pas ça toute seule. Elle peut en revanche produire trois ou quatre licenciées de plus par saison, ce qui, à l'échelle d'un club de 120 adhérents, se voit immédiatement sur la ligne d'eau.
Ce que la ville apporte, et ce qu'elle n'apporte pas
La commune met à disposition les équipements et relaie les initiatives sportives, comme elle le fait pour les autres clubs. C'est réel et ça compte, notamment pour l'accès aux vestiaires et au bassin. Mais l'impulsion, ici, est venue de quatre licenciées, pas d'une délibération du conseil municipal. Il vaut mieux le dire ainsi, parce que c'est cette origine qui donne au projet ses chances de durer : personne n'attend une subvention pour aller nager.
La suite se jouera sur des choses très prosaïques, le nombre d'inscrites en septembre, la présence d'un encadrant diplômé et la capacité des fondatrices à passer le relais quand elles partiront étudier ailleurs. Le détail des équipements et des activités sportives est consultable sur le site de la ville de Pornichet.
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