Vivez un week-end dédié à la bande dessinée à Pornichet lors du festival Déam'bulle

Sommaire5 sections
  1. 01Pourquoi l'hippodrome et pas une salle municipale
  2. 02Le vrai chantier commence en janvier, dans les classes
  3. 03Vingt-cinq auteurs, ce que ça veut dire pour un visiteur
  4. 04Ancre noire, le pari du BD-concert
  5. 05Ce que le week-end laissait espérer pour la suite

Un festival de bande dessinée qui tient dans le hall des paris d'un hippodrome, ça dit déjà quelque chose de la manière dont Pornichet fabrique ses événements. Pour les 5 et 6 avril 2025, la ville annonçait la cinquième édition de Déam'bulle avec vingt-cinq auteurs et autrices attendus, une entrée gratuite sur la majeure partie du programme et deux jours d'ouverture de 10 heures à 18 heures. Ce qui rend l'affaire intéressante, ce n'est pas la liste des animations, c'est le travail engagé plusieurs mois avant, dans les classes et les ateliers, dont le week-end n'était que la partie visible.

Pourquoi l'hippodrome et pas une salle municipale

Le grand hall des paris offre une surface d'un seul tenant, plate, couverte et desservie par un parking dimensionné pour les jours de courses. Pour un salon de bande dessinée, c'est exactement ce qu'il faut : des tables alignées sans colonne au milieu, un accès de plain pied pour les caisses de livres des éditeurs, et de quoi absorber un pic de visiteurs le samedi après midi sans faire la queue dehors. Peu de communes de onze mille habitants disposent d'un équipement de cette taille sans devoir monter un chapiteau.

Le choix a une contrepartie : l'hippodrome est excentré par rapport au centre-ville et à la plage. La programmation annoncée en tenait compte, avec des animations réparties ailleurs dans la ville pendant le week-end, de sorte que le festival ne se réduise pas à un salon fermé sur lui-même.

Le vrai chantier commence en janvier, dans les classes

Avant l'ouverture, des ateliers de bande dessinée avaient été menés avec des élèves et des participants amateurs, leurs planches étant destinées à une exposition présentée pendant le week-end. C'est un mécanisme classique et efficace : un enfant dont le dessin est accroché sur un panneau vient avec ses parents, ses grands-parents et parfois sa classe. La fréquentation d'un festival gratuit se construit beaucoup comme ça, par cercles familiaux, bien avant la communication de la dernière semaine.

Cette phase amont explique aussi le rythme biennal. Monter des interventions scolaires, caler les plannings d'auteurs et boucler un budget municipal demande davantage qu'une année de préparation quand l'équipe repose en partie sur des bénévoles.

Vingt-cinq auteurs, ce que ça veut dire pour un visiteur

Le chiffre paraît modeste comparé aux grosses machines du genre. À l'échelle du visiteur, il vaut mieux : une file de dédicace de vingt personnes plutôt que de deux cents, une chance réelle d'échanger trois minutes avec un dessinateur, et des jeunes auteurs accessibles à côté de noms installés. Les grands festivals nationaux offrent des affiches spectaculaires et des files d'attente où l'on passe la matinée pour une signature expédiée en quinze secondes. Le rapport de force est inversé ici, et c'est l'argument principal pour s'y déplacer.

Pour qui vient dédicacer une pile d'albums, la bonne méthode reste la même : arriver à l'ouverture, repérer les tables avant que les files ne se forment, et se limiter à deux ou trois auteurs plutôt que de courir partout.

Ancre noire, le pari du BD-concert

Parmi les temps forts annoncés figurait le BD-concert "Ancre noire", une forme qui mêle projection de planches et musique jouée en direct. Ce type de spectacle demande une salle, une régie et une jauge, autrement dit une organisation d'un tout autre ordre qu'un stand de dédicaces. Le programmer dans un festival gratuit de cette taille relève de l'engagement, financier autant qu'artistique. C'est le genre de proposition qui distingue un festival d'un simple marché du livre.

Ce que le week-end laissait espérer pour la suite

Un festival biennal se juge sur la fidélité de son public et sur sa capacité à ramener les mêmes auteurs, qui reviennent quand l'accueil a été bon et que les ventes ont suivi. La cinquième édition posait donc une question simple : Pornichet a-t-elle installé un rendez-vous durable, ou tient-elle un événement porté par quelques personnes ? Le programme annoncé, avec ses ateliers en amont, son BD-concert et sa dispersion partielle dans la ville, penchait vers la première hypothèse.

Reste la question du transport, sur laquelle rien de spectaculaire n'était prévu. L'hippodrome se rejoint en voiture sans difficulté hors saison, à vélo par les pistes qui longent la côte, et à pied depuis la gare pour qui accepte une vingtaine de minutes de marche. En avril, avec le vent de mer qui souffle encore franchement sur ce secteur, c'est une information qui vaut celle du programme.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour