Voici comment transformer votre maison en un éco-havre sans rien dépenser !

Sommaire6 sections
  1. 01Le thermostat, le seul geste gratuit à deux chiffres
  2. 02Les veilles, l'eau chaude et les habitudes
  3. 03Les volets, les rideaux et l'air
  4. 04Les LED, et ce qu'elles rapportent réellement
  5. 05Ce qui coûte cher, et pourquoi aucun geste gratuit ne le remplace
  6. 06Ce que ça donne sur une facture

Autant purger le malentendu du titre : sans dépenser un euro, on ne transforme pas une maison, on récupère entre 8 et 12 % de sa facture d'énergie. Ce n'est pas négligeable, entre 130 et 250 euros par an pour un pavillon chauffé à l'électricité sur la Côte d'Amour, mais ça ne fabrique pas une maison sobre. Ce texte sépare donc trois piles : ce qui ne coûte rien du tout, ce qui coûte moins de 20 euros, et ce qui coûte cher et qu'aucun geste gratuit ne remplacera. Avec, pour chaque ligne, l'ordre de grandeur de ce qu'elle rapporte.

Le thermostat, le seul geste gratuit à deux chiffres

Le chauffage représente les deux tiers de la consommation d'un logement. Tout ce qui touche à sa consigne pèse donc plus lourd que le reste réuni. Passer le séjour de 21 à 19 degrés et les chambres à 17, c'est environ 14 % de chauffage en moins, sans dépenser un centime ni installer quoi que ce soit.

Le climat local aide. Saint-Nazaire et Pornichet tournent autour de 2 200 à 2 400 degrés-jours de chauffage par an, contre 2 800 à Nantes intra-terres et plus de 3 000 à Clermont. Les hivers sont courts et rarement mordants, ce qui veut dire que la période où l'on chauffe fort est ramassée sur décembre, janvier et février. Sur ces trois mois, un thermostat programmable réglé pour redescendre à 16 degrés la nuit et pendant les heures de bureau fait le plus gros du travail. Si vous n'en avez pas, la version manuelle marche aussi : baisser en partant, remonter en rentrant.

Un détail qui coûte cher quand on l'ignore : un radiateur derrière un canapé, un rideau qui tombe devant un convecteur ou une console posée dessus, et la chaleur ne circule plus dans la pièce. Le thermostat lit une température locale fausse et chauffe plus longtemps. Déplacer un meuble de trente centimètres est le geste le plus rentable de cette liste.

Les veilles, l'eau chaude et les habitudes

La box internet et le décodeur télé consomment en continu, souvent 15 à 25 W à eux deux, soit 130 à 220 kWh par an, l'équivalent de 35 à 55 euros. Éteindre la box la nuit économise la quasi-totalité de cette somme, à condition d'accepter la coupure. Le reste des veilles (téléviseur, ampli, console, chargeurs) se règle avec une multiprise déjà présente dans la maison, celle qu'on a en général sous le bureau.

Sur l'eau chaude, deuxième poste du logement, un ballon réglé à 65 degrés se ramène à 55 ou 60 sans risque sanitaire, ce qui réduit ses pertes de maintien. Une douche de cinq minutes plutôt que dix économise autour de 60 litres d'eau chauffée, soit près de 2 kWh. À raison de deux douches par jour sur l'année, on dépasse les 100 euros. Et si vous êtes en heures creuses, vérifiez que le contacteur du ballon est bien en position automatique : beaucoup sont restés sur marche forcée depuis une panne oubliée.

Les volets, les rideaux et l'air

Une fenêtre en double vitrage laisse partir trois à quatre fois plus de chaleur qu'un mur isolé. Fermer les volets dès la nuit tombée crée une lame d'air immobile devant la vitre et coupe de 30 à 60 % de ces pertes selon le type de volet. Le geste inverse compte autant : ouvrir grand les volets sud dès que le soleil donne, y compris en janvier, où une baie exposée peut apporter plusieurs kWh gratuits dans l'après-midi.

Pour l'aération, dix minutes fenêtres grandes ouvertes le matin renouvellent l'air sans refroidir les murs, alors qu'une fenêtre entrebâillée toute la journée refroidit la maçonnerie et fait tourner le chauffage en continu. C'est un point que les maisons de bord de mer supportent mal : elles prennent l'humidité vite, et le chauffage sert alors surtout à sécher.

Les LED, et ce qu'elles rapportent réellement

Remplacer une ampoule halogène de 50 W par une LED de 5 W qui éclaire autant fait gagner environ 45 W pendant les heures d'allumage. Sur un salon allumé quatre heures par jour, ça représente 65 kWh par an, soit 16 euros pour une ampoule à 3 euros. Sur une maison entière, on est entre 40 et 90 euros par an. La durée de vie annoncée, autour de 25 000 heures, tient si l'ampoule n'est pas enfermée dans un spot sans aération, cas où l'électronique cuit et la LED meurt bien avant.

Le mérite des LED est ailleurs, cela dit : l'éclairage ne pèse que 10 à 15 % d'une facture d'électricité hors chauffage. Y consacrer trois week-ends pendant que les combles ne sont pas isolés revient à repeindre le portail d'une maison sans toit.

Ce qui coûte cher, et pourquoi aucun geste gratuit ne le remplace

Dans une maison des années 1970 non rénovée, la toiture représente 25 à 30 % des pertes, les murs 20 à 25 %, le renouvellement d'air 20 à 25 %, les fenêtres 10 à 15 %, les planchers bas le reste. Le classement dit ce qu'il faut faire en premier : l'isolation des combles perdus, entre 25 et 50 euros du mètre carré posé, souvent la seule opération dont le retour se compte en moins de cinq ans.

Vient ensuite la ventilation, qu'on traite trop tard. Une VMC hygroréglable remplace un renouvellement d'air subi par un renouvellement d'air dosé, et coûte quelques centaines d'euros. Les fenêtres arrivent loin derrière, malgré leur place dans les argumentaires commerciaux : elles coûtent le plus cher au kWh économisé.

Ce que ça donne sur une facture

Pour une maison de 100 m2 chauffée à l'électricité, avec une facture annuelle de 1 900 euros, la pile gratuite ramène autour de 1 700 euros. Les vingt euros de joints et de mousseurs gagnent encore 50 à 80 euros. Isoler les combles fait ensuite descendre la facture vers 1 350 euros, et là seulement le mot « éco-havre » commence à vouloir dire quelque chose. Voyez les gestes gratuits comme les six premiers mois du chantier : ceux où l'on met de côté de quoi le financer.

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