Vous ne croirez pas ce que peuvent offrir les fournisseurs alternatifs !

Sommaire4 sections
  1. 01Ce qui ne change pas quand vous changez
  2. 02Trois familles d'offres, trois risques différents
  3. 03L'électricité verte, telle qu'elle fonctionne vraiment
  4. 04Ce qui arrive quand un fournisseur coule

Disons-le tout de suite : rien d'incroyable. Un fournisseur alternatif ne vous livre pas une électricité différente de celle du voisin resté chez EDF. Le courant qui arrive dans votre tableau vient du même réseau, transporté par les mêmes lignes, entretenu par les mêmes techniciens. Ce qu'un fournisseur vend, c'est un contrat : un prix du kilowattheure, un prix d'abonnement, une façon de facturer, un service client. Le reste, l'application mobile, les conseils personnalisés, le mix vert, relève du décor. Une fois qu'on a compris ça, comparer devient beaucoup plus simple.

Ce qui ne change pas quand vous changez

Le compteur reste le même, aucun technicien ne passe, il n'y a pas de coupure et pas un centime de frais. La distribution reste assurée par Enedis, qui gère 95 % du réseau français et à qui votre nouveau fournisseur reversera la part acheminement de votre facture. En cas de panne, vous appelez toujours le service dépannage d'Enedis, le 09 726 750 suivi du numéro de votre département, 44 pour la Loire-Atlantique. Le fournisseur, lui, ne se déplace jamais.

Ce qui change vraiment tient en trois lignes sur la grille tarifaire : le prix TTC du kWh, le prix de l'abonnement annuel selon la puissance souscrite, et la mécanique de révision du prix. Additionnez ces trois éléments avec votre consommation réelle de l'an dernier, et vous avez votre réponse. Aucun argument de communication ne pèse en face de ce calcul.

Trois familles d'offres, trois risques différents

L'offre indexée sur le tarif réglementé promet une remise, par exemple 10 % sur le kWh hors taxes. Elle suit les évolutions du tarif bleu, à la hausse comme à la baisse. La remise s'applique souvent au seul kWh, jamais à l'abonnement, et sur le prix hors taxes : le gain réel sur la facture finale est donc plus petit que le pourcentage affiché.

L'offre à prix fixe bloque le prix du kWh pendant un ou plusieurs années. C'est une assurance, pas une bonne affaire : vous payez d'ordinaire un peu plus cher au départ pour ne pas subir de hausse. Sur les contrats souscrits fin 2021, ceux qui avaient bloqué leur prix ont eu raison. Sur ceux de 2023, beaucoup ont payé leur tranquillité au prix fort pendant que le marché redescendait.

L'offre à prix variable, indexée sur le marché de gros, suit les cours. Quand ils s'effondrent, la facture baisse plus vite que partout ailleurs. Quand ils explosent, comme en 2022, elle devient impayable. Ce type de contrat convient à quelqu'un qui suit les prix de l'énergie, pas à un foyer qui veut simplement mensualiser sans y penser.

L'électricité verte, telle qu'elle fonctionne vraiment

Une offre verte ne dévie pas les électrons d'un parc éolien jusqu'à chez vous, c'est physiquement impossible. Le fournisseur achète des garanties d'origine, des certificats émis pour chaque mégawattheure renouvelable produit en Europe, et les associe à votre consommation. Ces certificats se vendent séparément de l'électricité, ce qui permet à un fournisseur d'acheter du courant nucléaire ou fossile et de le déclarer vert pour quelques euros par an et par client.

Le distinguo qui compte tient donc entre offre verte standard et offre dite premium, où le fournisseur achète l'électricité et les garanties au même producteur, contrat à l'appui, souvent avec des parcs français identifiés. La seconde coûte plus cher et finance réellement de la production. La première ne finance à peu près rien. Le médiateur national de l'énergie et l'ADEME publient des évaluations de ces offres, plus fiables que les logos verts sur les pages de souscription.

Ce qui arrive quand un fournisseur coule

Pendant la flambée des prix de 2021 et 2022, plusieurs acteurs qui achetaient au marché de gros pour revendre à prix cassé ont cessé leur activité ou résilié massivement leurs contrats. Leurs clients n'ont pas été coupés : la loi prévoit un fournisseur de secours, rôle attribué à EDF, qui reprend les sites concernés au tarif en vigueur. Personne n'est resté sans électricité, mais beaucoup ont vu leur facture bondir du jour au lendemain, sans préavis utile.

La leçon est simple : un prix très inférieur à tous les autres traduit une prise de risque du fournisseur, pas une trouvaille industrielle. Regardez depuis combien d'années l'entreprise existe et lisez le classement annuel des litiges publié par le médiateur national de l'énergie, qui compte les réclamations rapportées au nombre de clients. Les écarts entre acteurs y sont considérables.

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