Vous ne devinerez jamais comment détecter une fuite de gaz dans votre maison !

Sommaire6 sections
  1. 01Pourquoi le gaz sent quelque chose alors qu'il ne sent rien
  2. 02Ce que le nez ne voit pas
  3. 03Le test de l'eau savonneuse, à faire sans allumette
  4. 04Le flexible, ce coupable récidiviste
  5. 05Ventilation : la partie qu'on bouche par confort
  6. 06Quand une odeur vient du dehors

Il n'y a pas de truc caché, pas de méthode que les professionnels garderaient pour eux. Une fuite de gaz se repère avec le nez la plupart du temps, et le reste tient en une poignée de gestes qu'on apprend en cinq minutes. Ce qui manque à la plupart des gens vient après la détection : savoir quoi faire dans les trois minutes qui suivent. C'est là que les accidents se jouent, et c'est par là qu'on commence.

Pourquoi le gaz sent quelque chose alors qu'il ne sent rien

Le méthane qui arrive dans les canalisations est parfaitement inodore. S'il sentait déjà quelque chose, personne n'aurait eu besoin d'inventer l'odorisation. En France, le gaz naturel distribué par le réseau est parfumé au tétrahydrothiophène, un composé soufré qu'on dose à quelques milligrammes par mètre cube. Les bouteilles de butane et de propane, elles, sont odorisées avec des mercaptans. Le résultat sensoriel est le même : ça sent l'œuf pourri, le chou trop cuit, parfois l'ail.

Cette odeur est calibrée pour être perceptible bien avant que le mélange air-gaz devienne explosif. Le méthane ne s'enflamme qu'entre 5 et 15 % dans l'air. Autrement dit, quand vous sentez, vous êtes encore loin du seuil. C'est une marge confortable, à condition de ne pas rester à l'intérieur en se demandant si on a rêvé.

Deux nuances valent d'être connues. Une odeur très faible et intermittente près d'une cuisinière est souvent un brûleur mal allumé ou un joint fatigué, pas une rupture de canalisation. À l'inverse, une odeur forte qui prend à la gorge dès l'entrée de l'appartement n'a rien à voir : là, on ne cherche pas la cause, on sort.

Ce que le nez ne voit pas

L'odorat a deux angles morts. Le premier, c'est l'accoutumance : au bout de quelques minutes dans une pièce, on ne sent plus rien. Si vous avez un doute, sortez trois minutes et revenez. Un nez neuf tranche mieux qu'un nez habitué. Le second angle mort est plus sérieux : le monoxyde de carbone, lui, ne sent rien du tout et n'est pas odorisé. Il ne vient pas d'une fuite mais d'une combustion incomplète, chaudière encrassée ou conduit bouché. Ce sont deux risques différents, deux appareils différents, et on les confond tout le temps.

Le test de l'eau savonneuse, à faire sans allumette

Sur un raccord accessible, robinet d'arrivée, écrou du flexible derrière la gazinière, il existe une vérification que n'importe qui peut faire. Un peu de liquide vaisselle dans de l'eau, on badigeonne le raccord au pinceau ou avec les doigts, on regarde. Si des bulles se forment et grossissent, il y a une fuite. C'est le même principe qu'une chambre à air dans une bassine, et c'est aussi fiable.

La règle absolue : jamais de flamme pour chercher une fuite. Cette scène existe encore dans des films et elle a tué des gens. Pas de briquet, pas d'allumette, pas de lampe torche allumée à l'intérieur si l'odeur est franche.

Le flexible, ce coupable récidiviste

Sur les installations domestiques, la majorité des incidents ne viennent pas de la canalisation enterrée mais du tuyau souple entre le robinet et l'appareil. Un flexible a une date limite imprimée dessus. Passé ce délai, le caoutchouc durcit, se fendille aux points de courbure, et finit par laisser passer du gaz. Regardez le vôtre : si la date est dépassée, ou si vous n'arrivez pas à la lire, le remplacement coûte moins de vingt euros en grande surface de bricolage.

Les modèles à embouts mécaniques vissés, dits à durée de vie illimitée, valent un peu plus cher et évitent d'y repenser. Sur un appartement en location du côté de Pornichet ou de Saint-Nazaire, c'est typiquement le genre de détail que personne ne vérifie entre deux locataires.

Ventilation : la partie qu'on bouche par confort

Les grilles d'aération basse et haute d'une cuisine au gaz ne sont pas décoratives. Elles servent à évacuer les produits de combustion et à éviter qu'une petite fuite s'accumule au ras du sol, dans le cas du propane, plus lourd que l'air. Chaque hiver, des habitants les obstruent avec du carton ou du ruban adhésif parce que ça fait des courants d'air. C'est exactement le geste qui transforme un incident bénin en intoxication.

Un meuble poussé devant une grille produit le même effet, en plus discret. Faites le tour de la cuisine une fois par an, en même temps que le contrôle du flexible : cinq minutes, une fois par an, c'est tout ce que demande une installation domestique correcte.

Quand une odeur vient du dehors

Il arrive qu'on sente le gaz dans la rue, près d'un chantier ou d'une bouche de branchement. Le réflexe est le même : on n'entre pas dans le nuage, on s'éloigne, on appelle le numéro d'urgence. Le gestionnaire de réseau envoie une équipe et l'intervention est gratuite, y compris s'il s'avère que l'alerte était infondée. Personne ne vous reprochera un appel pour rien. On reproche l'inverse.

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