Vous ne devinerez jamais comment régler votre poêle à granulés pour économiser des centaines d'euros !

Sommaire6 sections
  1. 01Pourquoi votre poêle s'allume dix fois par jour
  2. 02Baisser la puissance avant de toucher à la consigne
  3. 03La sonde d'ambiance décide de tout, et elle est mal placée
  4. 04Ce que la flamme dit du réglage air-granulés
  5. 05Programmer les heures, oui, mais pas dans n'importe quelle maison
  6. 06Deux repères pour finir

Sur la presqu'île, le poêle à granulés a un problème dont les notices ne parlent jamais : il n'a presque jamais froid. Entre Pornichet et Guérande, le thermomètre descend rarement sous zéro plus de quelques nuits par hiver et la moyenne de janvier tourne autour de 6 degrés, alors que l'appareil posé dans le salon a été dimensionné pour tenir la maison par moins sept. Il chauffe donc trop vite, s'arrête, se rallume, s'arrête encore. Ce sont ces allumages en série qui vident les sacs, pas le chiffre affiché sur la télécommande.

Pourquoi votre poêle s'allume dix fois par jour

Le mécanisme est simple. Vous demandez 20 degrés. Le poêle démarre à la puissance laissée en sortie d'usine, souvent 3 ou 4 sur 5, soit 7 à 8 kW. Dans un séjour de 35 mètres carrés, un jour à 9 degrés dehors, cette puissance chauffe la pièce en vingt minutes. La sonde voit la consigne atteinte, l'appareil se met en veille, la pièce refroidit en quarante minutes, et tout recommence. Entre deux cycles, la résistance d'allumage tire 300 watts pendant deux à trois minutes et la combustion met un moment à devenir propre.

Ça s'entend, d'ailleurs. Le fonctionnement continu à basse puissance donne un ronflement régulier et une vitre qui reste claire ; le tout ou rien alterne le souffle du ventilateur et le silence, et la vitre se voile en une semaine. Si vous la nettoyez tous les deux jours, le granulé n'est pas en cause, c'est le rythme.

Baisser la puissance avant de toucher à la consigne

La plupart des gens cherchent l'économie en descendant la température demandée. Mauvais bouton : passer de 20 à 19 degrés fait gagner quelques pour cent et perdre du confort, alors que le réglage utile dort dans le menu technique, sous le nom de puissance de fonctionnement ou de plage de modulation selon les marques.

Sur un 8 kW installé dans une maison correctement isolée de la côte, la puissance 1 ou 2 suffit neuf jours sur dix. Le poêle met une heure à amener la pièce à température au lieu de vingt minutes, mais il ne s'arrête plus. Les appareils récents proposent un mode modulation automatique qui fait ce travail seul : il descend en puissance à l'approche de la consigne au lieu de couper. Activez-le. Sur les modèles plus anciens, il faut fixer la puissance à la main, quitte à monter d'un cran les trois ou quatre matins vraiment froids de l'hiver.

La sonde d'ambiance décide de tout, et elle est mal placée

Sur beaucoup d'installations, la sonde utilisée est celle du poêle, logée à l'arrière de la carrosserie ou dans la prise d'air. Elle mesure l'air le plus chaud de la pièce, celui que l'appareil vient de brasser. Elle annonce 21 degrés quand il en fait 18 à l'autre bout du séjour. Le poêle coupe trop tôt, vous avez froid, vous montez la consigne à 23 pour compenser, et le cyclage empire.

Deux corrections. La gratuite : presque toutes les cartes électroniques acceptent un décalage de sonde, un offset de 2 ou 3 degrés qui remet la mesure en face de la réalité. Celle à une centaine d'euros : une sonde déportée ou un thermostat sans fil sur un mur intérieur, à 1,50 mètre du sol, loin des fenêtres et du flux d'air chaud. La plupart des poêles vendus depuis 2015 acceptent un contact thermostat sur le bornier arrière.

Ce que la flamme dit du réglage air-granulés

Le débit de la vis sans fin et l'aspiration des fumées se lisent dans le foyer, vingt minutes après le démarrage. Flamme haute, jaune orangé, calme, qui ne touche pas le haut de la chambre : la combustion est correcte. Flamme molle, rouge sombre, granulés qui s'entassent dans le brasier et suie qui monte sur la vitre : il manque d'air ou la vis en envoie trop. Flamme courte, blanche, nerveuse, qui ronfle comme un chalumeau : trop d'air, une part de la chaleur file dans le conduit. Les corrections se font par pas de 5 %, un seul paramètre à la fois, et on observe une journée entière avant de retoucher.

Programmer les heures, oui, mais pas dans n'importe quelle maison

Couper de 9 h à 17 h a du sens dans un logement bien isolé qui perd un degré en huit heures. Dans une construction des années 70 de Sainte-Marguerite, murs sans isolant et simple vitrage au nord, la maison en perd quatre et le poêle passe la soirée à plein régime pour rattraper. Le calcul est perdant.

La règle tient en une phrase : si vous devez remonter de plus de deux degrés au retour, ne coupez pas, abaissez de deux. La nuit, 17 ou 18 degrés dans le séjour suffisent, à condition que l'appareil tourne au ralenti au lieu de se rallumer à 6 h 30 dans une maison froide.

Deux repères pour finir

La consigne raisonnable se situe entre 19 et 20 degrés, mesurés au milieu de la pièce et pas à côté du poêle. Au-delà de 21, la sensation de confort n'augmente presque plus alors que la consommation continue de grimper, de l'ordre de 7 % de granulés par degré supplémentaire sur la saison.

Quant à la question qu'on nous pose le plus souvent, faut-il éteindre la nuit : non, sauf départ de plusieurs jours. C'est le raisonnement inverse de celui qu'on applique aux radiateurs électriques, et c'est ce qui trompe les gens qui viennent de changer de chauffage.

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