Vous pensez savoir régler votre chauffage pour économiser de l'électricité? Détrompez-vous et découvrez ces astuces surprenantes!

Sommaire6 sections
  1. 01Un degré en moins, environ 7 % de chauffage en moins
  2. 02Pièce par pièce, pas maison par maison
  3. 03Le mythe de la relance
  4. 04Ce que le thermostat connecté apporte, et ce qu'il n'apporte pas
  5. 05Les gestes qui coûtent dix euros
  6. 06Par où commencer, concrètement

Le réglage qui fait vraiment baisser une facture d'électricité tient en un seul chiffre : la température de consigne. Tout le reste, les thermostats connectés, les rideaux épais, les ventilateurs de plafond, arrive loin derrière. On dit souvent le contraire parce que c'est plus vendeur de parler d'objets que de degrés. Sur la Côte d'Amour, où l'hiver dépasse rarement les quinze jours de gel par an mais où l'humidité colle aux murs de novembre à mars, cette hiérarchie compte encore plus qu'ailleurs.

Un degré en moins, environ 7 % de chauffage en moins

C'est le chiffre que l'ADEME répète depuis des années, et il résiste bien à l'épreuve du compteur. Passer de 21 à 19 °C dans un séjour se règle avec un pull. Sur une maison chauffée à l'électrique qui consomme 8 000 kWh de chauffage par an, ces deux degrés représentent environ 1 100 kWh, soit un peu plus de 250 euros au tarif réglementé actuel. Aucun thermostat connecté ne rendra jamais autant, parce qu'un thermostat ne fait rien d'autre que d'appliquer la consigne qu'on lui donne.

La recommandation officielle est 19 °C dans les pièces de vie et 17 °C dans les chambres. Beaucoup de logements tournent en réalité à 21 ou 22 °C dans le salon, souvent sans que personne l'ait décidé : le radiateur est resté sur 4 depuis l'emménagement et la molette n'indique rien de précis. Le premier geste utile coûte huit euros : un thermomètre posé à hauteur de table, loin d'un radiateur et loin d'une fenêtre, pour savoir ce qu'on chauffe réellement.

Pièce par pièce, pas maison par maison

La deuxième source d'économies, c'est l'écart entre les pièces. Une chambre à 17 °C et un séjour à 19 °C, cela suppose de fermer les portes, ce que presque personne ne fait. Dans les maisons balnéaires de Pornichet ou de La Baule, avec leur couloir central et leurs pièces en enfilade, l'air chaud part se perdre dans la cage d'escalier en quelques minutes. Les chambres du haut se retrouvent à la même température que le salon, chauffées gratuitement par convection, ce qui paraît malin jusqu'au moment où l'on remarque que le radiateur du salon tourne en permanence pour compenser.

Le geste concret : couper le chauffage dans les pièces qu'on n'occupe pas, fermer leur porte, et ne pas descendre en dessous de 14 °C pour éviter la condensation sur les murs froids. En bord de mer, ce dernier point n'est pas théorique. Un mur non chauffé derrière une armoire, dans une maison des années 1930 sans isolation, attrape des taches noires en une saison.

Le mythe de la relance

« Ça consomme plus de remonter la température que de laisser tourner. » On l'entend partout, et c'est faux dans la grande majorité des cas. Une maison qui redescend à 16 °C la nuit perd moins de chaleur qu'une maison maintenue à 19 °C, tout simplement parce que les déperditions dépendent de l'écart avec l'extérieur. La relance du matin coûte quelque chose, mais moins que ce qu'on a économisé pendant huit heures.

Il y a une exception, et elle mérite d'être dite : les logements très inertes, avec plancher chauffant ou murs épais en pierre, mettent des heures à remonter. Dans ce cas, une consigne stable, réduite d'un ou deux degrés seulement, donne un meilleur résultat qu'un yo-yo quotidien. Avec des convecteurs électriques classiques, qui réagissent en quelques minutes, la programmation nuit reste le bon réflexe.

Ce que le thermostat connecté apporte, et ce qu'il n'apporte pas

Un thermostat connecté ne réduit pas la consommation par magie. Il applique une programmation, il la rend plus facile à modifier depuis le téléphone, et il coupe le chauffage quand une fenêtre s'ouvre. Sur un logement où personne n'avait jamais programmé quoi que ce soit, le gain est réel, entre 10 et 15 % de la part chauffage. Sur un logement déjà bien réglé, il approche de zéro.

Le calcul est simple. Un appareil à 200 euros posé sur une facture de chauffage de 900 euros annuels se rembourse en deux ans si le logement était mal programmé, jamais s'il l'était déjà. Les têtes thermostatiques sur radiateurs à eau, à 50 ou 60 euros pièce, ont souvent un meilleur rapport résultat sur dépense parce qu'elles agissent pièce par pièce.

Les gestes qui coûtent dix euros

Le bas de porte en mousse, le joint de fenêtre en caoutchouc autocollant, le rideau tiré à la nuit tombée : ce sont des petits gains, quelques dizaines d'euros par an, mais leur coût est ridicule et ils tiennent une saison ou deux. Sur les menuiseries en bois d'avant-guerre, encore nombreuses entre le port de Pornichet et la baie, un joint de 6 euros supprime un courant d'air qu'on sentait depuis quinze ans.

En revanche, le ventilateur de plafond tourné en sens inverse pour brasser l'air chaud : le calcul ne tient pas dans un logement standard. Sous 2,50 m de plafond, la stratification de l'air se compte en un ou deux degrés, et le ventilateur consomme pour redescendre une chaleur qu'il rend ensuite un peu inconfortable en créant du courant d'air. Sous une grande hauteur sous plafond, un loft ou une maison de maître avec 3,50 m, l'idée redevient valable.

Par où commencer, concrètement

Un thermomètre dans le séjour et un dans une chambre, pendant une semaine. Ensuite, baisser d'un degré et attendre dix jours avant de juger : le corps s'habitue plus vite qu'on ne croit, et la sensation de froid dépend autant des murs que de l'air. Une paroi extérieure à 15 °C dans une maison mal isolée donne froid même quand l'air affiche 20.

Si après ces réglages la facture reste lourde, cherchez du côté du bâti plutôt que du chauffage. À ce stade, un passage par un conseiller France Rénov' du département sert davantage qu'un nouvel accessoire. Le rendez-vous est gratuit, il n'y a rien à acheter au bout, et le conseiller dira franchement si les combles ou les fenêtres passent en premier.

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