À Pornichet, célébration d'une nouvelle vie avec la plantation d'un arbre et la révélation d'une plaque commémorative 2023

Sommaire4 sections
  1. 01Ce qui s'est passé au parc paysager
  2. 02Une naissance, un arbre : ce que le dispositif fait vraiment
  3. 03Soixante-dix-sept, c'est peu, et ça se voit ailleurs
  4. 04Aller voir la plaque

Soixante-dix-sept prénoms sur une plaque, dans le parc paysager de Pornichet. C'est le nombre d'enfants nés dans la commune en 2022, dévoilé le 16 avril 2023 lors d'une matinée de plantation. Le chiffre est le vrai sujet de cette cérémonie, plus que l'arbre et plus que la plaque : soixante-dix-sept naissances pour une commune d'environ onze mille habitants, cela fait à peu près sept naissances pour mille habitants, quand la moyenne française tournait alors autour de dix. La Côte d'Amour vieillit, et une plaque de prénoms le raconte mieux qu'un rapport.

Ce qui s'est passé au parc paysager

La matinée du 16 avril 2023 a mélangé deux choses qu'on présente souvent comme une seule. D'un côté un chantier de plantation, avec près de 300 sujets mis en terre sur le parc paysager, mené avec le concours de la région et avec des jeunes en réorientation scolaire venus prêter la main. De l'autre une cérémonie d'état civil déguisée en fête de quartier : le dévoilement d'une plaque portant les prénoms des enfants nés l'année précédente, devant leurs parents.

Les deux se tiennent, mais pas pour les raisons qu'on entend d'habitude. Une plantation de 300 arbres est une opération technique : il faut des essences adaptées au sol sableux et au vent salé, un arrosage les deux premiers étés, et quelqu'un pour reprendre les manquants la saison suivante. Une plaque de prénoms est un objet de mémoire familiale. Les familles reviennent voir le nom de leur enfant, et pendant qu'elles y sont, elles regardent si les arbres ont tenu. C'est ce qui donne à l'opération sa seule vraie chance de durer.

Une naissance, un arbre : ce que le dispositif fait vraiment

Le principe a été repris par des dizaines de communes françaises depuis les années 2010. Il tient en une phrase et il coûte peu : chaque naissance déclarée en mairie est associée à un arbre planté sur un terrain communal, avec une cérémonie annuelle qui regroupe la promotion de l'année. Le bilan carbone, à cette échelle, est marginal. Un arbre planté séquestre quelques dizaines de kilos de CO2 par an une fois adulte, à comparer aux quelques tonnes émises annuellement par un ménage français. Présenter la plantation comme une réponse au climat, c'est se tromper d'argument.

Ce que le dispositif fait, en revanche, il le fait bien. Il crée un rendez-vous où des parents qui ne se connaissent pas se retrouvent avec des enfants du même âge. Dans une commune littorale où beaucoup de logements sont des résidences secondaires et où les jeunes ménages peinent à rester, ce genre de point de rencontre a une valeur sociale concrète. C'est un outil de lien de voisinage, financé sur le budget espaces verts.

Soixante-dix-sept, c'est peu, et ça se voit ailleurs

Le nombre mérite qu'on s'y arrête. Une classe de maternelle compte une vingtaine d'élèves : 77 naissances, c'est trois à quatre classes par génération pour toute la ville. Les effets se lisent en cascade, avec dix ans de décalage, sur les groupes scolaires, sur les clubs sportifs qui peinent à monter des équipes dans certaines catégories d'âge, sur le nombre d'assistantes maternelles agréées qui trouvent des contrats.

La cause n'est pas mystérieuse. Le prix du mètre carré sur la Côte d'Amour écarte une partie des ménages en âge d'avoir des enfants, qui s'installent plus loin dans les terres et viennent travailler sur le littoral. C'est le même mécanisme qui explique pourquoi la commune s'est engagée sur des dispositifs d'accession aidée. Une plaque de prénoms n'inverse pas cette courbe, mais elle la rend visible une fois par an, gravée, au milieu d'un parc.

Aller voir la plaque

Le parc paysager est ouvert, l'accès est libre, et c'est une promenade de plat qui se fait avec une poussette. Les jeunes plants de 2023 sont encore reconnaissables à leurs tuteurs et à leur protection de tronc. Dans dix ans, si l'entretien suit, ils feront de l'ombre aux enfants dont les prénoms sont gravés à côté. Pour le reste de l'actualité municipale, notamment le chantier du bord de mer annoncé pour 2025, la ville publie régulièrement son avancement sur le calendrier des travaux du front de mer.

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