Découvrez comment ces illustrations des Fables de La Fontaine vont vous émerveiller et vous faire redécouvrir ces classiques !
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Les Fables de La Fontaine sont probablement le texte le plus illustré de la littérature française, et cela a commencé tout de suite : dès la première édition de 1668, l'imprimeur y a fait graver 118 vignettes signées François Chauveau. Une exposition annoncée à Pornichet sur l'agenda Infolocale d'Ouest-France remet ces images en vitrine. L'occasion de regarder ce que chaque illustrateur a vraiment ajouté au texte, parce qu'aucun ne s'est contenté de le décorer.
Oudry, ou l'animal regardé pour lui-même
Jean-Baptiste Oudry était peintre animalier à la cour, spécialiste des chiens de meute et des scènes de chasse. Ses dessins pour les Fables, gravés sous la direction de Cochin et publiés en quatre volumes chez Desaint et Saillant, traitent le loup comme un loup : anatomie juste, pelage, posture de bête réelle. La morale n'est pas dans l'image, elle reste dans le texte. C'est une édition de grand format, chère à produire, pensée pour des collectionneurs plus que pour des enfants.
Grandville et Doré : deux façons opposées de forcer le trait
Grandville, en 1838, fait exactement l'inverse d'Oudry. Il habille les animaux, leur met des redingotes, des chapeaux, des lorgnons, et transforme la fable en caricature politique de la monarchie de Juillet. Le lecteur ne voit plus une bête, il voit un notaire, un gendarme, un ministre.
Gustave Doré, en 1867 chez Hachette, choisit encore autre chose : la mise en scène. Ses planches sont des tableaux, avec des ciels lourds, des forêts profondes, une lumière de théâtre. Le Chêne et le Roseau y devient une scène de tempête, et la fable prend une gravité qu'elle n'a pas forcément à la lecture.
Chagall, l'illustration qui a fait scandale
En 1927, le marchand Ambroise Vollard commande à Marc Chagall une centaine de gouaches pour une nouvelle édition. Leur exposition à Paris en 1930 provoque des attaques : on reproche à un peintre né en Biélorussie de toucher à un monument national. Les eaux-fortes ne paraîtront finalement qu'en 1952, chez Tériade. Vues aujourd'hui, elles sont pourtant parmi les plus proches de l'esprit de La Fontaine, où l'animal reste flottant, jamais complètement homme ni complètement bête.
Source : infolocale.ouest-france.fr
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