À Pornichet, les commerçants plaident pour une prolongation de leurs horaires de vente
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Quand des commerçants demandent à ouvrir plus longtemps, on imagine une bataille avec la mairie ou la préfecture. À Pornichet, en décembre 2024, la question posée était plus banale et plus difficile : à quoi bon rester ouvert jusqu'à 19 h 30 en janvier si le magasin d'à côté baisse le rideau à 18 h ? Tout se joue sur la coordination, et aucune municipalité ne peut décider à la place des commerçants.
Une station balnéaire vit deux vies. De juin à septembre, la population de Pornichet est multipliée par plusieurs fois son chiffre officiel, les terrasses tournent jusqu'à minuit et personne ne se plaint des horaires. D'octobre à mai, il reste environ 11 000 habitants permanents, dont une part importante de retraités, et un centre-ville qui se vide à la tombée du jour. Le commerçant qui garde sa boutique ouverte deux heures de plus paie deux heures de chauffage, d'électricité et parfois de salaire, pour trois clients.
Ce que demandent réellement les commerçants
La revendication portée fin 2024 tenait en deux points. D'abord, une amplitude plus large pendant les week-ends de basse saison et les périodes de vacances scolaires, quand les résidents secondaires descendent pour trois jours et trouvent porte close le dimanche après-midi. Ensuite, une meilleure lisibilité : des horaires affichés identiques d'une rue à l'autre, plutôt que la mosaïque actuelle où chaque enseigne fixe les siens.
Le second point coûte zéro euro et changerait davantage que le premier. Un client qui a trouvé trois boutiques fermées un dimanche ne revient pas le dimanche suivant, même si les six autres étaient ouvertes. L'irrégularité fait plus de dégâts que la fermeture.
Le cadre juridique laisse plus de marge qu'on ne le croit
Il n'existe aucune limite d'horaire du soir imposée aux commerces de détail, hors arrêtés préfectoraux liés à l'ordre public ou à la vente d'alcool. Un commerçant de Pornichet peut ouvrir jusqu'à 21 h s'il le souhaite. La contrainte porte sur le travail dominical : le repos hebdomadaire est fixé le dimanche par principe, avec des dérogations, dont celles accordées par le maire dans la limite de douze dimanches par an, et des exceptions permanentes pour l'alimentaire jusqu'à 13 h et pour les communes classées zone touristique.
Pornichet étant une commune touristique, la marge est réelle. Le blocage se situe donc du côté de l'organisation collective et de la masse salariale, pas du côté de l'autorisation.
Les événements ne remplacent pas des horaires
La braderie d'été et le marché du mercredi remplissent les rues quelques heures, et les commerçants y font de bons chiffres. Ces rendez-vous restent des pics : ils attirent une clientèle venue pour l'événement, qui repart avec, et ne créent aucune habitude de fréquentation le reste de la semaine. Une station qui veut du commerce ouvert en février a besoin de régularité, pas d'un troisième temps fort dans l'année.
Ce qu'on peut attendre de la mairie
Pas grand-chose sur les horaires eux-mêmes, qui relèvent de chaque exploitant. En revanche, deux leviers municipaux comptent en basse saison : l'éclairage public du centre-ville en fin d'après-midi, qui décide de l'impression de ville vivante ou de ville morte à 18 h, et le stationnement de courte durée devant les commerces, celui qui permet de s'arrêter dix minutes pour une course. Sur ces deux points, une décision prise en conseil municipal se voit dès la semaine suivante. C'est là que le dialogue entre l'association de commerçants et la mairie a le plus de chances d'aboutir.
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