Assemblée d'équipe n°5 à Pornichet-La Baule

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Sommaire4 sections
  1. 01Décembre, la saison creuse qui arrange tout le monde
  2. 02Deux heures et demie de Paris, et une gare à pied
  3. 03Le séminaire au bord de l'eau et ses limites
  4. 04Ce que ces réunions rapportent aux deux communes

Le compte rendu de cette cinquième assemblée d'équipe, tenue à Pornichet-La Baule en décembre 2024, ne dit jamais de quelle équipe il s'agit, ni de quelle entreprise, ni combien de personnes étaient dans la salle. C'est banal : ce type de texte est écrit pour les participants, qui savent déjà tout, et publié pour le reste du monde, qui n'apprend rien. Le sujet intéressant est ailleurs. Pourquoi une équipe choisit la baie au mois de décembre, ce que ça coûte, et ce que ces séminaires représentent pour deux communes qui vivent le reste de l'année sur la saison estivale.

Une salle de réunion avec paperboard et grandes baies vitrées ouvertes sur la baie

Décembre, la saison creuse qui arrange tout le monde

Entre la Toussaint et les vacances de février, les hôtels de La Baule et de Pornichet tournent à vide. Un établissement qui affiche complet en août cherche des clients en semaine en décembre, et le tarif d'une chambre s'effondre par rapport à la haute saison. Pour une entreprise qui doit loger vingt personnes deux nuits, l'écart de facture est de l'ordre du simple au double selon la période.

Les hôteliers de la baie ont construit une partie de leur modèle là-dessus. Salles équipées, forfaits journée d'étude avec pause et déjeuner, chambres à la nuitée : le tourisme d'affaires bouche les trous du calendrier et fait travailler le personnel toute l'année plutôt que quatre mois. La Baule dispose en plus d'un centre de congrès, Atlantia, dimensionné pour des formats bien plus lourds qu'une réunion d'équipe.

Deux heures et demie de Paris, et une gare à pied

L'autre argument de la baie est ferroviaire. La ligne qui descend vers Le Croisic dessert La Baule-Escoublac et Pornichet, et la gare de La Baule se trouve à quelques minutes à pied des hôtels du remblai. Une équipe parisienne arrive en fin de matinée, travaille l'après-midi, dîne et dort sur place, enchaîne une matinée de travail et reprend un train l'après-midi. Personne ne loue de voiture, personne ne conduit après le dîner.

Ce détail logistique explique le choix plus sûrement que les paysages. Un séminaire au vert à quarante minutes de la première gare fait perdre une demi-journée à vingt personnes, ce qui coûte plus cher que la salle.

Le séminaire au bord de l'eau et ses limites

L'idée qu'un littoral rendrait une équipe plus créative se vend très bien et se démontre mal. Ce qui se vérifie, en revanche, c'est qu'une équipe éloignée de ses bureaux répond moins au téléphone, et qu'une conversation entamée sur la digue continue là où elle se serait arrêtée devant l'ascenseur. Le bénéfice tient au fait d'être ailleurs ensemble pendant trente-six heures, pas à la couleur de l'eau.

Sur les activités dites de cohésion, mon avis est plus tranché : le paddle en décembre dans la baie relève de l'exploit, pas du séminaire. La mer est à onze ou douze degrés, le vent d'ouest s'invite, et il faut du matériel et un encadrement. En hiver, une marche de deux heures sur les neuf kilomètres de sable qui vont de Pornichet à la pointe de Penchâteau fait exactement le même travail, sans combinaison et sans facture.

Ce que ces réunions rapportent aux deux communes

Vingt personnes qui dorment deux nuits, déjeunent et dînent sur place, ce sont plusieurs milliers d'euros dépensés dans un hôtel, deux ou trois restaurants et quelques commerces, un mardi de décembre où le remblai est désert. Multipliez par le nombre de groupes accueillis dans l'hiver et vous obtenez le chiffre d'affaires qui permet à un restaurant de La Baule de ne pas fermer trois mois.

C'est aussi ce qui rend ces communes plus dépendantes qu'il n'y paraît d'une activité invisible pour les habitants. Personne ne voit passer une réunion d'équipe, sauf le personnel de salle. Elle pèse pourtant davantage, sur l'année, qu'un week-end de juillet.

Quant à savoir ce qui s'est décidé lors de cette cinquième assemblée, le texte d'origine reste muet. Marketing, communication, objectifs partagés : les mots y sont, les décisions non. On peut au moins créditer ces équipes d'avoir choisi un endroit où le déjeuner se prend en vingt minutes de marche du lieu de travail, face à une plage vide. En décembre, sur la Côte d'Amour, c'est un privilège que les Parisiens paient moins cher qu'ils ne le croient.

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Côte d'amour