Avez-vous déjà pensé à scotcher votre compteur Linky ? Découvrez le mouvement viral qui fait trembler les fournisseurs d'énergie !

découvrez le mouvement viral qui secoue les fournisseurs d'énergie - le phénomène de scotchage des compteurs linky prend de l'ampleur !
Sommaire5 sections
  1. 01Le compteur n'est pas à vous
  2. 02Ce que le scotch fait vraiment au compteur
  3. 03La facture, elle, finit par arriver
  4. 04D'où vient le mouvement, et ce qu'il a vraiment obtenu
  5. 05Ce qui ferait vraiment baisser la facture

Réponse tout de suite, avant le reste : non, scotcher son compteur Linky ne fait trembler aucun fournisseur d'énergie. Ça ne fait pas baisser la facture d'un centime, ça n'empêche pas la relève, et le seul portefeuille qui s'allège au bout de l'histoire est celui de la personne qui a posé le ruban adhésif. Le mouvement existe bien, il circule depuis des années sur les réseaux sociaux, mais ce qu'il produit concrètement n'a rien de la révolte annoncée. On regarde ici ce que ça coûte, à qui, et pourquoi la question de la propriété du boîtier change tout le raisonnement.

Le compteur n'est pas à vous

Le point de départ est juridique, et il désamorce une bonne partie de la discussion. Le compteur installé chez un particulier appartient à la collectivité, pas à l'occupant ni à Enedis. En Loire-Atlantique, en dehors de Nantes Métropole, c'est le syndicat départemental d'énergie qui est l'autorité concédante pour les communes comme Pornichet ou Saint-Nazaire : le réseau et les compteurs relèvent de lui, Enedis n'en est que le gestionnaire.

Concrètement, un locataire ou un propriétaire n'a pas plus le droit d'intervenir sur son compteur que sur le poteau électrique devant chez lui. Y coller quelque chose, l'enfermer dans un coffret bricolé, le recouvrir d'aluminium : ce sont des atteintes à un ouvrage qui ne lui appartient pas. Dans les faits, personne ne finit au tribunal pour un morceau de scotch. Mais l'argument du « c'est chez moi, j'en fais ce que je veux » ne tient pas juridiquement, et c'est pourtant celui qui revient dans toutes les vidéos.

Ce que le scotch fait vraiment au compteur

Un Linky remonte ses index par courants porteurs en ligne, c'est-à-dire par le câble électrique lui-même, jusqu'à un concentrateur installé dans le poste de distribution du quartier. Un adhésif posé sur la façade du boîtier ne coupe donc rien du tout : il masque l'écran, pas la communication. Pour empêcher réellement la remontée, il faudrait blinder le compteur ou couper le circuit, ce qui relève d'un autre niveau d'intervention et met la sécurité en jeu.

Le ruban, lui, a un effet secondaire dont personne ne parle : il gêne l'évacuation de chaleur d'un appareil traversé par toute la puissance de l'installation. Sur un tableau ancien, dans un placard fermé, ce n'est pas anodin. Et il masque précisément l'écran qui affiche le code d'erreur en cas de problème.

Reste la variante plus radicale qui circule aussi : le sac aluminium, la boîte métallique, le cadenas sur le coffret. Là, un technicien qui ne peut plus accéder au point de livraison le signale, et la procédure suit son cours : courrier, second passage, puis facturation du déplacement. Rien de dramatique, mais rien non plus qui ressemble à une victoire.

La facture, elle, finit par arriver

Admettons le cas d'un compteur réellement non communicant, refus de pose compris. La consommation n'est pas effacée : elle est estimée. Puis un relevé sur place vient recaler les index, et la régularisation tombe en une fois. Beaucoup de ceux qui découvrent une facture de rattrapage à trois chiffres pensent avoir été piégés ; ils ont surtout payé six ou douze mois plus tard ce qu'ils auraient payé au fil de l'eau.

À cela s'ajoute, depuis 2023, une facturation des relevés supplémentaires pour les clients dont le compteur ne communique pas et qui ne transmettent pas leurs index eux-mêmes. Quelques euros par relève, plusieurs fois par an. Ce n'est pas ruineux, mais c'est l'inverse exact de la promesse d'économie qui accompagne le mouvement.

D'où vient le mouvement, et ce qu'il a vraiment obtenu

La contestation du Linky s'est nourrie de trois inquiétudes distinctes, qu'on a tort de mélanger. Les ondes d'abord, sur lesquelles l'Agence nationale de sécurité sanitaire a rendu plusieurs avis concluant à des niveaux d'exposition très inférieurs à ceux d'un téléphone mobile. Les données personnelles ensuite, sujet plus solide : la courbe de charge au pas horaire ou à la demi-heure dit beaucoup de la vie d'un foyer, et sa collecte est soumise au consentement de l'abonné. La sensation d'imposition enfin, un appareil changé sans qu'on l'ait demandé, qui explique probablement la vigueur du rejet mieux que les deux autres arguments réunis.

Des dizaines de conseils municipaux ont voté des délibérations contre le déploiement entre 2016 et 2019. Presque toutes ont été annulées par les tribunaux administratifs, au motif que la compétence appartient à l'autorité concédante et non à la commune isolée. Le déploiement s'est achevé, avec plus de trente-cinq millions de compteurs posés en France. Sur le terrain judiciaire, le mouvement a donc perdu.

Il a obtenu autre chose, moins spectaculaire : le droit de refuser la transmission de la courbe de charge fine, des tarifs qui distinguent les usages horaires, et une attention publique réelle sur ce que devient une donnée de consommation. C'est un acquis, il tient debout, et il n'a rien à voir avec du ruban adhésif.

Il faut aussi reconnaître que la communication d'Enedis a longtemps aggravé les choses. Des courriers annonçant une pose « prévue » sans possibilité claire de réponse, des techniciens sous-traitants payés à la pose et pressés, des explications techniques données par un service client qui n'en maîtrisait pas la moitié. Une bonne part de la défiance vient de là, pas des ondes.

Ce qui ferait vraiment baisser la facture

Un compteur ne consomme pas. Ce qui consomme, dans une maison du littoral, c'est le chauffage électrique dans un logement mal isolé, un ballon d'eau chaude ancien qui tourne en heures pleines, et une piscine dont la pompe fonctionne huit heures par jour l'été. Le Linky sert d'ailleurs à repérer ces postes : il affiche la puissance instantanée et l'historique jour par jour dans l'espace client. Utilisé pour ça, il rapporte plus qu'il ne dérange. C'est la conclusion la moins virale de ce dossier, et c'est la seule qui se vérifie sur une facture.

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