Boostez Votre Jardin Avec le Paillage : Techniques et Avantages
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Sur les jardins de la Côte d'Amour, le paillage ne sert pas d'abord à faire joli. Il sert à garder l'eau dans un sol qui ne la retient pas. Entre Pornichet et Batz-sur-Mer, la terre est sableuse sur une bonne partie des parcelles : elle se réchauffe vite au printemps, ce qui est un cadeau, et elle sèche en trois jours de vent d'ouest, ce qui l'est beaucoup moins. Un arrosage de dix minutes le soir disparaît avant le lendemain midi. Le paillage change ce calcul, à condition de mettre la bonne épaisseur et le bon matériau au bon endroit. C'est de ça que parle cet article : des quantités, du coût au mètre carré et des erreurs qui font perdre une saison.
Combien il en faut vraiment, et ce que ça coûte
La règle tient en une phrase : on raisonne en volume, pas en sacs. Une couche de 6 cm sur 1 m2 représente 60 litres. Sur un massif de 15 m2, on arrive donc à 900 litres. Au prix courant des écorces de pin en jardinerie, entre 6 et 10 euros les 50 litres selon le calibre, la facture grimpe vite : de 110 à 180 euros pour ce seul massif. Le même résultat avec du broyat de taille récupéré chez un élagueur du coin coûte zéro euro et un aller-retour en remorque.
C'est là que se joue la vraie décision. Les collectivités de la presqu'île distribuent régulièrement du broyat issu des déchets verts, et plusieurs déchèteries du secteur proposent du compost ou du broyat en libre-service à leurs usagers. Renseignez-vous auprès de votre mairie avant de charger un caddie de sacs plastique. Le broyat frais a un défaut, qu'il faut connaître : en se décomposant, il consomme temporairement l'azote de la couche superficielle du sol. On appelle ça la faim d'azote. Elle est réelle mais limitée aux deux ou trois premiers centimètres, donc sans effet sur des arbustes bien enracinés. Sur un semis de carottes, en revanche, elle se voit.
Le cas particulier des tontes de gazon
La tonte est le paillis gratuit par excellence, et le plus mal utilisé. Étalée fraîche sur 8 cm, elle chauffe, fermente et forme au bout de trois jours une croûte compacte qui sent l'ensilage et que l'eau ne traverse plus. Le geste correct : la laisser sécher vingt-quatre heures sur la pelouse, puis l'étaler en couche de 2 cm, et recommencer à la tonte suivante. Deux centimètres à chaque passage, cinq ou six fois dans la saison, on obtient un tapis qui tient et qui nourrit. C'est plus de manutention, mais le potager s'en porte mieux.
Organique, minéral, toile : lequel pour quel usage
Les trois familles ne répondent pas à la même question. L'organique nourrit le sol en se décomposant, il faut donc le renouveler. Le minéral ne nourrit rien mais dure dix ans. La toile tissée bloque, et c'est à peu près tout ce qu'elle fait bien.
Les paillis organiques
Les écorces de pin maritime sont le choix classique des massifs d'arbustes, avec un avantage local : le pin maritime pousse dans la région, la ressource est proche. Elles acidifient légèrement le sol en surface, ce qui convient aux hortensias, camélias et rhododendrons, très présents dans les jardins de La Baule. Sous un lilas ou dans un potager calcaire, choisissez autre chose. Le calibre compte aussi : les petits calibres, dits 10-20 mm, s'envolent au premier coup de vent en bord de mer, les 20-40 mm tiennent nettement mieux.
Les feuilles mortes sont sous-estimées. Ramassées en novembre et passées une fois à la tondeuse pour les fragmenter, elles font un couvert d'hiver de qualité au pied des haies et dans le potager vide. Elles disparaissent en une saison, ce qui est le but recherché. Évitez seulement les feuilles de noyer, qui inhibent la germination, et celles de platane, trop coriaces.
La paille et le foin, eux, conviennent aux fraisiers et aux tomates. Un bémol honnête : le foin apporte des graines, et vous les verrez lever. La paille de blé en est presque exempte, elle coûte quelques euros la botte chez un agriculteur, et c'est la solution la plus économique pour un potager de 50 m2.
Les paillis minéraux
La pouzzolane, l'ardoise concassée, le gravier roulé : ils ne se décomposent pas, ne s'envolent pas et ne demandent aucun renouvellement. Sur une rocaille, une bande le long d'un mur, un massif de graminées ou de plantes méditerranéennes, ils font exactement le travail attendu. Deux réserves. La première est le prix, autour de 15 à 25 euros les 50 litres, soit deux à trois fois le prix des écorces. La seconde est thermique : une couche d'ardoise noire au plein sud emmagasine la chaleur et la restitue la nuit, ce qui plaît aux lavandes et fait souffrir les hostas.
Les toiles de paillage
Le polypropylène tissé a sa place sous une haie de 30 mètres qu'on ne veut plus désherber, ou sous une allée. Ailleurs, la toile pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. Elle bloque l'apport de matière organique en surface, donc le sol s'appauvrit et se compacte lentement. Au bout de sept ou huit ans, elle se dégrade en filaments qu'on retrouve partout et qu'on ne rattrape jamais complètement. Si vous en posez, prenez un grammage d'au moins 130 g/m2 et recouvrez-la : nue au soleil, elle vieillit deux fois plus vite.
Une maraîchère amatrice montrait sur son compte le résultat de plusieurs saisons de paillage dans son potager, et l'écart avec la parcelle nue d'à côté saute aux yeux.
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Quand pailler, et quand surtout pas
Le calendrier compte autant que le matériau. On paille un sol réchauffé et humide. Étaler 6 cm d'écorces en février sur une terre froide et détrempée revient à la maintenir froide et détrempée jusqu'en mai, avec un retard de végétation à la clé. La bonne fenêtre au printemps se situe fin avril, après une pluie, quand le sol a pris quelques degrés. La seconde fenêtre est l'automne, mi-octobre, pour protéger la structure du sol des pluies d'hiver.
Avant d'étaler, arrachez les vivaces indésirables. Le liseron et le chiendent traversent 10 cm de paillis sans difficulté, et vous les retrouverez au milieu de vos écorces, plus difficiles à extraire qu'avant. Arrosez le sol si nécessaire : un paillis posé sur une terre sèche va la maintenir sèche, une pluie fine ne le traverse pas toujours.
Les effets qu'on mesure, et ceux qu'on invente
Trois bénéfices sont solides. La réduction de l'évaporation d'abord : sur un sol paillé correctement, un arrosage tient deux à trois fois plus longtemps qu'à nu, ce que n'importe qui vérifie en creusant à la main à 10 cm après trois jours de soleil. La régulation thermique ensuite : les racines superficielles ne subissent plus l'écart entre le sol brûlant de 15 heures et la fraîcheur nocturne. L'apport de matière organique enfin, dans le cas des paillis végétaux, qui fait monter le taux d'humus et attire les vers de terre.
Sur les mauvaises herbes, soyons précis : le paillage ne les supprime pas, il empêche la majorité des graines de germer. Il en passera toujours quelques-unes, souvent apportées par le vent, et elles s'arrachent d'un geste puisque le sol reste meuble. Un massif paillé demande environ un quart du temps de désherbage d'un massif nu. C'est déjà beaucoup, ce n'est pas zéro.
Reste l'aspect visuel, qui pèse dans la décision de beaucoup de gens et qu'il n'y a aucune raison de cacher. Un massif paillé a l'air fini, entretenu, tenu. L'argument se défend, simplement il n'a rien à voir avec l'agronomie, et il ne justifie pas de payer 180 euros d'écorces calibrées quand un tas de broyat gratuit ferait le même travail derrière une haie.
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