Ce qu'il faut faire dans le jardin en juin
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Tout ce qu'on fait au jardin en juin est un pari sur le mois d'août. La façon dont vous arrosez cette semaine décide de la profondeur où les racines iront chercher l'eau dans huit semaines, et la hauteur à laquelle vous réglez la tondeuse décide de la couleur de la pelouse à la mi-août. Sur le littoral, où le sol est sableux et le vent d'ouest sèche tout en deux jours, ces arbitrages se paient plus vite qu'ailleurs. Voilà l'angle de ce calendrier de juin : moins une liste de tâches qu'une série de choix qui engagent la suite.
La pelouse : sept centimètres, et on n'y touche plus
C'est le réglage qui fait la différence entre un gazon vert fin août et une paillasse jaune. À sept ou huit centimètres, l'herbe s'ombrage elle-même, le sol reste frais et l'évaporation chute. Coupée à trois centimètres, la même pelouse expose sa terre au soleil et sèche en quarante-huit heures de vent.
Espacez aussi les passages. Une tonte tous les dix à quinze jours suffit à partir de la mi-juin, contre une par semaine en mai. Et on n'oublie pas, on laisse l'herbe pousser au pied des arbres installés, elle y garde l'humidité et abrite les insectes qui mangeront les pucerons du verger.
Le paillage se pose maintenant, pas en juillet
Le paillis ne rafraîchit pas un sol chaud, il conserve un sol frais. Posé sur une terre déjà sèche et brûlante, il enferme la sécheresse. C'est pourquoi la mi-juin est le bon moment, tant qu'il reste de l'humidité de printemps dans les quinze premiers centimètres.
Arrosez copieusement la veille, puis étalez cinq centimètres de tonte ressuyée, de broyat ou de paille autour des tomates, des courgettes, des haricots et dans les massifs. Dégagez le pied des tiges sur quelques centimètres. Une seule opération vous fera économiser un arrosage sur deux jusqu'en septembre.
Semer en juin, ce qui a encore le temps
Il reste beaucoup de place au potager, et juin autorise des semis que mai refusait. Les haricots verts levés maintenant produiront en août. Les carottes d'hiver, les betteraves et les navets semés d'ici la fin du mois se récolteront à l'automne. Les courges installées en juin ont encore quatre mois devant elles, largement de quoi mûrir.
Pour les salades, changez de variété. Les laitues de printemps montent en graines en quelques jours dès que les journées s'allongent. Prenez des batavias ou des feuilles de chêne d'été, semez-les à mi-ombre, sous un rang de tomates par exemple, et arrosez le sillon avant de semer plutôt qu'après.
Les ravageurs du mois
Les pucerons colonisent les jeunes pousses de rosiers et les extrémités des fruitiers. Un jet d'eau ferme suffit dans neuf cas sur dix, et les larves de coccinelles finissent le travail si vous ne traitez pas. Les limaces reprennent après chaque pluie et s'attaquent aux semis de salades : une ceinture de sciure ou de cendre sèche autour du rang tient tant qu'il ne pleut pas.
Surveillez aussi les feuilles jaunies entre les nervures sur les hortensias et les camélias. Ce n'est pas un parasite, c'est le calcaire de l'eau du robinet. De l'eau de pluie récupérée règle le problème en une saison.
Préparer août dès maintenant
Deux gestes rapides et rentables. Le premier : installer une ombre légère, un voile d'ombrage ou une claie, au-dessus des salades et des jeunes plants repiqués. Le second : rassembler les potées et les jardinières du côté est de la maison, où elles prendront le soleil du matin mais pas celui de l'après-midi. Une jardinière plein sud sur une terrasse bétonnée demande deux arrosages par jour en août, la même à l'est en demande un.
Pensez enfin aux plantes qui tiendront la sécheresse sans vous : lavandes, romarins, sauges, agapanthes, gauras. Elles se plantent mal en juin, la reprise est difficile en pleine chaleur, mais c'est le bon moment pour repérer les emplacements et commander pour l'automne, qui reste la meilleure saison de plantation sur la côte.
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