Bûches traditionnelles ou compressées : lequel est vraiment le meilleur choix pour votre chauffage et votre portefeuille ?

Sommaire5 sections
  1. 01Ramener les deux au kilowattheure
  2. 02L'humidité décide de tout, le reste suit
  3. 03Ce que la compressée ne fait pas
  4. 04L'argument écologique demande d'être nuancé
  5. 05Trois questions à poser avant de commander

La comparaison entre bûches traditionnelles et bûches compressées est presque toujours mal posée, parce qu'on compare un prix au stère avec un prix à la tonne. Ces deux unités ne mesurent pas la même chose et ne se parlent pas. La seule question qui décide vraiment de votre facture est ailleurs : combien vous coûte le kilowattheure une fois dans la pièce, et à quel taux d'humidité brûle ce que vous mettez dans le foyer. Sur ce terrain, le classement n'est pas celui qu'on lit partout.

Ramener les deux au kilowattheure

Le calcul tient en deux lignes et il vaut tous les comparatifs du web. Pour les bûches compressées, prenez le prix de la palette, divisez par son poids en kilos, divisez encore par 4,8 : vous avez un prix au kilowattheure. Pour le bois bûche, comptez qu'un stère de chêne ou de hêtre bien sec, en longueur 50 cm, représente grossièrement 1 600 kWh, et divisez le prix du stère par ce nombre.

Faites l'opération avec les prix que vous avez sous les yeux, pas avec ceux d'un article. Vous verrez généralement que le bois bûche livré sec reste moins cher au kilowattheure, et que l'écart se resserre nettement dès qu'on descend en dessous de trois stères commandés, parce que la livraison pèse alors très lourd dans le total.

L'humidité décide de tout, le reste suit

Voilà la variable que les comparatifs traitent en deux lignes alors qu'elle explique la majorité des écarts constatés. Le bois fraîchement abattu contient entre 45 et 50 % d'eau. Brûlé dans cet état, il chauffe mal, encrasse le conduit, noircit la vitre et fabrique du bistre, ce dépôt goudronneux qui est la cause première des feux de cheminée.

Sur la côte, entre la Brière et la baie, le séchage est plus lent qu'à l'intérieur des terres. L'air y est chargé d'humidité une bonne partie de l'année et les vents d'ouest apportent de la pluie fine qui ne se voit pas mais mouille tout. Un tas de chêne livré vert en octobre à Pornichet ne sera pas prêt pour l'hiver suivant : comptez deux ans, en bûches déjà refendues, sous une couverture qui protège de la pluie tout en laissant l'air circuler sur les côtés.

Un humidimètre à pointes coûte une quinzaine d'euros et se plante dans une bûche fendue en deux, au coeur. En dessous de 20 %, c'est bon. Entre 20 et 25 %, ça passe en appoint. Au-dessus, vous chauffez votre conduit.

Ce que la compressée ne fait pas

Deux réserves, rarement mentionnées par les vendeurs. La première : la densité qui fait sa qualité peut aussi surchauffer un appareil ancien. Trois bûches compressées dans un vieux poêle en fonte prévu pour du bois bûche, avec l'arrivée d'air grande ouverte, montent à des températures que le corps de chauffe n'apprécie pas. Les fabricants indiquent une quantité maximale par charge, et cette indication n'est pas décorative.

La seconde : ça ne fait pas un beau feu. La flamme est courte, régulière, sans les craquements ni le spectacle d'une flambée de chêne. Pour un insert de salon qu'on allume le dimanche pour l'ambiance, l'affaire est vite jugée.

L'argument écologique demande d'être nuancé

On lit partout que la bûche compressée est plus vertueuse parce qu'elle recycle sciures et copeaux. C'est vrai pour la matière première, qui est un coproduit des scieries. Mais le compactage consomme de l'énergie, souvent après un séchage industriel, et la palette voyage depuis l'usine, parfois depuis l'Europe de l'Est.

En face, le bois bûche français vient rarement de la déforestation : la forêt métropolitaine gagne de la surface depuis plus d'un siècle, et le bois de chauffage sort surtout des éclaircies et des taillis d'entretien. Un stère acheté à un exploitant du secteur, transporté sur trente kilomètres, tient très bien la comparaison carbone.

Sur les particules fines, en revanche, le sujet est réel et il ne dépend pas du combustible mais de l'appareil. Un foyer ouvert ou un poêle d'avant 2002 émet plusieurs dizaines de fois plus qu'un appareil récent labellisé Flamme Verte 7 étoiles. Remplacer un vieil insert change bien davantage la qualité de l'air que passer de la bûche à la compressée.

Trois questions à poser avant de commander

La longueur des bûches et le volume réel livré, en mètres cubes apparents plutôt qu'en stères, pour éviter toute ambiguïté. L'essence : chêne, hêtre et charme se valent à peu près, le peuplier et le bouleau chauffent nettement moins. La date d'abattage et le mode de séchage, avec une préférence pour le bois déjà refendu, qui sèche deux fois plus vite qu'une rondelle entière.

Et pour la compressée, un seul point : le taux d'humidité annoncé et la présence d'une certification comme NF Biocombustibles. Une palette sans mention d'humidité, vendue au prix du marché, n'a aucune raison d'être choisie.

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