Caméras obligatoires dans les voitures : Quelles conséquences pour vous ?
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Si vous roulez avec une voiture achetée avant l'été 2024, la réponse tient en une phrase : rien ne change pour vous. Le règlement européen GSR2, entré en application le 7 juillet 2024, ne s'adressait pas aux véhicules déjà en circulation. Il visait les nouveaux types de véhicules homologués à partir de cette date, c'est-à-dire les modèles que les constructeurs présentaient à l'homologation après le 7 juillet. La Clio garée devant chez vous n'a jamais eu à recevoir de caméra.
Ce que le dispositif surveille, et ce qu'il ne fait pas
Le GSR2 impose un système de détection de la distraction et de la somnolence du conducteur. Sur la plupart des modèles, c'est une petite caméra placée près de la colonne de direction ou dans le rétroviseur intérieur, qui suit la direction du regard, la fréquence des clignements et l'inclinaison de la tête. Elle ne filme pas au sens où on l'entend habituellement : les images sont traitées en temps réel dans le calculateur du véhicule et ne sont ni stockées ni transmises. Aucune donnée ne part vers la gendarmerie ni vers l'assureur.
Quand le système estime que l'attention décroche, il émet une alerte, en général un pictogramme sur le combiné et un signal sonore ou une vibration au volant. Il n'agit pas sur la conduite, ne coupe pas le moteur, ne verrouille rien.
Une technologie encore inégale
Les essais menés par les équipementiers, dont Forvia, donnaient en 2024 des temps de détection de l'ordre de quelques secondes : une alerte toutes les six secondes environ entre 20 et 50 km/h, autour de 3,5 secondes au-delà. Sur le papier, c'est réactif. En conditions réelles, la reconnaissance du regard reste difficile de nuit, avec des lunettes de soleil, un chapeau, ou simplement quand le conducteur porte une monture épaisse. Les capteurs infrarouges corrigent une partie du problème, pas la totalité.
Le reproche le plus fréquent des premiers utilisateurs porte sur les fausses alertes. Un coup d'œil au rétroviseur extérieur, un regard vers le passager pour lui répondre, et le carillon se déclenche. Sur un trajet Saint-Nazaire, Nantes par la RN171, ça finit par agacer.
Ce que ça change à l'achat d'une voiture neuve
Concrètement, l'effet se fait sentir au moment de commander un modèle sorti après l'été 2024. Le dispositif arrive de série, il n'est pas facturé en option, et son coût est fondu dans le prix du véhicule. Les autres briques du GSR2 arrivaient en même temps : l'assistant de vitesse intelligent, la boîte noire d'enregistrement de données d'accident, l'aide au maintien dans la voie. Ce paquet-là a fait plus pour la hausse du tarif catalogue que la caméra seule.
Pour un acheteur d'occasion sur la Côte d'Amour, le sujet ne se posera vraiment que vers la fin de la décennie, quand les premiers modèles équipés arriveront sur le marché des cinq ans et moins.
Ce qu'on ne sait toujours pas
L'efficacité réelle sur l'accidentologie reste à mesurer. La Commission européenne avançait des estimations de vies épargnées à l'horizon 2038, calculées sur l'ensemble du paquet GSR2, pas sur la seule détection de somnolence. Isoler la contribution de la caméra demandera des années de données. Sur ce point, la prudence s'impose : un dispositif qui alerte souvent et à tort risque d'être ignoré, ce qui est le sort classique des alarmes trop bavardes.
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