Célébration des souhaits pour la nouvelle année
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Les vœux de nouvelle année ressemblent moins à un élan spontané qu'à un calendrier social. Du 1er au 31 janvier, il faut passer voir les uns, écrire aux autres, se montrer à une cérémonie ou deux, et répondre aux messages reçus sans laisser traîner. Sur la Côte d'Amour comme ailleurs, ce mois de janvier a ses rendez-vous obligés, ses formules toutes faites et ses oublis qui laissent des traces. Autant regarder comment il fonctionne.
Janvier, le mois des salles municipales
Dans les communes de la Côte d'Amour, la première quinzaine de janvier est occupée par les cérémonies de vœux. Le maire réunit les habitants, les associations, les commerçants et les agents municipaux dans une salle communale, prononce un discours d'une vingtaine de minutes, et tout le monde passe au buffet.
Le rituel semble convenu. Il ne l'est pas tout à fait. Ce discours est souvent le seul moment de l'année où un habitant entend le bilan de la commune et le programme des mois à venir sans avoir à lire un compte rendu de conseil municipal. On y apprend quels chantiers commencent, lesquels ont pris du retard, et ce que la ville compte faire de son budget. Pour qui prête attention, une heure passée là remplace la lecture de plusieurs dossiers.
Les associations tiennent leurs propres cérémonies dans la foulée : clubs sportifs, sociétés de sauvetage en mer, amicales de sapeurs-pompiers, comités des fêtes. Chacune profite du mois de janvier pour remercier ses bénévoles et rappeler qu'elle cherche des bras. La galette y est presque systématique, ce qui n'est pas le pire des prétextes pour faire venir du monde.
La carte de vœux recule, et ce n'est pas qu'une question d'époque
Les boîtes aux lettres se remplissent moins qu'avant en janvier. Le courrier adressé aux particuliers baisse d'année en année, les entreprises ont massivement basculé sur le mail, et le timbre coûte plus cher chaque hiver. La carte de vœux papier est devenue un geste minoritaire.
Ce recul lui donne paradoxalement plus de poids. Une carte manuscrite reçue au milieu de vingt notifications se remarque. Elle se pose sur une étagère et y reste jusqu'en mars. Aucun message groupé ne produit cet effet, et les gens qui continuent d'en envoyer le savent parfaitement.
Le geste demande peu : une phrase qui fait référence à quelque chose de précis vaut mieux qu'un paragraphe de formules. Souhaiter à un voisin que sa jambe se remette avant l'été dit plus que trois lignes sur la santé, le bonheur et la réussite.
Le message groupé et son problème
Le message groupé envoyé à cent contacts en même temps règle la question de la politesse en trois minutes. Il ne règle rien d'autre. Chacun reconnaît un envoi collectif à sa neutralité, et la réponse qu'il déclenche est de même nature : deux emojis et on passe à autre chose.
Personne n'écrit cent messages personnalisés. Le mieux à faire, c'est de trier : dix personnes qui comptent reçoivent un vrai message, le reste reçoit l'envoi collectif, et cela ne pose problème à personne. Le tri assumé vaut mieux que le faux-semblant appliqué à tout le monde.
Les vœux professionnels, un exercice à part
Dans le monde du travail, les vœux relèvent de l'entretien de relation. Un artisan qui écrit à ses clients de l'année précédente, un cabinet qui envoie un mot à ses partenaires, un commerçant qui affiche une carte en vitrine : chacun rappelle son existence à un moment où personne ne se sent démarché.
Le piège tient en un mot : la promotion. Un vœu qui se termine par une offre commerciale cesse d'être un vœu. Ceux qui reçoivent ces courriers font la différence immédiatement, et le geste se retourne contre son auteur. Si l'objectif est de vendre, autant écrire une lettre commerciale assumée en février.
Le rituel garde son utilité
On peut trouver l'exercice artificiel, et il l'est en partie. Il remplit pourtant une fonction que rien n'a remplacée : il oblige à reprendre contact avec des gens qu'on n'aurait pas appelés autrement. Une fois par an, le calendrier fournit un prétexte à des retrouvailles que personne n'aurait osé provoquer seul.
C'est particulièrement vrai dans une commune balnéaire, où une bonne partie de la vie sociale se concentre sur quatre mois d'été. Janvier, sous la pluie, avec les volets fermés des résidences secondaires, est le moment où l'on vérifie qui est encore là. La galette et le discours du maire ne sont qu'un décor. Le reste, c'est de la sociabilité ordinaire, et elle se porte plutôt bien.
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