Chauffage : Où placer votre poêle à bois pour une efficacité maximale ?
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Dans la plupart des maisons, l'emplacement du poêle est décidé par le conduit de fumée, pas par le plan d'aménagement. On peut déplacer un appareil de deux mètres sur un plan, mais si cela oblige à percer une panne, à traverser une chambre à l'étage ou à ajouter deux dévoiements, la facture grimpe de 1 500 à 3 000 euros et le tirage s'en trouve dégradé. Le bon réflexe consiste donc à partir du toit et à redescendre, pas à choisir un joli coin du séjour et à espérer que le fumiste suive.
Le conduit droit, la règle qui coûte le moins cher
Un conduit vertical, sans coude, tire mieux et s'encrasse moins. Le DTU 24.1 tolère des dévoiements, mais chacun freine les fumées et crée un point où les suies s'accumulent. Sur un conduit existant en boisseaux, le tubage inox flexible reste la solution la plus simple, à condition que la section du boisseau accepte le diamètre nécessaire.
Un détail que peu de gens anticipent : un conduit qui monte à l'intérieur du volume chauffé tire mieux qu'un conduit plaqué contre un mur extérieur. Les fumées restent chaudes, la dépression s'installe plus vite, l'allumage se fait sans fumée qui reflue dans la pièce. Un conduit extérieur qui longe un pignon exposé plein ouest, ici, se refroidit en permanence et donne des allumages capricieux les jours de vent.
Le milieu du salon, un conseil de magazine
« Placez votre poêle au centre de l'habitation » revient dans tous les guides. Sur ce point, le conseil ne tient pas debout dans la majorité des maisons de la presqu'île. Le centre géométrique d'une longère ou d'une maison en L, c'est en général un couloir, une cage d'escalier ou la salle de bains. Personne n'installe un poêle dans un couloir.
Ce qui compte réellement, c'est la ligne de vue. Un poêle chauffe surtout par rayonnement, donc tout ce qu'il voit directement chauffe, et le reste attend que l'air circule. Placez-le de façon qu'il « voie » la plus grande surface habitée : le séjour dans sa longueur, la porte ouverte vers la cuisine, le bas de l'escalier. Un poêle installé dans une alcôve, derrière un pan de mur, perd la moitié de son intérêt.
Maison à étage : attention à l'escalier
Un poêle installé au pied d'une cage d'escalier ouverte envoie sa chaleur à l'étage en quelques minutes. Les chambres montent à 23 degrés, le séjour reste à 18, et tout le monde a la même impression : « ce poêle ne chauffe pas ». Il chauffe très bien, il chauffe simplement ailleurs.
Deux corrections marchent. Éloigner l'appareil de la trémie de quelques mètres, ce qui suffit souvent à casser la colonne d'air chaud. Ou installer une porte, même simple, en haut de l'escalier, et un petit extracteur qui redescend l'air chaud vers le rez-de-chaussée. Les distributeurs d'air chaud gainés existent aussi, mais ils demandent des faux plafonds et un poêle prévu pour.
L'air, l'oublié des installations récentes
Un poêle brûle de l'air, beaucoup d'air. Dans une maison ancienne aux menuiseries perméables, il le trouve tout seul. Dans une construction récente étanche, ou après un changement complet de fenêtres, il ne le trouve plus : le tirage faiblit, la vitre noircit, et l'appareil peut mettre la pièce en dépression face à une VMC qui aspire de son côté.
La solution s'anticipe au moment de choisir l'emplacement : une amenée d'air extérieur, idéalement raccordée directement au poêle, ce que la plupart des modèles récents acceptent. Percer un mur extérieur à côté du poêle après coup reste possible, mais le passage est plus délicat quand l'appareil est déjà posé au milieu d'une pièce.
Deux erreurs de placement qu'on voit souvent
Le poêle sous la mezzanine : la chaleur s'accumule au plafond bas, la sous-face chauffe, et rien ne redescend. Le poêle face à la baie vitrée du séjour : le rayonnement part vers le vitrage, la partie la plus déperditive de la pièce, et l'effet ressenti sur le canapé est décevant.
Dernier point, valable pour les maisons de bord de mer occupées par intermittence : un poêle ne relance pas une maison froide en une soirée. Une bâtisse laissée à 10 degrés pendant trois semaines demande une journée entière pour retrouver un confort correct, murs compris. Prévoyez un chauffage d'appoint programmable et gardez le poêle pour ce qu'il fait bien, tenir la maison chaude une fois qu'elle l'est.
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