Comment activer le mode 'lune' sur vos radiateurs pour économiser 20 % d'énergie cet hiver ?

Sommaire5 sections
  1. 01Soleil, lune, flocon : ce que veulent dire les pictogrammes
  2. 02Comment on l'active vraiment
  3. 03Les situations où le mode lune ne rapporte rien
  4. 04À quelle température descendre
  5. 05Vérifier que ça marche

Le petit croissant de lune sur votre radiateur n'est pas un mode d'économie. C'est une seconde température de consigne, plus basse que la première, et rien de plus. Le radiateur ne chauffe pas « autrement » quand il est dessus : il vise 16,5 degrés au lieu de 20. Toute l'économie vient de cet écart, pas d'une électronique maligne. Le chiffre de 20 % annoncé partout dépend donc entièrement d'une chose que personne ne précise jamais : le nombre d'heures par jour où vous laissez le radiateur dans cette position.

Soleil, lune, flocon : ce que veulent dire les pictogrammes

Sur un radiateur électrique, trois symboles reviennent. Le soleil désigne la consigne de confort, celle que vous réglez à la molette ou sur l'écran. La lune désigne la consigne réduite, appelée aussi mode éco. Le flocon, ou parfois un cristal, désigne le hors gel, calé autour de 7 degrés.

Sur les appareils d'avant 2010, l'écart entre soleil et lune est figé par le constructeur, généralement à 3,5 degrés. Impossible de le modifier. Sur les modèles récents, cet écart se règle entre 1 et 5 degrés dans le menu de l'appareil, ce qui change tout : à 5 degrés d'écart, votre chambre descend à 15, et vous vous réveillez dans le froid.

Le flocon n'a rien à voir avec la lune, et la confusion coûte cher dans les deux sens. Passer une chambre en hors gel pour la nuit fait tomber la pièce à 7 degrés et oblige le radiateur à une relance longue au matin. Passer une maison en mode lune pour partir trois semaines revient à chauffer une maison vide à 16 degrés pendant tout ce temps.

Comment on l'active vraiment

Trois configurations existent, et beaucoup de gens cherchent le réglage au mauvais endroit.

Radiateur seul, sans installation centralisée : le passage se fait sur l'appareil, avec un bouton ou une molette à trois positions. C'est le cas le plus simple et le plus pénible, puisqu'il faut faire le tour des pièces matin et soir. Personne ne tient plus de deux semaines.

Radiateur relié par fil pilote à un programmateur central, souvent installé près du tableau électrique : c'est le programmateur qui envoie l'ordre « éco » à chaque zone, selon les plages horaires que vous fixez. Pour que ça fonctionne, chaque radiateur doit être placé sur « Auto » ou « Prog », pas sur « Confort ». Un radiateur laissé en confort ignore complètement le programmateur, et c'est de très loin la panne la plus courante : l'utilisateur programme consciencieusement des plages qui ne sont jamais appliquées.

Radiateur connecté ou tête thermostatique pilotée : la programmation se fait dans l'application. Vérifiez d'abord que l'appareil n'est pas resté en mode manuel, qui prend le pas sur la programmation jusqu'au prochain créneau.

Les situations où le mode lune ne rapporte rien

Une absence de moins de deux heures : laissez la consigne tranquille. Le radiateur devra rattraper l'écart à pleine puissance au retour, et le bilan est neutre, parfois négatif sur un appareil à inertie.

Un logement très bien isolé : la température descend lentement, parfois d'un demi-degré en huit heures. L'abaissement de consigne ne se traduit alors par presque aucune coupure réelle du radiateur, donc par presque aucune économie. La bonne nouvelle, c'est que votre facture était déjà basse.

Un radiateur à inertie fonte ou fluide caloporteur : la masse continue de restituer de la chaleur pendant une à deux heures après le passage en mode réduit. Il faut décaler la programmation en conséquence, en enclenchant le mode lune une heure avant l'heure visée.

Dernier cas, plus sournois : une pièce humide et peu ventilée. Descendre trop bas la nuit dans une chambre où deux personnes dorment fait remonter l'humidité relative, et la vapeur se condense sur les murs froids donnant sur l'extérieur. Si vous voyez apparaître des taches noires dans un angle en février, remontez la consigne réduite à 17 degrés et vérifiez la grille d'aération plutôt que de gratter la moisissure. L'économie de chauffage ne vaut pas un mur à repeindre tous les printemps.

À quelle température descendre

L'ADEME recommande 19 degrés dans les pièces de vie et 17 dans les chambres, ce dernier chiffre valant aussi pour la nuit. En dessous de 16, le sommeil se dégrade chez beaucoup de gens et la relance du matin devient longue. Au-dessus de 18, l'écart avec la consigne de jour est trop faible pour que le mode réduit serve à quelque chose. La plage utile est donc étroite, entre 16 et 18 degrés.

Vérifier que ça marche

Posez un thermomètre à cinq euros dans la chambre, à hauteur de lit, loin du radiateur. Relevez la température au coucher puis au réveil pendant trois nuits. Si l'écart est inférieur à un degré alors que le mode lune est censé être actif, quelque chose ne fonctionne pas : radiateur resté en confort, fil pilote débranché, ou consigne réduite réglée trop haut.

Le second contrôle passe par le compteur. Relevez l'index un soir de semaine à 22 h et le lendemain à 6 h, sur deux nuits comparables, l'une avec le mode réduit et l'autre sans. La différence en kilowattheures, multipliée par 150 nuits de chauffe et par le prix du kilowattheure, vous donne l'économie annuelle réelle de votre logement. Elle sera rarement de 20 %, souvent entre 6 et 12 %, ce qui reste une centaine d'euros pour une maison chauffée à l'électrique.

Le mode lune existe depuis les convecteurs des années 1990. Il n'a rien de nouveau et ne mérite pas les promesses qu'on lui accroche. Bien utilisé, c'est-à-dire programmé et oublié, il fait baisser une facture de chauffage électrique de quelques dizaines à quelques centaines d'euros par hiver selon le logement. Utilisé à la main un soir sur trois, il ne fait rien du tout.

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