Comment améliorer votre DPE en gagnant deux lettres même avec les révisions et économiser en énergie ?

Sommaire4 sections
  1. 01Ce que le calcul regarde vraiment
  2. 02Les révisions du barème, et ce qu'elles changent
  3. 03Préparer la visite du diagnostiqueur
  4. 04Et les gestes du quotidien, alors ?

Gagner deux lettres au DPE, c'est possible, mais presque jamais avec les gestes qu'on lit partout. Éteindre les veilles, changer les ampoules, baisser le chauffage la nuit : tout cela fait baisser la facture, et rien de tout cela ne bouge la note. Le diagnostic ne mesure pas ce que vous consommez, il calcule ce que consommerait un ménage moyen dans votre logement, avec des conventions fixes de température et d'occupation. Autant partir de là avant de dépenser un euro.

Ce que le calcul regarde vraiment

La note finale dépend de deux résultats, exprimés au mètre carré et par an : la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. C'est le plus mauvais des deux qui décide de la lettre. Un logement bien isolé mais chauffé au fioul reste bloqué en bas de l'échelle par son étiquette carbone, quelle que soit la qualité des murs.

Cinq postes entrent dans le calcul : chauffage, eau chaude, refroidissement, éclairage, auxiliaires. Dans une maison ancienne, le chauffage pèse les trois quarts du total. Pour faire bouger la lettre, c'est là qu'il faut agir : l'enveloppe, puis le générateur.

L'enveloppe d'abord, dans l'ordre des déperditions

Les ordres de grandeur diffusés par l'Ademe pour une maison non isolée sont stables depuis des années : le toit laisse partir 25 à 30 % de la chaleur, les murs 20 à 25 %, le renouvellement d'air 20 à 25 %, les fenêtres 10 à 15 %, les planchers bas 7 à 10 %. L'isolation des combles perdus coûte le moins cher au mètre carré et se voit tout de suite dans le calcul, parce que le diagnostiqueur saisit une résistance thermique, pas une impression.

Le double vitrage, lui, déçoit souvent : remplacer des fenêtres correctes par des fenêtres meilleures fait gagner quelques kilowattheures au mètre carré, rarement une lettre. Sur ce point le calcul ne récompense pas l'investissement, et 12 000 euros de menuiseries laissent parfois la note où elle était.

Les révisions du barème, et ce qu'elles changent

Le barème n'est pas figé. En 2021 déjà, le coefficient appliqué à l'électricité était passé de 2,58 à 2,3, ce qui a mécaniquement amélioré la note de nombreux logements chauffés à l'électrique. En février 2024, le gouvernement a annoncé une correction du calcul pour les logements de moins de 40 mètres carrés, pénalisés par le poids de l'eau chaude sanitaire rapporté à une petite surface ; elle s'applique depuis le 1er juillet 2024, et l'estimation officielle portait sur environ 140 000 studios et petits logements sortis de la classe G sans qu'un clou soit planté.

Si votre diagnostic est antérieur et que le bien fait moins de 40 mètres carrés, un nouveau passage coûte 100 à 250 euros et peut suffire. C'est le seul cas où refaire le DPE avant les travaux se justifie.

Préparer la visite du diagnostiqueur

Une part des mauvaises notes vient de valeurs par défaut : sans preuve de l'isolation d'un mur ou d'un plancher, le diagnostiqueur applique la valeur la plus défavorable prévue par la méthode. Sortez les factures de travaux, les rapports de fin de chantier, les fiches techniques des fenêtres, l'année et la puissance du générateur. Un dossier complet fait parfois gagner une demi-classe sans aucun chantier.

Demandez aussi le rapport détaillé, pas seulement l'étiquette : il indique poste par poste où part l'énergie et propose deux scénarios de travaux chiffrés. C'est ce document qui sert à discuter avec un artisan ou avec un conseiller France Rénov'.

Et les gestes du quotidien, alors ?

Ils gardent toute leur valeur, ils ne servent simplement pas au même but. Baisser le chauffage d'un degré retire environ 7 % de la consommation annuelle selon l'Ademe. Purger les radiateurs à l'automne, désembouer un circuit après quinze ans, régler la loi d'eau, poser un programmateur : sur une facture de 1 600 euros, ces réglages pèsent 150 à 250 euros. Aucun n'apparaîtra dans le diagnostic, qui décrit le logement et non ceux qui l'habitent.

Menez donc les deux chantiers en parallèle : les réglages pour la facture, tout de suite ; l'isolation puis le générateur pour la lettre, sur deux ou trois ans, en gardant chaque facture pour le prochain diagnostic.

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