Comment avons-nous nettoyé Pornichet de ses déchets en une journée sur la plage ? Découvrez nos incroyables résultats !

Sommaire4 sections
  1. 01Ce que la balance dit, et ce qu'elle cache
  2. 02Le déroulé d'une matinée, concrètement
  3. 03Ce que la collecte change vraiment
  4. 04Se préparer correctement pour deux heures sur le sable

Autant le dire tout de suite : les résultats d'une chasse aux déchets sur la plage de Pornichet ne sont pas incroyables, et c'est précisément ce qui les rend intéressants. En une matinée, une soixantaine de personnes ne remplissent pas des bennes. Elles rapportent quelques dizaines de kilos, tenant dans des sacs qu'on soulève d'une main. Le chiffre qui compte n'est pas le poids, c'est le nombre de pièces, et sa répartition raconte quelque chose de la plage et de ceux qui la fréquentent.

Ce que la balance dit, et ce qu'elle cache

Un mégot pèse environ 0,2 gramme, un bouchon de bouteille deux grammes, un fragment de barquette en polystyrène presque rien. Une collecte qui ramène 40 kilos aura donc pu retirer du sable plusieurs milliers d'objets, en écrasante majorité de petites pièces plastiques. À l'inverse, une seule bouée d'ostréiculture échouée fait grimper le tonnage sans rien dire de la pollution diffuse.

Le déroulé d'une matinée, concrètement

Rendez-vous vers 9 h 30, à marée descendante : c'est la fenêtre qui découvre le plus de sable. Les organisateurs découpent la plage en secteurs de cent mètres, deux ou trois personnes chacun, et insistent sur un point mal compris : on ne ramasse pas la laisse de mer. Algues, coquilles, bois flotté et os de seiche ne sont pas des déchets, ils nourrissent les puces de mer et fixent le haut de plage.

La zone la plus productive n'est pas le bord de l'eau : c'est la bande sèche au pied du remblai, où le vent pousse les emballages légers, et le pourtour des accès, escaliers, cales et sorties de parking. Les mégots s'y concentrent par dizaines au mètre carré.

Ce que la collecte change vraiment

Sur la propreté visible, l'effet dure quelques jours en pleine saison. Sur les participants, beaucoup plus longtemps : passer deux heures à extraire des filtres de cigarette d'un sable qui paraissait propre depuis le remblai change durablement le regard, et c'est ce que disent les bénévoles au moment du pesage.

L'autre acquis est administratif : les fiches de comptage remontent aux réseaux nationaux de suivi des déchets marins. Une plage suivie plusieurs années produit une série de données, et une série de données finit par peser dans une décision, cendriers de plage ou corbeilles supplémentaires près des cales.

Se préparer correctement pour deux heures sur le sable

La sortie n'a rien de sportif, mais elle se prépare comme une marche sur l'estran. Le sable mouillé fatigue, le vent d'ouest tombe rarement, et personne ne pense à emporter de l'eau parce qu'on a la mer sous les yeux.

Une plage nettoyée en une matinée redevient sale, c'est entendu. La question utile porte moins sur l'opération que sur ce qu'on fait de ce qu'elle mesure.

Source: www.ouest-france.fr

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