Comment bien ranger son bois de chauffage pour éviter des dépenses inutiles ? Découvrez les erreurs à éviter absolument !
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Le rangement du bois ne rattrape jamais un achat fait trop tard. C'est la première chose à admettre avant de dérouler la moindre bâche : une bûche livrée en octobre et brûlée en décembre restera humide quoi que vous fassiez, même sous l'abri le mieux ventilé du quartier. Le tas de bois se joue au printemps, pas au premier coup de froid. Tout le reste, la palette, la bâche, l'orientation, sert seulement à protéger un séchage qui a déjà commencé.
Le séchage prend deux hivers, pas deux mois
Pour du chêne ou du hêtre en bûches de 33 ou 40 cm, comptez 18 à 24 mois de séchage à l'air libre. Le charme et le frêne sont un peu plus rapides, autour de 15 à 18 mois. Le bouleau et le peuplier sèchent vite mais chauffent peu, ils dépannent pour l'allumage. Un bois fendu sèche nettement plus vite qu'une rondelle laissée entière, parce que l'eau s'échappe par les faces éclatées bien plus que par l'écorce.
Ce calendrier a une conséquence directe sur la façon de s'organiser : il faut deux emplacements, pas un. Un tas qu'on brûle cette année, un tas qu'on constitue pour l'année suivante. Beaucoup de gens n'ont qu'un seul stock, le remplissent à l'automne, et se demandent ensuite pourquoi leur poêle encrasse la vitre en trois flambées.
Quatre erreurs qui reviennent tout le temps
La bâche qui descend jusqu'au sol
C'est l'erreur la plus répandue et la plus coûteuse. Une bâche qui enveloppe le tas jusqu'à terre transforme la pile en serre : l'humidité qui monte du sol ne trouve plus de sortie, elle condense sous le plastique et retombe sur les bûches. On couvre le dessus et rien d'autre. Les côtés restent à l'air, même en plein hiver, même s'il pleut de travers.
Le tas collé au mur de la maison
Adossé au pignon, le tas semble bien rangé et gagne de la place. Sauf que le mur bloque la ventilation d'un côté entier, et que le bois de chauffage abrite des insectes xylophages qu'on préfère voir à cinq mètres de la maçonnerie plutôt que contre elle. Laissez 10 à 15 centimètres entre le mur et la première rangée si vous n'avez pas le choix, et davantage si vous l'avez.
Les bûches posées à même la terre
La rangée du bas pourrit en une saison. Deux palettes de récupération suffisent, ou quelques bastaings posés en travers, ou des parpaings. L'idée est simple : couper le contact avec le sol pour que l'air passe sous le tas.
Croire le mot « sec » sur le bon de livraison
Le terme n'a rien d'un engagement contractuel tant qu'aucun taux n'est écrit. Un bois vendu comme sec sort parfois à 30 ou 35 % d'humidité, ce qui reste très loin du compte. Les labels France Bois Bûche et NF Biocombustibles solides encadrent la mesure, et un vendeur sérieux annonce un chiffre sans se faire prier. Sur ce point, le doute doit toujours pencher du côté du client : plantez les pointes de l'humidimètre dans le cœur d'une bûche fraîchement fendue, pas sur une face extérieure qui a séché dans le camion.
À quoi ressemble un tas qui sèche
Le meilleur emplacement est plein sud ou plein ouest, exposé aux vents dominants, à distance d'une haie qui ferait écran. Sur la côte, le vent d'ouest fait un travail de séchage remarquable, et il vaut mieux orienter les extrémités des bûches face à lui plutôt que de lui présenter le flanc de la pile.
Empilez sur une seule largeur de bûche quand la place le permet, ou en deux rangées séparées par un espace de quelques centimètres. Les piles compactes de trois ou quatre rangs serrés gardent leur cœur humide très longtemps. Les extrémités du tas se tiennent en croisant les bûches à angle droit d'un rang sur l'autre, ce qui évite d'avoir à planter des piquets.
La réserve d'intérieur se compte en jours
Le panier près du poêle sert à finir de sécher les bûches, pas à stocker la saison. Deux ou trois jours de consommation suffisent, soit une quinzaine de bûches pour un poêle en usage courant. Au-delà, on ramène dans le salon les insectes qui dormaient dans l'écorce, et on prend le risque de laisser du bois trop près d'un appareil brûlant.
Gardez aussi une logique de rotation : ce qui rentre en dernier passe derrière, on brûle d'abord le plus ancien. Une pile qu'on remplit toujours par le dessus finit par contenir, tout au fond, du bois de trois ans qu'on n'atteint jamais et qui se dégrade doucement.
Dernier point, souvent négligé : mesurez l'accès. Un stère se manipule à la brouette, et la distance entre le tas et la porte compte davantage qu'on ne croit quand il pleut, qu'il fait nuit et qu'il faut y aller trois fois par jour de novembre à mars. Beaucoup d'abris parfaitement conçus sont abandonnés au bout d'un hiver simplement parce qu'ils sont au fond du jardin.
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