Comment cet hôtel de luxe s'engage-t-il dans le ramassage des déchets sur les plages pour préserver l'écosystème fragile ?
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La question mérite une réponse directe : le ramassage de déchets sur la plage est la partie la plus visible de l'engagement d'un hôtel, et de loin la moins coûteuse. Le gros du dossier se joue ailleurs, dans la buanderie, en cuisine et sur les compteurs d'eau. À Pornichet, le Relais Thalasso installé au Château des Tourelles, sur le front de mer de la baie de La Baule, a obtenu l'Ecolabel européen en 2024 : le cahier des charges qu'il a fallu tenir pour ça en dit plus long que les photos de sacs poubelles remplis à marée basse.
Ce que l'Ecolabel européen exige d'un hébergement touristique
L'Ecolabel européen n'est pas un logo qu'on achète. C'est un référentiel public, géré en France par l'Afnor, avec des critères obligatoires et des critères à points. Un hôtel doit démontrer sa consommation d'eau et d'électricité par nuitée, prouver que ses produits d'entretien et ses savons portent eux-mêmes un écolabel, trier ses biodéchets, former son personnel, et rouvrir le dossier à chaque renouvellement. Un auditeur passe. Les factures sont regardées.
Pourquoi un hôtel de bord de mer organise quand même ces sorties
Parce que ça marche, à petite échelle et pour de bonnes raisons. Un établissement de front de mer vit de la plage qu'il a sous les fenêtres. Une laisse de mer parsemée de fragments de plastique, ça se voit depuis la terrasse du petit-déjeuner, et personne n'a envie de l'expliquer à un client qui paye une chambre vue océan.
Le montage est simple : une date choisie à marée descendante, des gants et des seaux, une heure et demie sur le sable entre deux plages, un tri sommaire au retour. Le personnel vient sur son temps de travail, les clients qui veulent suivre s'inscrivent à la réception. Beaucoup d'hôtels de la Côte d'Amour font la même chose, souvent avec une association locale ou dans le cadre des opérations coordonnées à l'échelle du littoral.
Le point où le discours dérape
Il dérape quand on transforme une sortie de deux heures en contribution à la sauvegarde des océans. Les déchets qui échouent entre la plage des Libraires et Sainte-Marguerite viennent pour partie de la fréquentation locale, mégots, emballages, bouchons, et pour partie de la dérive au large. Ramasser ce qui est déjà arrivé sur le sable ne remonte pas la chaîne. Sur ce point, le calcul ne tient pas, et le dire n'enlève rien à l'intérêt de l'opération.
Comment juger l'engagement d'un établissement quand on réserve
Trois questions suffisent, et elles se posent par téléphone. Le label affiché est-il l'Ecolabel européen, la Clef verte, ou une simple charte maison sans contrôle extérieur ? En quelle année a-t-il été délivré, et quand expire-t-il ? L'eau chaude des soins de thalassothérapie, poste énorme dans ce type d'établissement, fait-elle l'objet d'une récupération de chaleur ?
Un hôtel qui organise une collecte fait quelque chose d'utile pour sa plage et pour ses équipes. Ce n'est pas la même chose que réduire son empreinte, et les deux méritent d'être regardés séparément.
Source: www.ouest-france.fr
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