Les comportements à adopter lors de tremblement de terre
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Le premier réflexe est presque toujours le mauvais. Quand le sol bouge, l'envie de sortir du bâtiment est immédiate, et c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. La plupart des blessés d'un séisme modéré ne sont pas ensevelis sous des décombres : ils sont touchés par une tuile, un morceau de corniche ou une vitre, dans la rue ou dans une cage d'escalier, pendant qu'ils cherchaient à fuir. Tout le reste de ce qui suit découle de ce constat.
Ce que le 16 juin 2023 a rappelé à l'Ouest
Le 16 juin 2023, en fin d'après-midi, un séisme de magnitude 5,3 s'est produit en Charente-Maritime, avec un épicentre situé du côté de La Laigne et de Cram-Chaban, entre Niort et La Rochelle. Des maisons ont été fissurées, quelques-unes rendues inhabitables, et la secousse a été ressentie très largement, jusqu'en Loire-Atlantique et en Vendée. Beaucoup d'habitants ont d'abord pensé à une explosion ou au passage d'un poids lourd.
Une magnitude 5,3 reste modérée à l'échelle mondiale. Elle suffit pourtant à endommager un bâti ancien qui n'a jamais été conçu pour encaisser un mouvement horizontal. C'est le point qui compte pour la région : l'aléa sismique de la façade atlantique est classé entre faible et modéré dans le zonage national de 2011, la Vendée et la Charente-Maritime étant les plus exposées. Faible ne veut pas dire nul, et un bâti en pierre et terre, très présent dans les bourgs de l'intérieur, encaisse mal.
Trente secondes, et rien d'autre à décider
Personne ne peut prévoir l'intensité d'un séisme à ses premières secousses. Les cinq premières secondes d'un événement mineur ressemblent aux cinq premières secondes d'un événement grave. C'est pour cette raison qu'on applique la même consigne dans tous les cas, sans chercher à évaluer.
À l'intérieur, on se met sous une table ou un bureau résistant, loin des fenêtres et des meubles hauts. S'il n'y a rien de solide à portée, on s'accroupit au centre de la pièce, dos à un mur porteur, tête protégée par les bras. On ne prend pas l'ascenseur, on ne descend pas l'escalier : c'est l'endroit le plus dangereux d'un immeuble pendant une secousse.
À l'extérieur, on s'éloigne des façades, des balcons, des lignes électriques et des arbres, et on reste dans un espace dégagé jusqu'à la fin. En voiture, on s'arrête sur le bas-côté, à distance des ponts et des tunnels, et on attend sans sortir du véhicule.
Préparer son logement : une demi-journée de travail
La plupart des blessures viennent de ce qui tombe. Une bibliothèque de deux mètres, une armoire, un téléviseur mural mal fixé pèsent assez pour casser un bras ou pire. Les équerres de fixation murale coûtent quelques euros dans n'importe quelle grande surface de bricolage, et une après-midi suffit à sécuriser un logement entier.
Les points à traiter sont toujours les mêmes. Fixer au mur les meubles hauts et le réfrigérateur. Descendre ce qui est lourd ou cassant des étagères en hauteur, surtout au-dessus des lits et du canapé. Vérifier que le chauffe-eau est sanglé. Repérer où couper le gaz et l'électricité, et le montrer aux autres habitants du logement, y compris aux adolescents. Si la maison est ancienne et présente des fissures existantes, un diagnostic de structure vaut mieux qu'un avis de comptoir.
Un sac de secours, pas un bunker
Le kit d'urgence recommandé par la sécurité civile tient dans un sac à dos posé près de la porte d'entrée. De l'eau, trois litres par personne, des aliments qui se conservent, une trousse de soins avec les médicaments habituels du foyer, une lampe à piles, une radio à piles ou à manivelle, des piles de rechange, une batterie externe chargée, des vêtements chauds, un double des clés, un peu d'argent liquide et les photocopies des papiers d'identité.
La radio à piles paraît démodée. Elle reste le seul moyen sûr de recevoir des consignes quand le réseau mobile est saturé, ce qui arrive dans les minutes qui suivent l'événement parce que tout le monde appelle en même temps. Un SMS passe souvent quand un appel ne passe pas : c'est le message à faire circuler dans la famille avant qu'il serve.
Après : signaler, écouter, ne pas encombrer
Les consignes officielles passent par la radio, par les comptes officiels de la préfecture et par le système d'alerte sur téléphone mobile. On les suit à la lettre, y compris quand elles demandent de rester chez soi. Les dégâts sur le logement se signalent à la mairie, qui centralise les déclarations pour une éventuelle reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle : c'est cette reconnaissance, publiée au Journal officiel, qui ouvre la prise en charge par l'assurance habitation. Photographier les fissures dès le premier jour, avec une date visible, simplifie beaucoup le dossier.
Deux comportements gênent les secours plus qu'ils n'aident : aller voir les dégâts en voiture, et téléphoner au 18 ou au 112 pour se renseigner. Les axes doivent rester libres et les standards aussi. Un passage chez les voisins âgés du même palier apporte davantage.
Sur le littoral, la question du tsunami
Elle se pose moins qu'en Méditerranée, mais elle n'est pas absente. Le tremblement de terre de Lisbonne, le 1er novembre 1755, a provoqué des mouvements d'eau anormaux jusque sur les côtes bretonnes et vendéennes, des siècles avant tout dispositif d'alerte. La règle vaut pour toute la façade : si vous êtes sur la plage et que le sol tremble, ou si la mer se retire de façon inhabituelle, vous ne restez pas pour regarder. Vous gagnez un point haut, à pied, sans attendre la sirène.
Un dernier mot sur la prévention, parce qu'on l'oublie souvent. Le risque sismique figure dans le document d'information communal sur les risques majeurs, consultable en mairie, et dans l'état des risques remis lors d'un achat ou d'une location. Ces documents sont ennuyeux à lire. Ils prennent dix minutes et indiquent précisément ce à quoi votre adresse est exposée, séisme comme submersion.
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