Comment réduire votre empreinte carbone en 6 étapes faciles ?
Sommaire6 sections
- 011. L'avion : le seul poste qui se joue en une décision par an
- 022. Le chauffage fossile : le poste où l'on gagne en changeant une machine
- 033. La voiture : le kilométrage compte plus que la motorisation
- 044. L'assiette : la viande rouge fait le gros du travail
- 055. Le numérique et les objets : acheter moins souvent
- 066. Le gaspillage alimentaire : le geste facile qui rapporte quand même
Six étapes faciles, c'est vite dit. L'empreinte carbone moyenne d'un habitant en France tourne autour de 9 tonnes équivalent CO2 par an, et la trajectoire compatible avec l'accord de Paris se situe vers 2 tonnes. Autrement dit, il manque un facteur quatre, et aucun geste facile ne le comble à lui seul. Ce qui suit trie les six leviers habituels par ce qu'ils pèsent réellement, du plus lourd au plus symbolique. Les trois derniers ne servent pas à rien, mais si vous ne devez en tenir qu'un, tenez le premier.
1. L'avion : le seul poste qui se joue en une décision par an
Aucun autre choix ne concentre autant d'émissions dans un geste aussi court. Un week-end à Marrakech, un long-courrier pour des vacances de deux semaines, et le budget carbone de l'année est consommé. La bonne nouvelle, c'est que c'est aussi le levier le plus simple à activer : il n'y a pas d'investissement à faire, pas de travaux, pas d'habitude quotidienne à changer. Il y a une décision, une fois par an, au moment de réserver.
Un train Nantes-Marseille émet de l'ordre de cinquante fois moins qu'un vol sur le même trajet. La comparaison est brutale, mais elle est constante quelle que soit la méthode de calcul retenue.
2. Le chauffage fossile : le poste où l'on gagne en changeant une machine
Une chaudière au fioul dans une maison mal isolée émet plusieurs tonnes par an, à elle seule. Sur la presqu'île, beaucoup de pavillons des années 60 et 70 sont encore équipés, souvent avec une cuve enterrée dans le jardin. Remplacer par une pompe à chaleur divise les émissions du poste chauffage par cinq à dix, parce que le kilowattheure électrique français est très peu carboné.
Le préalable, c'est l'enveloppe. Une pompe à chaleur posée sur une passoire thermique tourne à plein régime tout l'hiver et déçoit tout le monde. Combles perdus d'abord, menuiseries ensuite, machine à la fin : c'est l'ordre que recommandent les conseillers France Rénov', et c'est le bon.
3. La voiture : le kilométrage compte plus que la motorisation
Changer de voiture pour un modèle électrique réduit les émissions à l'usage, mais la fabrication de la batterie représente une dette carbone qu'il faut plusieurs dizaines de milliers de kilomètres pour amortir. Acheter une voiture électrique neuve pour faire 6 000 km par an n'a pas grand sens sur le plan climatique. Garder sa vieille thermique et diviser son kilométrage par deux fait mieux.
Sur la Côte d'Amour, la ligne TER qui relie Le Croisic à Nantes s'arrête à Batz, Le Pouliguen, La Baule, Pornichet et Saint-Nazaire. Pour un trajet domicile-travail vers Nantes, elle remplace 130 kilomètres de voiture par jour. Beaucoup de gens ne l'essaient jamais parce que la première étape, rejoindre la gare, paraît compliquée. Un vélo laissé à l'abri sur le parking en règle souvent la moitié.
4. L'assiette : la viande rouge fait le gros du travail
Produire un kilo de bœuf émet de l'ordre de 25 à 30 kilos équivalent CO2, contre 5 à 6 pour un kilo de porc ou de volaille et moins de 2 pour la plupart des légumineuses. L'écart vient du méthane des ruminants et des surfaces mobilisées, pas du transport. C'est pour ça que remplacer deux repas de bœuf par semaine pèse plus lourd que d'acheter tout son panier en circuit court.
Le local reste utile, mais pour d'autres raisons : la fraîcheur, l'économie de la presqu'île, les maraîchers de Guérande et de Saint-Molf. Sur le carbone, il ne pèse que quelques pour cent du total alimentaire, sauf pour les produits transportés par avion, mangues et haricots hors saison en tête.
5. Le numérique et les objets : acheter moins souvent
Pour un smartphone, environ 80 % des émissions sont déjà produites quand vous ouvrez la boîte : elles viennent de l'extraction des métaux et de la fabrication. Garder l'appareil quatre ans au lieu de deux divise donc son empreinte annuelle par deux, sans rien changer à l'usage. Le raisonnement vaut pour l'ordinateur portable, la télévision et l'électroménager. Faire réparer coûte souvent moins cher qu'on ne le croit, et le bonus réparation mis en place en 2022 prend en charge une partie de la facture chez les réparateurs labellisés.
6. Le gaspillage alimentaire : le geste facile qui rapporte quand même
Un foyer français jette en moyenne près de 30 kilos de nourriture par an et par personne, dont une partie encore emballée. Ce sont des émissions déjà produites, pour rien, plus une centaine d'euros partis à la poubelle. Planifier les repas du samedi au mardi et vérifier le bac à légumes avant de faire les courses suffit à en récupérer la plus grosse part.
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