Comment ventiler intelligemment votre maison pour économiser sur le chauffage cet hiver ?
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Chaque hiver, la même erreur revient dans les logements de la Côte d'Amour : on coupe la VMC pour ne pas jeter la chaleur dehors. C'est le geste qui coûte le plus cher, parce qu'il ne fait pas économiser grand-chose et qu'il finit par gorger les murs d'humidité. L'air humide est plus long à chauffer que l'air sec, et un mur mouillé isole moins bien qu'un mur sec. Ventiler correctement n'est pas l'ennemi du chauffage, c'est une des conditions pour qu'il fonctionne à sa puissance normale. Voici comment répartir l'air neuf sans vider le radiateur.
Pourquoi le climat de la baie change le calcul
Sur le littoral entre Saint-Nazaire et Le Croisic, l'hiver n'est pas froid, il est mouillé. La température moyenne de janvier tourne autour de 7 degrés, le gel reste rare et court, mais l'air extérieur est chargé en humidité une bonne partie de la saison. Cela change complètement les priorités. Dans le Massif central, on ventile en luttant contre le froid. Ici, on ventile en luttant contre la vapeur d'eau.
Un foyer de quatre personnes rejette entre 10 et 15 litres d'eau par jour dans l'air de son logement : douches, cuisson, linge qui sèche sur le radiateur, respiration. Cette eau doit sortir. Si elle ne sort pas par les bouches d'extraction, elle sort en se condensant sur les surfaces les plus froides. De l'air à 20 degrés avec 50 % d'humidité relative commence à condenser dès qu'il touche une paroi à 9 degrés. Un angle de mur nord mal isolé, l'encadrement métallique d'une baie coulissante ou le dessous d'un appui de fenêtre descendent facilement à cette température par une nuit de février venteuse.
La VMC tourne en continu, et c'est voulu
L'arrêté du 24 mars 1982 impose un renouvellement permanent de l'air dans les logements. Permanent veut dire jour et nuit, y compris quand personne n'est là. Le dimensionnement des débits a été fait pour ce fonctionnement continu : arrêter le moteur douze heures par jour ne divise pas les pertes par deux, cela crée surtout un stock d'humidité que le système devra évacuer plus tard, moteur à plein régime.
Le calcul honnête est le suivant. Sur une maison de 100 m² correctement isolée, chauffée à 19 degrés, le renouvellement réglementaire d'air représente de l'ordre de 1 500 à 2 500 kWh de chauffage par an. C'est une somme, mais c'est une somme incompressible : il faut cet air. Ce sur quoi on peut agir, c'est le rendement avec lequel on l'introduit, pas le volume.
Entretenir plutôt que remplacer
Avant d'envisager un nouveau système, regardez l'état de celui qui est déjà là. Une VMC simple flux installée dans les années 1990 et jamais nettoyée extrait souvent moins de la moitié du débit prévu. Les bouches de cuisine se couvrent d'un film gras qui piège la poussière, celles de salle de bains s'encrassent de calcaire et de résidus de savon. Le nettoyage est à la portée de n'importe qui : on déclipse la bouche, on la trempe dans de l'eau chaude vinaigrée, on brosse, on laisse sécher, on remet. Une fois par an suffit dans une chambre, deux fois dans la cuisine.
Les entrées d'air, elles, sont dans le haut des menuiseries et personne ne les regarde jamais. Elles se bouchent avec la poussière et, en bord de mer, avec le sel. Un coup d'aspirateur puis un chiffon humide leur redonne leur section. Sans ces entrées, l'extraction tire l'air par les défauts du bâti : la trappe de comble, le vide sanitaire, la gaine électrique. C'est ainsi qu'on se retrouve avec un courant d'air glacé au niveau des plinthes alors que le plafond est à 22 degrés.
Hygroréglable, double flux : ce que ça change et ce que ça coûte
Une VMC simple flux hygroréglable module son débit en fonction du taux d'humidité de la pièce. Elle tire fort pendant la douche, presque rien dans une chambre vide en pleine journée. C'est le compromis le plus raisonnable en rénovation : compter 1 500 à 2 500 euros posée, avec un temps de retour qui se défend sur une maison chauffée à l'électrique.
La VMC double flux, elle, récupère la chaleur de l'air extrait pour préchauffer l'air entrant, avec des rendements annoncés entre 70 et 90 % sur les échangeurs récents. L'idée est bonne, l'exécution est exigeante. Il faut passer des gaines dans toute la maison, les isoler soigneusement, obtenir une étanchéité à l'air sérieuse du bâti sans quoi le calcul s'effondre, et prévoir 5 000 à 8 000 euros en rénovation. Sur un logement mal isolé, ce budget produit beaucoup plus d'effet s'il part dans les combles.
Par où commencer, dans l'ordre
L'ordre compte autant que les travaux eux-mêmes. Nettoyez d'abord bouches et entrées d'air : c'est gratuit et cela remet souvent le système au niveau prévu. Achetez ensuite un hygromètre, il en existe à moins de quinze euros, et posez-le dans la pièce qui vous inquiète. En dessous de 40 % d'humidité relative, vous ventilez trop et vous aurez la gorge sèche. Au-dessus de 60 %, l'air stagne et les acariens s'installent. Entre les deux, laissez le système tranquille.
Si l'aiguille reste haute malgré une VMC propre, le problème n'est presque jamais la ventilation. Cherchez du côté du linge séché à l'intérieur, d'une hotte recyclage qui ne sort rien, ou d'une remontée d'humidité par un vide sanitaire mal ventilé, fréquente dans les maisons de bord de mer construites sur sable. Traiter la cause coûte moins cher que de surdimensionner l'extraction pour compenser.
Reste la question de fond : est-ce que bien ventiler fait vraiment baisser la facture ? Modérément, et pas directement. Un air maintenu autour de 45 % d'humidité se chauffe plus vite qu'un air saturé, on ressent le confort à une température de consigne inférieure d'un ou deux degrés, et chaque degré en moins pèse environ 7 % sur la consommation de chauffage. L'économie est là, dans ce degré gagné. Elle ne viendra jamais de l'arrêt du moteur.
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