Concertation Cruciale à Pornichet-La Baule

Sommaire7 sections
  1. 01Un remblai, deux communes, deux calendriers
  2. 02La place des Océanes, le vrai sujet de la concertation
  3. 03Ce qu'une réunion publique change, et ce qu'elle ne change pas
  4. 04Le littoral, une contrainte qui n'est pas négociable
  5. 05Les ports, un chantier à ne pas confondre
  6. 06Comment participer sans y perdre sa soirée
  7. 07Le vrai enjeu des dix prochaines années

Quand une collectivité lance une concertation sur un projet démarré cinq ans plus tôt, la première question à poser n'est pas « quels sont les enjeux », mais « qu'est-ce qui reste réellement modifiable ». Sur la requalification du front de mer de Pornichet et de La Baule, engagée en 2019, la réponse varie beaucoup selon le tronçon dont on parle. Sur certains, le dessin est arrêté et la concertation porte sur du mobilier. Sur d'autres, notamment la place des Océanes, il y a encore de la marge. Autant savoir dans quel cas on se trouve avant de prendre une soirée pour aller s'exprimer.

Un remblai, deux communes, deux calendriers

Le remblai qui longe la baie n'appartient pas à une seule commune. Il traverse Pornichet, La Baule et Le Pouliguen, avec des largeurs, des niveaux et des usages qui changent tous les cinq cents mètres. L'idée de 2019 était d'arrêter les aménagements en ordre dispersé et de tenir une ligne commune sur l'ensemble du linéaire : mêmes matériaux au sol, même famille de mobilier, même traitement de la limite entre le sable et la promenade.

Sur le principe, personne ne conteste. Dans la mise en oeuvre, l'écart de calendrier entre les deux communes crée un problème concret : cinq ans séparent la fin annoncée du volet pornichétin de celle du volet baulois. Pendant cette période, les habitants circuleront sur une promenade traitée d'un côté et pas de l'autre. C'est une conséquence acceptée, rarement expliquée en réunion.

La place des Océanes, le vrai sujet de la concertation

La place des Océanes concentre les usages qui posent problème : stationnement, terrasses, accès à la plage, passage des vélos, et le trafic de l'axe littoral juste derrière. C'est le point où les arbitrages font mal, parce que chaque mètre carré rendu au piéton est un mètre carré retiré à la voiture ou aux places de livraison des commerces.

Une concertation utile sur ce point devrait afficher un chiffre simple : combien de places de stationnement avant, combien après. C'est la donnée que les riverains et les commerçants demandent en premier, et c'est souvent celle qui arrive en dernier dans les documents présentés.

Ce qu'une réunion publique change, et ce qu'elle ne change pas

Une réunion en salle, le soir, avec des panneaux et un micro, remonte trois types de choses : les usages que le concepteur n'avait pas vus (un accès pompiers, un cheminement scolaire, une zone de vent), les préférences esthétiques, et les colères de fond sur le stationnement ou les nuisances estivales. Le premier type est le plus précieux et le moins spectaculaire. C'est celui qui fait bouger un plan.

Ce qu'une réunion ne change pas : le périmètre du projet, son enveloppe budgétaire et son calendrier de marchés publics. Quand un marché de travaux est notifié, le dessin est figé. Dire le contraire aux participants, c'est préparer la déception de la phase suivante. Sur ce point, la formulation retenue par les collectivités reste souvent trop large.

Le littoral, une contrainte qui n'est pas négociable

Le trait de côte bouge. La dune et le sentier du littoral subissent l'érosion, les tempêtes d'hiver et la fréquentation estivale, et les règles applicables au bord de mer encadrent strictement ce qu'on peut y construire. Un projet de promenade doit se caler sur ces contraintes avant de discuter du choix des bancs.

La question du sentier revient régulièrement dans le débat local, en particulier là où l'ouvrage frotte contre des propriétés privées ou des secteurs fragilisés. Nous avons détaillé les menaces qui pèsent sur cette portion dans un article consacré à l'avenir du sentier du littoral de Pornichet, et le sujet reste ouvert.

Les ports, un chantier à ne pas confondre

Les 40 millions d'euros annoncés pour le port en eaux profondes et le Vieux port relèvent d'une autre opération, avec d'autres financeurs et un autre calendrier. Elle a connu des versions abandonnées avant d'aboutir à la configuration actuelle, ce qui explique la prudence d'une partie des habitants quand un nouveau plan est présenté.

Confondre les deux dossiers fausse le débat : on reproche au projet de remblai un budget qui n'est pas le sien, ou on attend d'une réunion sur la promenade des réponses sur les anneaux de plaisance. Le réaménagement du front de mer a sa propre histoire, que nous avions retracée dans notre présentation du projet de front de mer pornichétin.

Comment participer sans y perdre sa soirée

Trois réflexes rendent une participation efficace. Arriver avec un usage précis à défendre, situé et daté : « le passage entre la rue X et la plage est impraticable en poussette à marée haute » vaut mille fois mieux qu'un avis général sur la beauté du projet. Demander le document de synthèse et sa date. Vérifier ensuite, dans le compte rendu publié, ce qui a été retenu.

Les registres écrits, en mairie ou en ligne, comptent autant que la prise de parole. Une contribution écrite laisse une trace dans le dossier, ce que ne fait pas toujours une intervention au micro un soir de mars.

Le vrai enjeu des dix prochaines années

Sur le fond, la question posée à Pornichet et à La Baule dépasse le dessin d'une promenade. Elle porte sur la place laissée à la voiture au bord de l'eau, sur l'usage d'un front de mer huit mois par an quand les résidences secondaires sont vides, et sur la manière dont ces communes encaisseront la hausse du niveau marin et l'intensification des tempêtes. Une promenade refaite en 2025 devra tenir jusqu'en 2060. C'est à cette échelle que se juge le projet, bien plus qu'au choix du revêtement.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour