Comment sauver le sentier du littoral de Pornichet de la destruction imminente ?

Sommaire4 sections
  1. 01Le vrai adversaire s'appelle recul du trait de côte
  2. 02Bois exotique, ganivelles, remblai : les arbitrages coûtent cher
  3. 03Ce qu'un habitant peut réellement peser
  4. 04Où en est le dossier

Le mot est dans le titre, autant le traiter tout de suite : il n'y a pas de destruction imminente du sentier du littoral de Pornichet. Il y a une bande de terre de quelques mètres, coincée entre l'océan et des propriétés privées, qui recule là où la mer tape et qui se répare par tronçons, quand le budget de l'année le permet. C'est moins spectaculaire qu'un effondrement, et plus difficile à traiter : personne ne se mobilise pour un platelage de trente mètres.

Le vrai adversaire s'appelle recul du trait de côte

Sur la façade atlantique, l'érosion travaille par à-coups. Un coefficient de marée élevé, une dépression, un vent de secteur ouest qui pousse la houle au bon moment, et le pied de dune perd d'un coup ce qu'il n'avait pas perdu en cinq ans. Entre le Pouliguen et Saint-Marc, les secteurs sensibles sont connus, cartographiés, suivis. Le sentier, lui, passe exactement là où le phénomène se mesure le mieux.

S'ajoute le piétinement. Quand un promeneur coupe par la dune pour éviter une flaque, il ouvre une saignée que le suivant élargit. L'oyat disparaît, le vent fait le reste. Les ganivelles ne sont pas de la décoration.

Bois exotique, ganivelles, remblai : les arbitrages coûtent cher

Refaire un platelage n'a rien d'anodin. Le pin traité tient quelques années face aux embruns, le bois dense tient plus longtemps mais fait grimper la facture au mètre linéaire et pose une question d'approvisionnement. Déplacer le tracé vers l'intérieur suppose du foncier, donc des négociations. Ne rien faire revient à fermer le passage.

Ce qu'un habitant peut réellement peser

Les nettoyages de plage font du bien au moral et ramassent du plastique, ce qui est utile. Ils ne changent rien à l'érosion. Ce qui compte davantage tient en trois gestes sans gloire : rester sur le tracé balisé même quand il est boueux, tenir son chien quand la signalisation le demande en période de nidification, et signaler à la mairie une rambarde descellée avant qu'elle ne devienne un accident.

Où en est le dossier

Au printemps 2024, la préservation du sentier revenait dans le débat local avec les mêmes termes qu'aux hivers précédents : entretien courant, sécurisation de quelques passages, et un budget qui arbitre entre plusieurs portions. Rien n'était bouclé, et il serait malhonnête d'annoncer ici un plan de sauvetage qui n'existe pas.

Source: www.ouest-france.fr

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