Connaissez-vous l'astuce ultime pour rester au frais lors des vagues de chaleur ?

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Sommaire5 sections
  1. 01Au bord de la mer, c'est la nuit qui fait mal
  2. 02La maison : tout se joue entre 8 heures et 10 heures
  3. 03Le ventilateur, utile jusqu'à un certain seuil
  4. 04Le corps : boire, oui, mais pas n'importe comment
  5. 05Le réflexe collectif qu'on oublie

Il n'y a pas d'astuce ultime, et prétendre le contraire serait vous faire perdre du temps. Il y a en revanche un geste qui pèse dix fois plus que tous les autres réunis, et il se joue le matin, pas l'après-midi : fermer les volets avant que le soleil tape sur la façade, puis ne plus rien ouvrir jusqu'au soir. Le reste, brumisateur, ventilateur, salade de concombre, sert d'accompagnement. Sur la côte, cette règle prend même une forme particulière, parce qu'ici le problème n'est presque jamais la température de l'après-midi.

Au bord de la mer, c'est la nuit qui fait mal

Pornichet, La Baule et Saint-Nazaire vivent sous brise de mer. Vers midi, l'air venu du large casse la pointe de chaleur et on gagne facilement trois à cinq degrés sur les terres, du côté de Blain ou de Nozay. Résultat : l'après-midi reste supportable et beaucoup de monde conclut que la canicule épargne le littoral.

C'est faux, mais autrement. La mer, qui a mis tout l'été à se réchauffer, restitue sa chaleur la nuit et retient l'humidité. La température ne redescend plus assez : on passe des nuits à 21 ou 22 degrés avec 80 % d'humidité, ce que les météorologues appellent une nuit tropicale. Or c'est précisément la nuit que le corps récupère. Trois nuits d'affilée sans descendre sous 20 degrés font plus de dégâts qu'un après-midi à 36.

La maison : tout se joue entre 8 heures et 10 heures

Une maison est une boîte à inertie. Une fois que les murs ont chauffé, plus rien ne les refroidit avant deux ou trois jours. La seule fenêtre d'action utile se situe donc le matin, avant que le soleil ne frappe. Concrètement : ouvrir grand entre 5 et 8 heures pour balayer l'air de la nuit, puis fermer fenêtres, volets et rideaux vers 9 heures, et laisser la maison dans le noir jusqu'à 21 heures.

Fermer les volets à 15 heures parce qu'on a trop chaud ne sert plus à grand-chose : la chaleur est déjà entrée. C'est l'erreur la plus répandue, et la plus facile à corriger.

Trois cas locaux méritent une attention particulière. Les combles aménagés, très nombreux dans les maisons de bord de mer agrandies dans les années 1980, où l'on gagne parfois cinq degrés sur le reste du logement : on y dort mal, autant descendre au rez-de-chaussée pendant l'épisode. Les meublés de tourisme, souvent équipés de simples rideaux et de baies vitrées plein sud, sans volets. Et les appartements traversants des immeubles du front de mer, qui se rafraîchissent très bien en ouvrant deux fenêtres opposées la nuit, à condition d'accepter le courant d'air.

Le ventilateur, utile jusqu'à un certain seuil

Un ventilateur ne refroidit pas l'air, il accélère l'évaporation de la sueur. Tant que l'air ambiant reste sous la température de la peau, autour de 35 degrés, il rafraîchit réellement. Au-delà, il brasse de l'air chaud sur un corps déshydraté et il aggrave la situation, surtout chez une personne âgée qui transpire peu. Le brancher devant une bassine d'eau froide ou une bouteille congelée gagne un ou deux degrés ressentis sur une petite pièce, pas davantage.

La climatisation mobile, elle, mérite un mot franc. Un modèle monobloc avec sa gaine passée par la fenêtre entrouverte aspire l'air chaud de l'extérieur au fur et à mesure qu'il refroidit la pièce. Le rendement est mauvais, la consommation élevée, le bruit fatigant. Sur trois jours de canicule, ça dépanne. Comme équipement, ça ne vaut pas son prix.

Le corps : boire, oui, mais pas n'importe comment

La règle générale tient en trois lignes. Boire régulièrement sans attendre la soif, entre un litre et demi et deux litres par jour, davantage en cas d'effort. Éviter l'alcool et limiter le café. Se mouiller la peau plusieurs fois par jour, avant-bras, nuque et visage, sans se sécher : c'est l'évaporation qui rafraîchit, pas l'eau elle-même. Une douche tiède fait mieux qu'une douche glacée, laquelle déclenche une vasoconstriction et fait remonter la température du corps ensuite.

Attention à un travers estival local : on va se baigner à Sainte-Marguerite ou sur la Grande Plage, on ressort frais et on croit avoir réglé la question. L'eau à 20 degrés rafraîchit une demi-heure, et l'exposition au soleil sur le sable, entre midi et 16 heures, annule largement le bénéfice. Le bain est agréable ; ce n'est pas un traitement.

Le réflexe collectif qu'on oublie

Depuis la loi du 30 juin 2004, chaque commune tient un registre des personnes âgées, isolées ou handicapées qui souhaitent être contactées en cas de déclenchement du plan canicule. L'inscription est volontaire, gratuite, et se fait au centre communal d'action sociale de sa mairie ou par téléphone, y compris par un voisin ou un proche avec l'accord de l'intéressé. Ça prend cinq minutes hors saison, et personne n'y pense en pleine alerte orange.

Reste la question de fond, celle que les listes de conseils évitent : sur le littoral atlantique, les logements ont été construits pour se protéger du vent et de la pluie, pas de la chaleur. Combles convertis, grandes baies vitrées, murs fins des extensions des années 1970. L'isolation par le toit et un store extérieur côté ouest changent davantage la vie que dix étés de bonnes pratiques. Ça coûte de l'argent, ça se prépare en hiver, et c'est la seule réponse durable.

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