Cyberattaque : les villes de Pornichet, Saint-Nazaire et de l'agglomération touchées - Détails et informations

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Sommaire3 sections
  1. 01Le retour du papier, du jour au lendemain
  2. 02Une cellule de crise réunie à midi, le lendemain
  3. 03Ce qu'on ne savait pas encore

Dans la nuit du 9 au 10 avril 2024, les serveurs mutualisés de l'agglomération nazairienne se sont arrêtés. Pour un habitant de Pornichet ou de Montoir-de-Bretagne, la question n'était pas de savoir qui avait attaqué, mais si son rendez-vous de la semaine tenait toujours et s'il pouvait encore récupérer un acte de naissance. Voici ce qui a réellement changé au guichet, service par service.

Le retour du papier, du jour au lendemain

Registres et dossiers papier empilés sur un comptoir de mairie

Messagerie coupée, téléphonie coupée, logiciels métiers inaccessibles. Les agents sont arrivés le mercredi matin devant des postes qui ne servaient plus à rien. L'état civil a continué de fonctionner, parce que la loi impose de tenir des registres papier signés à la main, mais tout ce qui suppose une base de données a calé : consultation d'un dossier ancien, édition d'une copie intégrale, transmission à une autre commune.

Concrètement, un habitant de Pornichet venu chercher une copie d'acte a pu repartir avec, à condition que l'acte figure dans un registre récent, sur place. Une demande portant sur un acte de 1960, ou déposée depuis une autre commune, est restée en attente.

Le reste du quotidien municipal a suivi. Réservations de salles, inscriptions périscolaires, suivi des demandes d'urbanisme, prises de rendez-vous : tout est reparti sur cahier et sur des listes imprimées avant l'attaque, quand elles existaient. Les agents ont retrouvé un métier que les plus jeunes n'avaient jamais pratiqué.

Une cellule de crise réunie à midi, le lendemain

Réunion de travail autour d'une table avec ordinateurs éteints

La cellule de crise s'est réunie pour la première fois le mercredi 10 avril à la mi-journée, à l'hôtel de ville de Saint-Nazaire. Sa première tâche n'est pas de réparer : c'est de mesurer, de couper ce qui doit l'être et d'éviter que l'attaque se propage aux sauvegardes. Les équipes informatiques ont travaillé avec des experts extérieurs en cybersécurité, sur un calendrier annoncé en jours, voire en semaines.

La Sonadev, société d'aménagement de l'agglomération, et l'ADDRN, l'agence de développement de la région nazairienne, ont subi les mêmes coupures. Elles ne sont pas des services municipaux, mais elles partagent des réseaux avec eux. C'est la contrepartie de la mutualisation : on divise les coûts et on additionne les vulnérabilités.

Ce qu'on ne savait pas encore

Baie de serveurs dans un local technique faiblement éclairé

À ce stade, ni la nature exacte de l'attaque, ni l'identité de ses auteurs, ni l'existence d'une demande de rançon n'étaient établies publiquement. La question qui intéressait le plus les habitants, celle de savoir si des données personnelles avaient été copiées, restait sans réponse. C'est normal : la réponse suppose une analyse des journaux serveur qui prend des semaines, et elle arrive presque toujours après le rétablissement des services.

Un conseil pratique en attendant, valable pour n'importe quel administré : si vous aviez déposé un dossier d'urbanisme ou une demande d'aide dans les semaines précédentes, gardez votre exemplaire papier. Dans ce type d'incident, ce sont les dossiers en cours qui souffrent le plus.

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