Décès de Jean-Claude Empereur, ancien édile de Pornichet
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Jean-Claude Empereur est mort le 9 février 2025, à 86 ans. Il avait dirigé Pornichet de 1984 à 1995, deux mandats qui couvrent la période où la commune a cessé d'être seulement une station d'été pour devenir une ville habitée toute l'année. C'est cette bascule-là qu'il faut regarder pour comprendre ce que représente sa disparition. Le reste, les formules d'usage sur l'homme de conviction et le serviteur de la commune, on les lira partout ailleurs sans qu'elles apprennent grand-chose.
Onze années à la tête de la commune, de 1984 à 1995
Onze ans, c'est long dans une vie municipale. Assez pour voir un projet naître en commission, se heurter à un recours, revenir modifié, puis sortir de terre. Jean-Claude Empereur a occupé le fauteuil de maire pendant onze années, à une époque où le littoral de la Côte d'Amour changeait vite et où les décisions d'urbanisme prises alors dessinent encore le Pornichet d'aujourd'hui.
La période n'a rien d'anodin. La loi Littoral date de janvier 1986, soit deux ans après son arrivée. Elle a redistribué les cartes pour toutes les communes de bord de mer : bande des cent mètres, extension de l'urbanisation en continuité des agglomérations, protection des espaces remarquables. Un maire de Pornichet en fonction en 1986 a nécessairement eu à en tirer les conséquences, arbitrage après arbitrage, sur des terrains que chacun voit encore en se promenant.
Ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas
Autant l'écrire franchement : le détail de son action municipale n'est pas consigné dans un document facilement accessible. Les hommages publiés à sa mort parlent d'engagement et de modernisation, ce qui est le vocabulaire commun de tous les hommages. Reconstituer un bilan supposerait de rouvrir les délibérations du conseil municipal entre 1984 et 1995, les budgets successifs et les permis délivrés.
Ce travail-là n'a pas été fait, et prétendre le contraire serait malhonnête envers un homme qui a occupé la fonction assez longtemps pour mériter mieux qu'une notice interchangeable. Ceux qui l'ont côtoyé en réunion de quartier, en commission ou de l'autre côté de la table en gardent une idée bien plus précise que n'importe quel article rédigé après coup.
Des obsèques à Nantes, et non à Pornichet
La cérémonie religieuse s'est tenue le 14 février 2025 à 10 h 30 à l'église Notre-Dame-de-Bon-Port, place Anatole-France, à Nantes. Le détail a surpris quelques Pornichétins, qui s'attendaient à Sainte-Marguerite ou à l'église Notre-Dame-de-la-Paix, en centre-ville.
Il n'y a rien à en déduire sur son attachement à la commune. Les obsèques suivent le lieu de vie des dernières années et les souhaits de la famille, pas la carte des mandats exercés. Nantes est à cinquante minutes de route par la RN171, un peu plus d'une heure de train depuis la gare de Pornichet avec le changement à Saint-Nazaire. La distance n'a donc empêché personne de faire le déplacement, un vendredi matin de février.
Pourquoi les anciens maires disparaissent de la mémoire locale
Demandez à un Pornichétin de trente ans qui dirigeait la ville quand il est né. Il séchera, sauf s'il a grandi dans une famille où l'on parlait politique municipale au dîner. Ce n'est pas de l'ingratitude, c'est mécanique : le nom d'un maire ne reste attaché à rien de visible. Pas de plaque, pas de rue, pas de bâtiment portant son nom de son vivant.
Un maire de commune littorale n'inaugure pas des gratte-ciel, il tranche des dossiers dont l'effet met quinze ans à se voir. Ce qui reste, ce sont des décisions dont plus personne n'identifie l'auteur : le tracé d'une voie, la préservation d'une dune, l'emplacement d'un équipement sportif, le refus d'un programme immobilier. Un mandat municipal se juge vingt ans après, et jamais par ceux qui l'ont vécu.
Où lire les hommages publiés
Plusieurs comptes rendus ont paru au lendemain de l'annonce. Nos confrères de Kernews ont retracé la carrière municipale de l'ancien élu, et nous étions revenus sur son parcours dans notre hommage à Jean-Claude Empereur.
Deux lectures qui se complètent sans se contredire, et qui laissent la même impression : celle d'un homme dont on parle avec respect, et dont l'œuvre municipale attend encore d'être racontée pour de bon.
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