Rendons hommage à Jean-Claude EMPEREUR, ancien Maire emblématique de Pornichet

découvrez la vie et l'héritage de jean-claude empereur, l'ancien maire emblématique de pornichet, qui a marqué sa ville par son engagement, sa vision et son attachement à la communauté. rendons-lui hommage et plongeons dans son parcours inspirant.
Sommaire5 sections
  1. 01Le port d'échouage, trente ans plus tard
  2. 02Le complexe sportif Aubry, l'équipement qui travaille toute l'année
  3. 03Les espaces verts, un héritage en creux
  4. 04« Emblématique » : un mot qui ne veut rien dire
  5. 05À quoi ressemblerait un hommage utile

Rendre hommage à un ancien maire, en février 2025, cela s'est traduit à Pornichet par un drapeau en berne devant la mairie et par une série de textes qui répètent le mot « emblématique ». Le mot ne dit rien. On a donc essayé de faire l'inverse : sortir, regarder ce que Jean-Claude Empereur a laissé de tangible dans la commune, et vérifier si trente ans plus tard ça tient debout. La réponse est plus intéressante que le communiqué.

Le front de mer de Pornichet, ville dirigée par Jean-Claude Empereur de 1984 à 1995

Le port d'échouage, trente ans plus tard

À marée basse, les bateaux du port d'échouage se posent sur le fond. C'est un port modeste, sans les pontons flottants ni les portes d'écluse d'un bassin à flot, et c'est ce qui a permis de le moderniser sans endetter la commune pour vingt ans. Aujourd'hui il sert toujours, aux mêmes usages, avec les mêmes contraintes de marée.

Il faut avoir vu le bassin vide un matin de vives eaux pour comprendre le principe : les coques posées de travers sur le sable, les amarres détendues, et six heures plus tard tout le monde à flot. Ce fonctionnement impose une discipline aux plaisanciers, qui doivent caler leurs sorties sur les horaires de marée. En échange, la commune s'épargne les dragages permanents et l'entretien d'ouvrages mécaniques qui plombent les budgets portuaires ailleurs sur la côte.

On peut trouver ça peu ambitieux. On peut aussi comparer avec ce qu'ont fait d'autres communes de la côte à la même époque, qui ont lancé des équipements portuaires surdimensionnés et qui remboursent encore. Sur ce point, le calcul de la municipalité de l'époque tient.

Le complexe sportif Aubry, l'équipement qui travaille toute l'année

L'agrandissement du complexe Aubry appartient à la même famille de décisions. Une station balnéaire subit une contrainte que les villes de l'intérieur ne connaissent pas : sa population change de nature quatre fois par an. Un investissement de front de mer rentabilisé sur dix semaines d'août n'aide en rien les licenciés des clubs de la commune le reste de l'année.

Cette contrainte saisonnière est le vrai casse-tête d'un maire de bord de mer. Il gère des équipements dimensionnés pour un pic estival, financés par des habitants permanents nettement moins nombreux, avec une fiscalité qui ne suit pas la même courbe. Chaque euro placé dans un équipement utilisable hors saison est un euro qui travaille quatre fois plus.

Le complexe sert aux scolaires en semaine, aux clubs le soir et le week-end. Rien de photogénique là-dedans. C'est pourtant l'endroit de la commune où le plus grand nombre d'habitants passe chaque semaine.

Les espaces verts, un héritage en creux

Le dernier volet du bilan ne se photographie pas. Protéger des espaces verts, en zone littorale sous pression foncière, revient à empêcher des constructions. Le résultat est une absence : une parcelle boisée toujours boisée, un lotissement jamais sorti de terre. Personne ne coupe de ruban pour ça et aucun panneau ne l'indique.

C'est pourtant la partie du bilan qui aurait été la plus coûteuse à défaire. Un gymnase se démolit, un terrain constructible ne redevient jamais un bois.

« Emblématique » : un mot qui ne veut rien dire

Revenons au vocabulaire des hommages. « Emblématique », « visionnaire », « empreinte indélébile » : ces mots servent à combler l'espace quand on n'a pas de fait sous la main. Ils sont interchangeables, on les colle sur n'importe quel élu qui vient de mourir, et ils s'annulent entre eux à force d'être répétés.

Un maire se juge sur trois questions simples. Qu'est-ce qui a été construit ? Est-ce que ça sert encore ? Est-ce que la commune a fini de le payer ? Sur ces trois questions, Jean-Claude Empereur s'en sort bien, et c'est nettement plus élogieux que « emblématique ».

À quoi ressemblerait un hommage utile

Pour se souvenir d'un mandat municipal, les communiqués servent peu. Les vrais documents sont les délibérations du conseil municipal, consultables aux archives, où l'on voit les votes, les oppositions et les projets abandonnés. Une commune qui numériserait ses délibérations de 1984 à 1995 rendrait à son ancien maire un hommage plus solide qu'une plaque.

En attendant, il reste le port à marée basse, le gymnase un mercredi après-midi, et des arbres que personne ne remarque. Pour un élu parti depuis trente ans, c'est déjà beaucoup.

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