Découvrez la magie du cinéma japonais : une semaine de projections exclusives à Pornichet
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« Projections exclusives » : dans le vocabulaire de l'exploitation cinématographique, ça veut dire une chose précise, et souvent moins spectaculaire qu'annoncé. Une avant-première, c'est une séance programmée avant la date de sortie nationale, avec l'accord du distributeur. Pour la semaine de films japonais des Saisons Hanabi, répartie entre la salle du Pouliguen et celle de Pornichet, l'intérêt n'était donc pas la rareté des films : c'était de les voir sur la Côte d'Amour plutôt qu'à Nantes, et souvent avec quelqu'un dans la salle pour en parler après.
Pourquoi sept films et pas vingt
Une salle de la taille de celles du littoral tourne avec un ou deux écrans. Chaque séance occupée par un film japonais sous-titré est une séance qui n'est pas donnée à la comédie française du moment, qui elle remplit. Sept titres sur une semaine représente déjà un pari commercial sérieux pour un exploitant indépendant, et ça explique la construction du programme : un film grand public en ouverture, deux ou trois titres d'auteur, une animation pour les familles, et une séance à thème pour attirer un public qui ne vient pas d'habitude.
Le choix des titres ne se fait pas librement non plus. Un exploitant prend ce que les distributeurs français du cinéma japonais proposent à cette période, et le catalogue disponible en avant-première un mois donné se compte en une poignée de films. Le détail des séances et des horaires de cette semaine avait été publié dans la presse locale, sur ce lien.
« Le jardin zen » et l'initiation à la méditation : ce que vaut vraiment ce type de séance
La projection du « Jardin zen » était accompagnée d'une initiation à la méditation. Ce genre de dispositif divise, et pas seulement chez les grincheux. D'un côté, une salle de cinéma n'est pas un dojo, et vingt minutes d'assise guidée avant un film ne remplacent aucune pratique. De l'autre, ces séances remplissent une fonction utile : elles font entrer dans une salle d'art et essai des gens qui n'y mettent jamais les pieds, et qui reviennent parfois pour un film sans animation.
Mon avis, après avoir vu plusieurs formules de ce type sur le littoral : la séance vaut surtout par la personne qui l'anime. Un intervenant qui connaît le film et sait relier une image à une pratique concrète tient la salle. Un discours général sur « les philosophies orientales » plaqué sur n'importe quel long-métrage ennuie tout le monde au bout de dix minutes.
Deux salles, deux communes, un seul programme
Le partage entre Le Pouliguen et Pornichet n'a rien d'anecdotique pour le spectateur. Les deux villes sont séparées par La Baule, soit une dizaine de kilomètres et une vingtaine de minutes en voiture hors saison, davantage si l'on suit le front de mer. En novembre, la ligne de bus qui dessert le littoral se raréfie en soirée, et la dernière séance se termine souvent après le dernier passage.
La conséquence est simple : sur une semaine à sept films répartis sur deux sites, un spectateur sans voiture en voit deux ou trois, pas sept. Ceux qui veulent tout suivre s'organisent en covoiturage, ce que les deux salles encouragent d'ailleurs sur leurs réseaux. Le programme de la soirée japonaise, avec repas et projection, était détaillé sur ce site.
Un cinéma Art et Essai de 170 places, annoncé pour fin 2022
À l'époque de cette semaine japonaise, Pornichet attendait l'ouverture d'un équipement de 170 fauteuils classé Art et Essai. Le calendrier annoncé alors visait la fin de l'année 2022. Un tel format change beaucoup de choses pour ce type de programmation : une salle de cette jauge peut tenir un film sous-titré trois ou quatre jours sans se mettre en danger, là où une salle unique doit le sortir de l'affiche au bout de deux séances si le public ne suit pas.
Le classement Art et Essai n'est pas qu'une étiquette. Il ouvre droit à un soutien du Centre national du cinéma, calculé sur la part de films recommandés dans la programmation, et c'est souvent ce soutien qui rend possible une semaine consacrée au cinéma japonais dans une commune de la taille de Pornichet.
Sous-titres, doublage et niveau d'exigence
La quasi-totalité des films japonais présentés en avant-première le sont en version originale sous-titrée. C'est le principal frein pour une partie du public local, en particulier les spectateurs âgés qui lisent mal les sous-titres clairs sur fond clair. Les salles qui obtiennent une copie doublée pour l'animation familiale le signalent en général explicitement dans leur programme, et il vaut mieux vérifier avant de réserver pour un enfant de six ans.
Sur le fond, le cinéma japonais contemporain distribué en France couvre un spectre large, de l'animation de studio aux drames familiaux et aux films de genre. Réduire l'ensemble à « la poésie japonaise » ne rend service à personne : les sept titres d'une semaine comme celle-là n'ont souvent en commun que leur pays de production. Pour qui veut aller plus loin sur la façon dont ces œuvres travaillent la mémoire et l'identité, une thèse universitaire soutenue en 2024 est en accès libre sur ce lien.
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