Découvrez les 4 finalistes du Prix Ados !
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Quatre titres, un vote, et environ six mois pour lire : la sélection finale du Prix Ados 2024-2025 a été dévoilée fin octobre 2024, avec « Battlestar Botanica » d'Hélène Lenoir, « La Cabane » de Ludovic Lecomte, « Le souffle du puma » de Laurine Roux et « Madelaine avant l'aube » de Sandrine Collette. Avant de recopier les résumés qui circulent, un conseil : ne vous fiez pas aux quatrièmes de couverture reformulées en ligne, elles sont approximatives et parfois fausses. Le seul tri qui vaut, pour un lecteur de 13 ou 16 ans, c'est dix pages debout entre deux rayons.
Une sélection qui ne vise pas le même âge d'un titre à l'autre
C'est le point que les présentations officielles passent sous silence, et c'est celui qui compte le plus quand on doit conseiller un livre à un ado précis. Les quatre romans ne s'adressent pas au même lecteur, et l'écart d'âge tient plus au niveau de lecture qu'au sujet. Certains relèvent de la littérature jeunesse assumée, avec un rythme rapide et des personnages du même âge que le lecteur. D'autres viennent du catalogue de littérature générale : phrases plus longues, narration adulte, sujets qui ne font aucune concession.
« Madelaine avant l'aube » appartient clairement à cette seconde famille. C'est un roman de la rentrée littéraire 2024 de Sandrine Collette, écrit pour des lecteurs adultes et proposé ici à des adolescents. Le pari est défendable, il a même souvent été gagnant dans ce genre de prix, mais il faut le dire à l'avance : ce n'est pas un livre qu'on lit distraitement dans le bus.
À l'inverse, « La Cabane » de Ludovic Lecomte est un texte plus court et plus abordable, du genre qu'on finit en deux soirées. Pour un lecteur qui n'a pas terminé un roman depuis un an, c'est par là qu'il faut commencer. L'ordre de lecture n'est pas neutre : entamer la sélection par le titre le plus exigeant, c'est la meilleure façon de l'abandonner en janvier.
Pourquoi les résumés en ligne ne servent à rien
Cherchez « Battlestar Botanica » sur un moteur de recherche et vous tomberez sur une demi-douzaine de textes qui racontent la même histoire avec des mots différents, tous construits sur le titre plutôt que sur le livre. Une forêt mystérieuse, des énigmes, un message écologique : ce sont des ingrédients devinés, pas lus. Le phénomène touche l'ensemble des sélections de prix littéraires jeunesse depuis deux ou trois ans, et il rend le travail des documentalistes plus compliqué qu'avant.
La parade est simple et elle n'a pas changé depuis trente ans. On ouvre le livre, on lit la première page et une page prise au hasard vers le milieu. Si les deux passent, le livre passe. Si la première phrase demande un effort de déchiffrage, on le repose sans culpabilité et on y reviendra à seize ans.
Où trouver les quatre titres autour de Pornichet
Les médiathèques qui participent au prix achètent plusieurs exemplaires de chaque titre de la sélection, précisément parce qu'ils sont demandés en même temps par des dizaines de lecteurs. C'est l'un des rares moments de l'année où un livre récent est disponible en plusieurs exemplaires sur une étagère de bibliothèque publique.
Le réseau de lecture publique de la Côte d'Amour fait circuler les exemplaires entre communes : on réserve un titre disponible ailleurs et on le retire sur place. Pour une famille, cela évite l'achat des quatre romans, soit une cinquantaine d'euros en grand format. Les professeurs documentalistes des collèges du secteur constituent l'autre point d'entrée, souvent le plus efficace, puisqu'ils suivent le prix d'année en année.
Le vote, et ce qu'il vaut
Le classement final d'un prix comme celui-ci ne dit pas grand-chose de la qualité des textes. Il dit lequel des quatre a été lu jusqu'au bout par le plus grand nombre, ce qui n'est pas la même chose et reste une information intéressante en soi. Un roman qui perd le vote parce qu'il est difficile n'est pas un mauvais roman : c'est souvent celui dont deux ou trois lecteurs se souviendront encore dans dix ans.
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