Découvrez les incroyables créatures de bois de Cyrille Briand exposées à la Chapelle Sainte-Marguerite de Pornichet : Art ou magie ?
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Art ou magie ? Ni l'un ni l'autre, au sens où le titre l'entend. Ce qu'on voit à la chapelle Sainte-Marguerite, ce sont des blocs de bois attaqués à la gouge, séchés pendant des mois, poncés, huilés, et qui finissent par ressembler à des bêtes. La part de mystère tient à la lumière du lieu et à notre habitude de chercher un visage dans une forme. Autant regarder cette exposition de Cyrille Briand pour ce qu'elle est : du travail de sculpteur montré dans une chapelle de quartier, en juin 2024, à quelques centaines de mètres de la plage.
Une chapelle de quartier qui sert de salle d'exposition
Sainte-Marguerite est le quartier de l'ouest de Pornichet, celui des villas balnéaires de la fin du XIXe siècle, coincé entre la voie ferrée et le sable. Sa chapelle est petite, et c'est ce qui la rend intéressante pour de la sculpture : on tourne autour des pièces au lieu de défiler devant, et le recul court laisse voir le grain du bois.
La lumière y arrive par les ouvertures latérales, presque rasante à certaines heures. Sur une surface travaillée à la gouge, cet éclairage fait ressortir chaque coup d'outil ; le même objet sous des néons perd la moitié de son relief. Le lieu fait une partie du travail, et l'artiste qui accepte d'y exposer le sait.
Ce que le bois impose à celui qui le sculpte
Un bloc de bois n'obéit pas comme la terre. Il a un fil, des nœuds, un sens de fente, et il continue de bouger après avoir été taillé. Une pièce sortie d'un tronc encore humide se fissurera en séchant, généralement au niveau du cœur, et le sculpteur travaille avec cette contrainte plutôt que contre elle : certains évident l'intérieur pour limiter les tensions, d'autres assument la fente comme un trait de la bête.
Les essences ne réagissent pas pareil. Le tilleul est tendre et accepte le détail fin. Le chêne résiste et vieillit en grisant. Le bois flotté ramassé sur l'estran arrive avec une texture déjà travaillée par l'eau et le sel. Devant une pièce, le réflexe utile est de repérer l'essence et de deviner combien d'heures elle a demandées.
Pourquoi des créatures, et pas des portraits
Le bestiaire revient souvent chez les sculpteurs sur bois, et ce n'est pas un hasard de mode. Un nœud, une racine tordue suggèrent une articulation ou une gueule bien plus facilement qu'un visage humain. Un portrait raté se voit tout de suite ; une créature inventée, personne ne peut vérifier à quoi elle devrait ressembler. Le matériau propose, le sculpteur suit.
Cette liberté a un revers : la limite entre la pièce sculptée et l'objet décoratif est mince, et beaucoup de bestiaires en bois tombent du mauvais côté. Ce qui fait la différence se voit au dos des pièces, là où l'on ne regarde pas, et à la façon dont l'artiste traite les zones sans intérêt narratif.
Une exposition d'été, à sa juste échelle
Rendons à cette exposition sa dimension réelle : une exposition locale, de courte durée, dans une chapelle communale, sur un littoral qui en programme des dizaines chaque saison entre Pornichet, Le Pouliguen et Batz. Aucun critique parisien ne se déplacera. Cela n'enlève rien à l'intérêt de la visite, ça la situe.
C'est même le principal argument pour y aller : vingt minutes, gratuit, à pied depuis la plage, avec la possibilité de parler au sculpteur s'il est présent, ce qui n'arrive jamais dans un musée. Pour les dates et les horaires, mieux vaut vérifier auprès de la mairie ou de l'office de tourisme avant de s'y rendre.
À lire également : www.saintnazairenews.fr.
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