Deux voiliers échoués à Pornichet : Quelles conditions difficiles ont-ils affrontées à l'arrivée de la course Select 6,50 ?

Sommaire4 sections
  1. 01Un bateau de 6,50 mètres, et rien pour se rattraper
  2. 02Pourquoi Bonne Source et pas ailleurs
  3. 03Ce que coûte un échouement, même sans casse visible
  4. 04Une scène qui n'a rien d'exceptionnel dans la baie

Deux voiliers plantés dans le sable de Bonne Source, à quelques encablures de l'entrée du port : l'image a circulé, elle est spectaculaire, et elle mérite d'être remise à sa place. Ces deux Mini 6,50 se sont échoués au terme de l'édition de la Select 6,50 courue début mai 2024, dans une fin de parcours musclée, et personne n'a été gravement blessé. Ce qui suit tient moins de l'accident dramatique que d'une question de géographie et de marée.

Un bateau de 6,50 mètres, et rien pour se rattraper

La classe Mini 6,50 aligne des bateaux de six mètres cinquante, autour de la tonne, avec un plan de voilure démesuré pour leur taille. C'est ce qui les rend rapides, et difficiles à contenir quand le vent monte près de la côte. Ces coques se mènent en solitaire ou en double, souvent par des skippers qui préparent une transat.

Un bateau de ce gabarit perd son cap dès qu'il perd de la vitesse. Dans une mer courte, l'étrave tape, la coque s'arrête, et la houle fait le reste en quelques minutes. La côte est alors à moins d'un mille.

Pourquoi Bonne Source et pas ailleurs

La plage de Bonne Source ferme l'extrémité est de la baie, juste à côté de la passe d'entrée du port de Pornichet. Un bateau qui vient chercher l'arrivée passe forcément devant. S'il dérive vers le nord ou le nord-est sur les derniers centaines de mètres, il n'a plus grand-chose devant lui : quelques dizaines de mètres d'eau, puis du sable.

Pour qui connaît le coin, c'est presque le meilleur endroit où finir. La baie de La Baule est sableuse et sans relief, sans les cailloux qui bordent la côte plus à l'ouest, vers Le Pouliguen et Batz. Une coque en composite posée sur du sable encaisse bien mieux que sur de la roche : le bateau se retrouve à sec quelques heures plus tard, accessible à pied, et remis à flot au plein suivant. Sur un platier rocheux, la même scène se termine parfois par une épave.

Ce que coûte un échouement, même sans casse visible

Les dégâts se logent rarement là où on les regarde. Les safrans prennent le choc les premiers, la dérive ensuite, et les fixations travaillent sans se rompre. Le sable entre partout, dans les réas, dans les rails, dans le puits de dérive. L'eau salée qui embarque met l'électronique de bord hors service, et c'est souvent le poste le plus cher d'un Mini.

Une scène qui n'a rien d'exceptionnel dans la baie

Les habitués de la corniche en ont vu d'autres. La baie est ouverte au secteur ouest, le clapot y lève vite sur des fonds faibles, et une arrivée de course au printemps tombe régulièrement sur des conditions qui n'ont plus rien à voir avec celles du départ. Les coureurs de la Select 6,50 le savent, et c'est une partie de ce qu'ils viennent chercher ici.

Reste l'effet sur les promeneurs, qui ne s'attendent pas à voir un mât s'incliner sur le sable à deux cents mètres d'eux. Cela dit beaucoup de la place de la voile à Pornichet : la course se termine à portée de vue de la digue, et le public en fait partie.

Source: www.ouest-france.fr

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