Economisez des centaines d'euros sur vos factures de chauffage dès 2023 : Quels sont les chauffages les plus économiques à adopter ?
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Le mot « économique » mélange deux choses qui n'ont rien à voir, et c'est ce qui rend ces comparatifs illisibles. Il y a le prix du kilowattheure une fois dans le radiateur, et il y a le prix de l'appareil qu'il faut poser pour y arriver. Un convecteur électrique coûte 60 euros et chauffe au tarif le plus cher du marché. Une pompe à chaleur coûte 13 000 euros et divise la facture par trois. Le classement change complètement selon qu'on regarde la ligne du bas de la facture ou le devis de l'installateur. En 2023, avec la hausse de 15 % du tarif réglementé de l'électricité en février et une hausse équivalente sur le gaz en janvier, la question méritait d'être posée dans ce sens.
Les faux économiques : chaleur douce et infrarouge
Un radiateur à inertie, un panneau rayonnant et un vieux grille-pain mural consomment exactement le même nombre de kilowattheures pour produire la même chaleur. La physique est têtue : une résistance électrique transforme 100 % de l'électricité en chaleur, ni plus, ni moins. Le radiateur à chaleur douce améliore le confort, il lisse les écarts de température, il évite la sensation de courant d'air froid. Il ne fait pas baisser la facture d'un centime à consigne égale.
Les gains réels viennent du pilotage. Un thermostat fiable au demi-degré près, une programmation qui suit les horaires de la maison, et vous récupérez 10 à 15 % sur un parc de vieux convecteurs. C'est un vrai gain, mais il faut l'appeler par son nom : c'est de la régulation, pas une technologie de chauffage.
La pompe à chaleur, et pourquoi elle est chez elle sur la côte
Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur, elle en déplace. Elle prend les calories de l'air extérieur et les remonte en température, ce qui explique le coefficient de performance supérieur à 1. À 7 degrés dehors, une bonne machine air/eau produit trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé. À moins 5 degrés, le rendement s'effondre et l'appoint électrique prend le relais.
Voilà pourquoi la géographie compte plus que la marque. Entre Saint-Nazaire et Le Croisic, la température descend rarement sous zéro plus de quelques nuits par hiver, et l'océan tempère les nuits froides. Une pompe à chaleur y passe la plus grande partie de la saison dans sa plage de rendement optimale, ce qui n'est pas le cas d'une maison identique en Auvergne. C'est le meilleur argument en faveur de la PAC sur le littoral atlantique, et il est rarement mis en avant par les vendeurs, qui préfèrent parler d'aides.
Le point faible reste le devis. Comptez 12 000 à 16 000 euros pour une air/eau sur radiateurs existants, davantage si le réseau doit être repris. MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie couvrent une partie de la note selon les revenus, et l'installateur doit être RGE pour que le dossier passe.
Le bois bûche reste imbattable au kilowattheure
Personne ne descend sous le prix de la bûche. Autour de 5 centimes le kilowattheure utile avec un poêle moderne à 75 % de rendement, c'est quatre fois moins cher que l'électricité directe. Un poêle à bûches se pose pour 3 000 à 5 000 euros, ramonage compris dans les frais annuels, deux passages par an demandés par la plupart des assureurs.
La contrepartie est physique. Il faut rentrer les bûches, allumer, recharger toutes les deux heures, sortir les cendres, et disposer de six à huit mètres cubes de stockage sec. Un poêle à bûches chauffe très bien une maison de plain-pied ouverte, beaucoup moins bien une maison à étages cloisonnée. Dans une maison de bord de mer occupée en semaine par deux actifs qui rentrent à 19 heures, l'appareil ne tourne jamais assez pour rentabiliser son prix.
L'isolation avant l'appareil, toujours
Changer de chaudière dans une maison des années 1970 aux combles non isolés revient à acheter une voiture économe pour rouler avec le frein à main. Les combles perdus représentent le poste le plus rentable du bâtiment : 25 à 30 % des pertes, quelques milliers d'euros de travaux, un retour sur investissement de trois à cinq ans. Aucun système de chauffage n'offre ce ratio.
Viennent ensuite les fenêtres et les portes, moins pour le vitrage que pour l'étanchéité à l'air des menuiseries anciennes. Sur la côte, le vent d'ouest travaille les huisseries en continu, et un joint de 3 euros posé sur une porte de garage donnant sur la buanderie change plus la sensation de confort qu'un radiateur neuf.
Les gestes qui pèsent vraiment sur la facture
Un degré de moins sur la consigne, c'est 7 % de consommation en moins. Passer de 21 à 19 degrés dans le séjour et à 17 dans les chambres reste le geste le plus rentable de la liste, et il ne coûte rien.
Reste le suivi. Relever son compteur une fois par mois pendant un hiver donne une base de comparaison plus utile qu'une estimation d'installateur. Sans ce relevé, impossible de savoir si le nouvel appareil a tenu ses promesses ou si l'hiver a simplement été plus doux.
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