ème Festival Pornichet Déam’bulle : Célébrons le génie féminin sous toutes ses formes
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Un festival qui annonce célébrer le génie féminin se juge sur une seule chose : les noms de sa programmation. Pour sa cinquième édition, tenue les 5 et 6 avril 2025 à l'hippodrome de Pornichet, Déam'bulle avait mis en avant deux autrices confirmées, Marie Jaffredo et Gwénola Morizur, un BD concert au Quai des Arts et une série d'ateliers encadrés par des professionnelles. C'est un thème d'édition, pas un manifeste, et c'est déjà mieux que la plupart des affiches de festivals de bande dessinée.
Pourquoi ce thème, et pourquoi il n'est pas décoratif
La question de la place des autrices dans la bande dessinée n'est pas née à Pornichet. Elle a explosé publiquement en janvier 2016, quand la sélection du Grand Prix d'Angoulême n'a retenu que des hommes, provoquant le retrait de plusieurs auteurs et une polémique nationale. Le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, formé l'année précédente, avait déjà commencé à documenter le sujet : différences de rémunération, invisibilité dans les palmarès, réduction des autrices au rayon jeunesse ou au récit intime.
Depuis, la profession a bougé, inégalement. Les écoles d'illustration accueillent une majorité d'étudiantes, les catalogues des éditeurs se sont ouverts, et les palmarès restent en retard sur les deux. Un festival de province qui consacre une édition à ce sujet ne règle rien à lui seul. Il fait autre chose, plus modeste et plus utile : il met des autrices en face d'un public familial de plusieurs milliers de personnes, dans une commune de 10 000 habitants où la bande dessinée n'a pas de vitrine le reste de l'année.
Un hippodrome pour salle de festival
Le choix du lieu mérite qu'on s'y arrête. Installer un festival de bande dessinée sous les tribunes et dans les espaces couverts d'un hippodrome, c'est une solution que plusieurs communes du littoral ont adoptée, pour des raisons très concrètes : de la surface, un sol dur, un parking déjà dimensionné pour des jours d'affluence, et un site inoccupé en dehors des réunions de courses.
Le revers, c'est l'ambiance. Un hall d'hippodrome n'a pas l'acoustique d'une salle de spectacle ni le charme d'une halle en centre-ville, et un jour de vent d'ouest en avril, on y a froid. Prévoyez de quoi vous couvrir, l'idée n'a rien d'excessif début avril sur la Côte d'Amour.
Les autrices annoncées
Marie Jaffredo travaille depuis les années 2000, avec un dessin à l'aquarelle reconnaissable et une place installée dans l'édition française. Gwénola Morizur, autrice installée en Bretagne, écrit des récits contemporains ancrés dans des situations ordinaires, souvent familiales. Deux parcours différents, deux façons de faire de la bande dessinée, et le point commun de savoir parler de leur métier à un public qui n'y connaît rien.
C'est d'ailleurs ce qu'on vient chercher dans un festival de cette taille. À Angoulême, on croise mille auteurs et on n'en approche aucun. À Pornichet, on peut passer vingt minutes devant une table à regarder quelqu'un travailler, poser une question idiote, et repartir avec une réponse.
Le BD concert, la proposition la plus intéressante
Le format existe depuis une quinzaine d'années : des planches projetées en direct, parfois dessinées sur scène, accompagnées par des musiciens qui jouent la bande-son du récit. Ce n'est ni tout à fait un concert ni tout à fait une lecture, et ça fonctionne particulièrement bien avec des spectateurs qui ne lisent pas de bande dessinée.
Le programmer au Quai des Arts, plutôt qu'à l'hippodrome, était une bonne décision : il y faut une vraie salle, une vraie sono et le noir complet. Cela obligeait en revanche à un déplacement dans le centre de Pornichet, à prévoir dans son programme de la journée.
Ce qu'un festival comme celui-là change vraiment
Soyons honnête sur les proportions. Une édition thématique ne modifie pas la structure d'un secteur. Ce qu'elle produit, c'est une file de gamines de dix ans devant la table d'une dessinatrice, un samedi après-midi, à cinq cents mètres de chez elles. Sur le long terme, c'est probablement ce qui compte le plus, et c'est le genre d'effet qu'aucun bilan de fin d'édition ne sait mesurer.
Le reste relève du fonctionnement ordinaire d'un festival de province : des bénévoles, une subvention municipale, des libraires qui prennent le risque du stock, et des éditeurs qui acceptent de déplacer leurs autrices un week-end d'avril. Quand l'un de ces maillons lâche, l'édition suivante n'a pas lieu.
Pour retrouver le détail de la programmation de cette cinquième édition et les comptes rendus publiés à l'époque, le site spécialisé ActuaBD reste la référence la plus complète.
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