Faut-il vraiment acheter son bois de chauffage en septembre ? Découvrez la réponse ici !

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Sommaire6 sections
  1. 01Le vrai calendrier, celui du séchage
  2. 02L'arnaque du stère qui n'en est pas un
  3. 03Les essences, et ce qui compte vraiment
  4. 04Combien commander, et comment le ranger
  5. 05Où acheter quand on habite entre Pornichet et Saint-Nazaire
  6. 06Alors, septembre ou pas ?

La réponse dépend entièrement d'une chose, et ce n'est pas le prix : c'est l'état du bois que vous achetez. Si le tas qu'on vous livre en septembre a été fendu et abrité depuis deux étés, oui, c'est un bon achat, vous brûlerez du bon combustible dès novembre. Si c'est du bois abattu l'hiver précédent, non, il ne sera pas prêt et vous chaufferez mal pendant toute la saison. Septembre n'est ni une bonne ni une mauvaise date en soi. C'est une date qui ne dit rien tant qu'on n'a pas mesuré l'humidité.

Le vrai calendrier, celui du séchage

Un chêne abattu en janvier contient environ la moitié de son poids en eau. Fendu et empilé sous abri ventilé dès le printemps, il descend sous les 20 % au bout de dix-huit à vingt-quatre mois. En rondins non fendus, comptez le double. Ce délai n'a rien de négociable : il dépend de la surface d'échange avec l'air et de la ventilation du tas, pas de la bonne volonté du vendeur.

Sur la Côte d'Amour, l'air océanique reste humide une grande partie de l'année et le séchage y est plus lent qu'à l'intérieur des terres. Un tas de bois exposé plein ouest, face aux embruns, sèche moins bien que le même tas rangé le long d'un mur au sud avec un simple toit et les côtés ouverts. La bâche posée jusqu'au sol est la meilleure façon de garder l'eau dedans : elle empêche la pluie d'entrer et l'évaporation de sortir.

Le bon achat de bois vert se fait donc au printemps, entre mars et mai, pour l'hiver de l'année suivante. C'est là que les scieries et les exploitants déstockent, que la demande retombe, et que vous avez devant vous les deux étés nécessaires. Septembre, pour du bois vert, c'est dix-huit mois de retard.

L'arnaque du stère qui n'en est pas un

Le stère est une unité qui ne s'applique correctement qu'aux bûches d'un mètre. Dès qu'on coupe plus court, les morceaux s'imbriquent mieux et le volume apparent diminue. Un stère de bûches d'un mètre recoupées en 50 centimètres n'occupe plus qu'environ 0,8 mètre cube apparent, et environ 0,7 en 33 centimètres. Le bois est le même, le volume affiché ne l'est pas.

D'où la règle : comparez toujours en mètres cubes apparents, avec la longueur de coupe précisée. Un vendeur qui annonce « 5 stères en 33 » livre en réalité l'équivalent de 3,5 mètres cubes apparents de vrai stère. Ce n'est pas forcément malhonnête, la confusion est ancienne dans le métier, mais elle change le prix au kilowattheure du tout au tout. Depuis 2006, la vente au grand public doit d'ailleurs se faire en mètres cubes apparents, le mot stère survivant surtout dans les conversations.

Le poids reste le juge de paix quand vous pouvez l'obtenir. Un mètre cube apparent de chêne sec en 50 centimètres pèse dans les 350 kilos et contient de l'ordre de 1 800 kWh. Le même volume à 40 % d'humidité pèsera davantage et chauffera moins. Une balance de camion règle plus de litiges que dix discussions sur le volume.

Les essences, et ce qui compte vraiment

Le chêne, le hêtre, le charme et le frêne forment le groupe des feuillus durs, denses, à combustion lente. Ce sont eux qu'on veut dans un poêle ou un insert. Le hêtre s'allume plus facilement que le chêne, le charme donne de belles braises, le frêne accepte d'être brûlé un peu moins sec que les autres. Sur une facture, l'écart entre ces quatre essences est minime.

Les feuillus tendres, peuplier, saule, bouleau, brûlent vite et servent surtout à démarrer. Les résineux encrassent le conduit et sont à éviter dans un appareil fermé. Le châtaignier, courant dans le bocage nazairien, éclate en projetant des braises : parfait dans un poêle fermé, à proscrire dans une cheminée ouverte.

Sur ce point, le débat sur l'essence idéale occupe beaucoup les forums alors qu'il pèse peu. Entre un chêne sec et un hêtre sec, la différence de chaleur produite est de quelques pourcents. Entre un chêne sec et un chêne humide, elle dépasse les 30 %. C'est là que se joue la facture.

Combien commander, et comment le ranger

Pour un insert utilisé en chauffage d'appoint dans une maison correctement isolée de 100 mètres carrés, la consommation tourne autour de 4 à 6 mètres cubes apparents par saison sur la façade atlantique, où les hivers sont doux mais longs. En chauffage principal, doublez. Le meilleur repère reste votre saison précédente : notez ce qu'il vous est resté au 1er avril, et ajustez.

Le rangement décide du reste. Un tas posé à même la terre pompe l'humidité du sol par capillarité et pourrit par le bas en un hiver. Deux palettes de récupération suffisent à le décoller de vingt centimètres. Laissez dix centimètres entre le mur et la pile pour que l'air circule, couvrez uniquement le dessus, et gardez une réserve d'une semaine à l'intérieur : une bûche rentrée au chaud quelques jours perd encore un ou deux points d'humidité avant d'aller au feu.

Un détail qui a son importance côté littoral : rangez le bois hors des embruns directs. Le sel qui se dépose sur les bûches n'empêche pas la combustion, mais il accélère la corrosion des pièces métalliques du poêle et laisse des dépôts sur la vitre. Un abri fermé côté ouest règle la question.

Où acheter quand on habite entre Pornichet et Saint-Nazaire

Trois filières coexistent. Les exploitants forestiers et scieries du bocage, qui vendent en vrac par camion et proposent souvent le meilleur rapport qualité-prix quand on prend plusieurs mètres cubes. Les revendeurs et jardineries, plus chers au volume mais qui livrent des petites quantités en filet ou en palette, utile quand on n'a pas de place. Et les ventes de bois sur pied de l'Office national des forêts ou des communes, réservées à ceux qui ont le matériel, le temps et l'assurance qui va avec.

La charte France Bois Bûche regroupe des professionnels qui s'engagent sur la mesure du volume, l'origine du bois et le taux d'humidité annoncé. Ce n'est pas une garantie absolue, c'est un point de départ pour trier. Demandez aussi le lieu de coupe : un bois qui vient de moins de cinquante kilomètres coûte moins cher en transport, et vous savez à qui vous parlez en cas de problème.

Alors, septembre ou pas ?

Septembre reste une date acceptable pour acheter du bois déjà sec, à condition de le vérifier soi-même et de ne pas se contenter de la parole du vendeur. Les stocks sont encore fournis, les délais de livraison courts, et vous avez deux mois devant vous pour finir de le ressuyer sous abri avant les premières flambées.

Ce que septembre n'est pas, c'est le moment des bonnes affaires. Celles-là se font au printemps, sur du bois vert, quand personne ne pense au chauffage. Le titre de cet article promettait un secret ; il n'y en a pas d'autre que celui-là, et il tient dans un testeur d'humidité à vingt euros.

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