Football Regional 3 : Entre torticolis, blessures et expulsions à Pornichet
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Le titre promet du spectacle, torticolis compris. La réalité de cette journée de Régional 3, à l'automne 2024, est plus prosaïque et plus intéressante : l'équipe de Benoît Audrain a décroché son deuxième succès de la saison en terminant la rencontre avec un groupe amputé. Un joueur touché à la nuque, un autre sorti sur civière, un carton rouge. Voilà le vrai sujet, et il n'a rien d'exceptionnel : à ce niveau, gagner un match consiste souvent à gérer ce qu'il reste de son effectif à la 70e minute.
Trois joueurs en moins, et alors
Un entraîneur de R3 dispose d'un banc court. Quand un joueur se bloque la nuque après un choc et qu'un autre sort sur civière, les remplacements prévus pour peser sur la fin de match partent en réparation. Le troisième changement, celui qu'on garde d'habitude pour rafraîchir un milieu, sert alors à boucher un trou.
S'y ajoute l'expulsion, tombée après une décision arbitrale contestée. Terminer à dix modifie tout le plan : on reforme un bloc bas, on abandonne le pressing, on demande aux deux joueurs de couloir un travail défensif qu'ils n'ont pas préparé à l'entraînement du jeudi soir. Gagner dans ces conditions relève moins du panache que de la discipline collective, et c'est probablement ce que le staff a retenu de la sortie.
Le torticolis, blessure ridicule et bien réelle
Le mot fait sourire. Un blocage cervical après un contact tête contre épaule met pourtant un joueur dehors pour dix jours, parfois davantage, et il n'existe aucune façon élégante de jouer au football sans tourner la tête. Dans le calendrier d'un club amateur, où l'on s'entraîne deux fois par semaine et où le kiné est celui du cabinet d'à côté, cette blessure sans gravité coûte deux matchs.
L'arbitrage, sujet qui revient chaque semaine
Le carton rouge a fait parler sur le terrain et dans le public. Disons-le franchement : à ce niveau, l'arbitre est seul ou assisté de deux bénévoles du club, sans vidéo, sans oreillette, souvent sur une pelouse où la ligne de touche a été retracée le matin. Les erreurs existent, elles sont mécaniques, et la Ligue des Pays de la Loire peine à recruter des arbitres précisément à cause du niveau de contestation qu'ils subissent chaque dimanche.
Un joueur qui perd son sang-froid après une décision qu'il juge injuste prend son rouge et laisse son équipe à dix. Sur ce point, le calcul ne tient pas : la protestation ne renverse jamais la décision et pénalise systématiquement les dix autres.
Le décor, aussi, fait le match
Un dimanche de novembre sur la côte, la pelouse a pris l'eau de la semaine et le vent de mer traverse le terrain dans sa longueur. Les contrôles sont approximatifs, les ballons longs partent en touche, les appuis lâchent. Une partie des chutes et des faux mouvements évoqués après la rencontre tient à cet état de surface, pas à une brutalité particulière des joueurs.
Ceux qui suivent le championnat régional le savent : entre la mi-novembre et février, les clubs de bord de mer alternent les terrains gras et les reports pour cause d'arrêté municipal. Jouer et gagner sur ce type de pelouse suppose d'adapter le jeu, en acceptant de mettre le ballon devant plutôt que de tenter la construction courte.
Ce que ce genre de dimanche dit du club
Une victoire arrachée en infériorité numérique en dit plus long sur un groupe qu'un large succès sur une équipe en difficulté. Elle indique que les consignes passent, que les joueurs acceptent de reculer sans se désunir, et qu'un entraîneur a réussi à faire tenir un dispositif improvisé pendant vingt minutes.
Elle ne garantit rien pour la suite du championnat. Un deuxième succès en R3 place une équipe dans le ventre du classement, pas ailleurs, et la série de matchs qui suit dira si le groupe encaisse la fatigue accumulée. Reste que pour le spectateur qui était derrière la main courante ce dimanche-là, entre les cris, les chambrages et le café de la buvette, la rencontre valait le déplacement. C'est aussi pour cela qu'on vient voir jouer le club de sa ville.
Prochaine échéance, un déplacement à préparer avec un groupe diminué et un suspendu à remplacer. C'est le quotidien du Régional 3, et personne au club ne s'en étonne.
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