Découvrez la magnifique villa léguée au Secours catholique à Pornichet : Quel secret renferme-t-elle pour rendre son donateur si heureux ?
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Le secret du donateur, il n'y en a pas : Yves Oriou a donné au Secours catholique la villa familiale de Pornichet parce que sa famille y accueillait déjà des vacanciers modestes dans les années 1950, et il l'a dit publiquement lors de l'inauguration, en juin 2024. Ce qui mérite d'être raconté est ailleurs, dans une ligne comptable que les reportages effleurent : recevoir une villa balnéaire estimée à deux millions d'euros, c'est surtout hériter d'un chantier de 700 000 euros. Voici comment cette facture a été réglée.
Un legs ne se transforme pas tout seul en maison de vacances
La villa, baptisée Ker Coët, date de la fin du XIXe siècle. Les sources ne s'accordent pas sur l'année exacte : on lit 1880 ici, 1893 là. Peu importe, le point qui compte tient dans ce que cette date implique. Une maison de cette époque, restée dans une même famille, arrive avec une électricité à refaire, une isolation inexistante, des sanitaires uniques pour tout l'étage et des planchers qui ne répondent à aucune norme d'accueil collectif. Une association qui reçoit un tel bien n'a que trois options : le vendre, le laisser fermé, ou payer la remise aux normes. Le Secours catholique a choisi la troisième, la plus chère.
Où passent 700 000 euros
Le poste le plus lourd dans ce type de rénovation, c'est le découpage des volumes. Faire six logements indépendants dans une villa conçue comme une seule maison suppose de recréer des cloisons, de tirer des réseaux d'eau et d'évacuation vers chaque salle de bains, d'installer autant de kitchenettes, et de reprendre la sécurité incendie parce qu'on passe d'un logement privé à un établissement recevant du public. Le résultat, ce sont six appartements avec sanitaires et coin cuisine, plus un salon et une cuisine ouverte communs, capables d'accueillir des groupes d'une quinzaine de personnes.
Quarante bénévoles, et ce que ça pèse vraiment
La quarantaine de bénévoles mobilisés a travaillé avec des professionnels, pas à leur place. La distinction compte. Sur un bâtiment ancien ouvert au public, la plomberie, l'électricité et la structure passent par des entreprises assurées, sinon aucune commission de sécurité ne délivre son avis. Ce que les bénévoles absorbent, ce sont les heures non qualifiées et interminables : démolition, gravats, ponçage, peinture, jardin, montage du mobilier. Sur deux ans, ces heures pèsent une part du budget que personne ne chiffre, faute de facture.
Un montage qui ne se copie pas partout
Sur ce point, il faut être clair : ce projet a fonctionné parce que trois conditions rares étaient réunies au même endroit. Un donateur qui transmet sans contrepartie un bien situé à 200 mètres d'une plage. Un réseau de mécènes capable de couvrir les deux tiers d'un chantier. Et une délégation locale assez fournie pour trouver quarante bénévoles disponibles sur deux ans. Beaucoup d'associations reçoivent des legs immobiliers ; la plupart les revendent, parce qu'elles n'ont ni le second ni le troisième ingrédient. Ker Coët est une exception, pas un modèle qu'on déploie.
Reste une question que l'inauguration n'a pas tranchée : le fonctionnement. Une maison de six logements ouverte à des groupes qui se succèdent demande du ménage, de l'entretien, une présence sur place et un budget annuel qui, lui, ne sera pas couvert par un legs. C'est cette ligne-là, et pas les 700 000 euros du chantier, qui dira dans cinq ans si Ker Coët tient debout.
Source: www.francebleu.fr
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