Grossesse et régime alimentaire : idées recettes pour rester en pleine forme

Grossesse et régime alimentaire : idées recettes pour rester en pleine forme
Sommaire7 sections
  1. 01Commencer par la liste des interdits, c'est plus simple
  2. 02Le petit-déjeuner quand le coeur ne suit pas
  3. 03Le déjeuner : où trouver le fer, vraiment
  4. 04Le dîner et les fringales de 22 h
  5. 05Lait, gluten et régimes d'exclusion
  6. 06La constipation et les brûlures d'estomac, deux classiques
  7. 07Et si un repas dérape

Une femme enceinte n'a pas besoin de manger pour deux. Le supplément réel tourne autour de 200 à 250 kilocalories par jour au deuxième et au troisième trimestre, et de zéro au premier : l'équivalent d'un yaourt et d'une pomme, pas d'une deuxième assiette. Ce qui change vraiment, c'est la densité de l'assiette. Il faut aller chercher du fer, de l'iode, du calcium, de la vitamine B9 et des oméga 3 dans un volume alimentaire à peu près identique à celui d'avant. Et le faire en composant avec des nausées, des dégoûts soudains et une liste d'aliments interdits qui rétrécit le champ. Voilà l'exercice réel des neuf mois.

Commencer par la liste des interdits, c'est plus simple

Deux infections dictent presque tous les interdits alimentaires de la grossesse. La listériose, transmise par des aliments réfrigérés mal maîtrisés, et la toxoplasmose, si vous n'êtes pas immunisée (votre sérologie du premier trimestre vous le dira, et elle est refaite chaque mois si elle est négative).

Concrètement, on écarte les fromages au lait cru à pâte molle et les croûtes de tous les fromages, la charcuterie de coupe, les rillettes et pâtés, le poisson fumé, les coquillages crus, les tartares et carpaccios, les viandes saignantes, les graines germées crues. Les fruits et légumes se lavent soigneusement, la terre est le vecteur de la toxoplasmose.

Ce qui reste autorisé et qu'on croit interdit à tort : les fromages au lait pasteurisé à pâte pressée cuite (emmental, comté, beaufort), les crevettes et moules bien cuites, les oeufs bien cuits, le café dans la limite de deux tasses par jour. L'alcool est le seul zéro absolu de la liste, sans seuil et sans exception.

Le petit-déjeuner quand le coeur ne suit pas

Au premier trimestre, l'idée d'un petit-déjeuner complet fait souvent horreur. Inutile de forcer. Ce qui passe le mieux au réveil, ce sont les aliments secs et peu odorants : pain grillé, biscotte, flocons d'avoine avec du lait, banane. Mangez avant même de vous lever si les nausées sont matinales, l'estomac vide les aggrave.

Quand l'appétit revient, deux formules tiennent jusqu'à midi. Des oeufs brouillés bien cuits avec une tranche de pain complet et un demi-avocat : protéines, fibres et bons lipides d'un coup. Ou un bol de flocons d'avoine avec un yaourt nature, une poignée de myrtilles et une cuillère de purée d'amandes, qui apporte du calcium et du magnésium sans sucre ajouté.

Les céréales industrielles du rayon petit-déjeuner sont à regarder de près : beaucoup dépassent 25 g de sucre pour 100 g. Les flocons d'avoine nature en coûtent trois fois moins et n'en contiennent aucun.

Le déjeuner : où trouver le fer, vraiment

Le fer est la carence la plus fréquente de la grossesse, et c'est le nutriment où les erreurs coûtent le plus cher. Le fer des viandes rouges et des abats s'absorbe cinq fois mieux que celui des lentilles ou des épinards. Si vous mangez de la viande, 100 g de boeuf haché bien cuit deux fois par semaine changent la donne.

Pour les végétariennes, la vitamine C est le levier. Un filet de citron sur les lentilles, du persil frais, quelques quartiers d'orange en dessert : l'absorption du fer végétal double. À l'inverse, le thé et le café pris pendant le repas la divisent, donc on les décale d'une heure.

Une assiette de midi qui fonctionne : lentilles vertes tièdes, dés de betterave, feta pasteurisée, roquette bien lavée, vinaigrette au citron. Ou un pavé de merlu du jour cuit à la vapeur, écrasé de pommes de terre à l'huile d'olive, poireaux fondus. Les poissons débarqués sur la côte, merlu, maquereau, sardine, coûtent moins cher que le saumon et apportent autant d'oméga 3.

Femme enceinte préparant une assiette de fruits frais dans sa cuisine

Le dîner et les fringales de 22 h

Le soir, un plat chaud à index glycémique modéré passe mieux et limite le reflux : pâtes semi-complètes, riz complet, patate douce, accompagnés de légumes cuits et d'une source de protéines. Gratin de courgettes aux oeufs bien cuits, curry de pois chiches au lait de coco, poulet rôti avec des carottes fondantes. Rien d'exotique, mais on tient jusqu'au matin.

Les fringales du soir sont physiologiques. Elles signalent souvent un déjeuner trop léger. Plutôt que de lutter, prévoyez la collation avant qu'elle arrive : une poignée d'amandes, deux dattes, un yaourt nature avec de la compote sans sucre ajouté, une tartine de fromage frais pasteurisé.

Lait, gluten et régimes d'exclusion

Trois produits laitiers par jour couvrent les 1 000 mg de calcium quotidiens : un yaourt, 30 g de comté, un verre de lait. Si le lactose passe mal, les yaourts et les fromages affinés en contiennent très peu, et les boissons végétales enrichies en calcium prennent le relais. Attention : les boissons d'amande ou de riz non enrichies n'apportent presque rien, il faut lire l'étiquette.

Sur le gluten, soyons clairs. Il n'y a aucune raison de l'exclure pendant la grossesse en dehors d'une maladie coeliaque diagnostiquée. Les gammes « sans gluten » industrielles compensent souvent par des amidons raffinés et des additifs, avec un index glycémique plus élevé que le pain complet qu'elles remplacent. C'est un mauvais échange.

Tout régime d'exclusion pendant la grossesse (végétalien, hypocalorique, jeûne intermittent) se discute avec un professionnel et s'accompagne d'un dosage de vitamine B12. La raison est terre à terre : les carences se mesurent, et elles se mesurent aussi chez le bébé.

La constipation et les brûlures d'estomac, deux classiques

Deux inconforts reviennent chez presque toutes les femmes enceintes, et l'alimentation les règle mieux que n'importe quel médicament. Pour le transit ralenti du deuxième trimestre : deux litres d'eau par jour, des pruneaux trempés, du pain complet, et surtout de la marche, vingt minutes suffisent. Les eaux riches en magnésium aident aussi.

Pour le reflux du dernier trimestre, quand l'utérus pousse sur l'estomac, la stratégie est inverse : des repas plus petits et plus fréquents, cinq prises légères plutôt que trois assiettes pleines, rien de gras ni d'acide le soir, et pas d'allongement dans les deux heures qui suivent le dîner.

Et si un repas dérape

Vous avez mangé un morceau de brie chez des amis sans y penser. Le risque de listériose reste faible et il n'existe pas de test préventif. La conduite à tenir est simple : surveiller sa température pendant un mois et appeler la maternité en cas de fièvre supérieure à 38 degrés, même sans autre symptôme. La panique rétrospective n'apporte rien.

Le reste du temps, l'objectif tient en une phrase : des produits frais, des repas cuisinés à la maison, du poisson deux fois par semaine, et une assiette qu'on a envie de finir. Manger bien pendant neuf mois ne se joue pas sur un repas parfait, ça se joue sur ce qu'il y a dans le réfrigérateur le mardi soir à 19 h 30.

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