Incroyable ! Qu'est-ce qui a vraiment provoqué le double échouage spectaculaire de deux voiliers à la fin de la régate de Pornichet ? Découvrez tous les détails ici !
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Il n'y a pas de mystère à élucider dans cette affaire, et le titre promet plus qu'il ne peut tenir. Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 mai 2024, deux voiliers de la Pornichet Select 6.50 se sont échoués à l'arrivée : l'un sur les enrochements de la jetée du port, l'autre sur le sable, entre La Baule et Pornichet. Les deux skippers s'en sont sortis indemnes. Ce qui explique l'accident tient en trois mots : la nuit, la fatigue, et la forme de cette baie.
Une course où l'on arrive épuisé, de nuit
La Pornichet Select 6.50 se court en solitaire sur des bateaux de 6,50 mètres, la classe qui sert de rampe de lancement vers la Mini Transat. Six mètres cinquante, cela veut dire un cockpit ouvert, pas de couchette digne de ce nom, et un skipper qui dort par tranches de vingt minutes depuis le départ. Sur ces formats-là, l'accident n'arrive presque jamais au large. Il arrive à l'arrivée, quand le concurrent voit les feux du port et relâche l'attention qu'il tenait depuis deux jours.
Ajoutez l'obscurité et des rafales irrégulières, comme cette nuit-là. Un Mini pèse moins d'une tonne, il dérape sous une risée, et le temps de reprendre la barre le bateau a fait cent mètres dans la mauvaise direction. Cent mètres, sur cette côte, cela suffit largement.
La baie ne pardonne pas l'approximation
C'est le point que les récits d'accident oublient toujours, et il est purement local. Entre la pointe de Chemoulin et le Pouliguen, il n'y a rien : neuf kilomètres de sable en pente très douce, sans amer, sans relief, sans repère nocturne autre que l'éclairage urbain du front de mer. De nuit, la ligne des lampadaires de La Baule et celle des feux du port se ressemblent beaucoup vue de la mer, surtout quand on a les yeux fatigués.
Le marnage fait le reste. En vive-eau, la mer descend et remonte de plus de cinq mètres dans cette baie. Un bateau qui talonne à mi-marée descendante se retrouve posé sur le flanc vingt minutes plus tard, sans aucune possibilité de se dégager avant le flot suivant. Les enrochements de la jetée de Pornichet, eux, ne bougent pas : le port a été creusé dans le sable et protégé par deux digues, et ce sont ces blocs qui prennent le choc quand l'entrée est manquée de quelques dizaines de mètres.
Ce qu'on ne sait pas, et ce qu'on ne saura probablement jamais
Aucune enquête publique n'a été ouverte, et il n'y en aura pas : il s'agit d'échouages sans victime, dans le cadre d'une régate, avec des bateaux privés. Les causes exactes relèvent de ce que chaque skipper a raconté à son club. Prétendre trancher entre erreur de barre, avarie de safran ou décrochage sous rafale serait inventer.
Ce qu'on peut dire tient au bon sens des gens qui organisent ces courses : les briefings d'avant-départ des régates côtières consacrent toujours un long moment à l'atterrissage de nuit et à l'approche du port. Si ce chapitre existe, c'est qu'il sert. Le double échouage de mai 2024 en donne une illustration coûteuse.
La Select 6.50 ouvre chaque printemps la saison des Mini à Pornichet, et cette édition 2024 s'est terminée sur deux coques abîmées plutôt que sur un classement. Voilà l'histoire complète, sans point d'exclamation et sans révélation cachée. Pour qui habite le front de mer, elle rappelle surtout à quoi ressemble cette baie vue depuis l'eau, la nuit : une longue bande claire où rien ne se détache.
Source: saint-nazaire.maville.com
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