Incroyable sauvetage en mer : Comment la SNSM a secouru un plaisancier blessé au large de la côte sauvage du Croisic ?
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Un plaisancier blessé à bord de son voilier, une alerte, un canot de la SNSM qui appareille du Croisic : l'intervention de juillet 2024 au large de la côte sauvage n'a rien d'exceptionnel pour les bénévoles de la station. C'est même le type d'appel qu'ils traitent plusieurs fois chaque été. Ce qui mérite d'être raconté, c'est le décor : quelques milles de côte rocheuse où la houle d'ouest arrive sans obstacle, à dix minutes de bateau d'un port qui remplit ses pontons dès la mi-juin.
La côte sauvage, un morceau de littoral qui pardonne peu
Entre la pointe du Croisic et Batz-sur-Mer s'étire une bande de falaises basses et de roches affleurantes que tout le monde ici appelle la côte sauvage. Le sentier des douaniers la longe, très fréquenté l'été. Vue de la terre, elle est photogénique. Vue de la mer, c'est autre chose : pas d'abri, des cailloux qui découvrent à marée basse, et une houle d'ouest qui vient du large sans rien pour la casser avant le plateau du Four.
Ajoutez le courant de marée qui balaie l'entrée du traict et vous obtenez une zone où une avarie banale devient vite un problème. Un bateau qui dérive vers cette côte a peu de temps devant lui.
Ce qui se passe entre l'alerte et l'appareillage
Personne n'appelle directement la SNSM. Un appel de détresse part vers le CROSS, celui d'Étel pour ce secteur, par VHF canal 16 ou par le 196 depuis un téléphone. C'est le CROSS qui décide des moyens et déclenche la station. À partir de là, les bénévoles ont un bip qui sonne, où qu'ils soient : au travail, à table, sur la plage avec leurs enfants.
Ils habitent tous à quelques minutes du port, c'est une condition pour être d'astreinte. L'équipage se constitue avec ceux qui arrivent en premier, le canot sort, et le reste se règle en route sur la base des informations transmises par le CROSS. Ce délai court est le vrai atout d'un dispositif à base de volontaires locaux : aucune structure professionnelle ne pourrait tenir cette couverture sur l'ensemble du littoral.
Un port qui double de population en juillet
Le Croisic vit toute l'année avec sa criée, ses chalutiers et une poignée de plaisanciers du coin. En juillet, le trafic change de nature : bateaux de location, sorties à la journée vers Hoedic ou Belle-Ile, équipages qui découvrent la zone avec une carte achetée le matin même. Les sauveteurs le disent sans détour, la courbe des interventions suit celle des réservations de ponton. Ce n'est pas une question d'imprudence généralisée, plutôt de méconnaissance locale : les cailloux du secteur ne se devinent pas, ils se connaissent.
Une blessure à bord, la situation la plus fréquente
Le naufrage spectaculaire est rare. Ce que traitent les stations, ce sont des pannes moteur, des avaries de gouvernail, des équipiers blessés. Un bôme qui part en travers lors d'un empannage non contrôlé peut casser une clavicule ou assommer quelqu'un en une fraction de seconde, et sur un voilier mené en solitaire, la personne à terre est aussi celle qui barrait.
Les sauveteurs embarquent alors sur le bateau en détresse, évaluent l'état du blessé, le stabilisent et organisent son transfert. La suite dépend de la gravité : retour au port et relais par les secours terrestres, ou évacuation par un moyen médicalisé si le CROSS l'estime nécessaire.
Les bénévoles du Croisic n'aiment pas beaucoup le mot héros. Ils parlent d'astreinte, d'entraînement le samedi matin, de moteur à réviser et de dossiers de subvention. C'est plus prosaïque que le récit habituel, et probablement plus juste.
Source : www.ouest-france.fr
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