La détermination de la fin du ramadan par la grande mosquée de Paris : un mélange d'astronomie et de traditions

la grande mosquée de paris détermine la fin du ramadan à travers un mélange d'astronomie et de traditions, découvrez comment la date est calculée.
Sommaire3 sections
  1. 01Deux dates possibles pour un même mois
  2. 02Ce qui se passe réellement lors de la nuit du doute
  3. 03Ce que ça change pour les familles

Certaines années, deux familles musulmanes d'un même immeuble de Saint-Nazaire ne fêtent pas l'Aïd le même jour. Ce n'est ni un désaccord théologique de fond ni un hasard : c'est une divergence de méthode, entre ceux qui suivent le calcul astronomique et ceux qui attendent qu'un croissant de lune soit vu à l'œil nu. La Grande Mosquée de Paris se tient au milieu de ce partage, et c'est ce qui rend sa fameuse nuit du doute plus compliquée qu'il n'y paraît.

Deux dates possibles pour un même mois

Croissant de lune fin au-dessus de l'horizon, juste après le coucher du soleil

Le calendrier musulman est lunaire. Un mois y dure 29 ou 30 jours et commence à la première visibilité du croissant qui suit la nouvelle lune. Toute la difficulté tient dans un décalage : la conjonction, l'instant où la Lune passe entre la Terre et le Soleil, se calcule à la seconde près depuis des siècles. La visibilité du croissant, elle, dépend de son âge, de sa hauteur au-dessus de l'horizon au coucher du soleil, de la transparence du ciel. Un croissant peut exister astronomiquement et rester invisible partout dans le monde. C'est là que naissent les deux dates.

Ce qui se passe réellement lors de la nuit du doute

Coupole et minaret de la Grande Mosquée de Paris au crépuscule

La veillée se tient le 29e soir du ramadan, à la Grande Mosquée de Paris comme dans d'autres institutions. On y confronte les données astronomiques transmises par des observatoires et les témoignages d'observation reçus de France et de l'étranger. Selon la règle héritée de la tradition prophétique, deux témoins dignes de foi suffisent à valider l'apparition du croissant. Si personne ne le voit, le mois de ramadan compte 30 jours et l'Aïd tombe le surlendemain.

Depuis quelques années, la Grande Mosquée de Paris a pris l'habitude d'annoncer la date à l'avance en s'appuyant sur le calcul, tout en maintenant la veillée. Pour le ramadan 2024, commencé le 11 mars, elle avait retenu le mercredi 10 avril pour l'Aïd el-Fitr. D'autres fédérations, elles, s'en tiennent strictement à l'observation et n'annoncent rien avant la nuit précédente.

Ce que ça change pour les familles

Famille réunie autour d'une table de fête le matin de l'Aïd

L'incertitude a des effets très concrets. On ne sait pas la veille au soir si l'on jeûne encore le lendemain. La commande de pâtisseries, la salle réservée pour la prière du matin, la demande de congé posée au travail : tout se cale sur une date qui peut bouger de vingt-quatre heures. Les employeurs français n'ont aucune obligation d'accorder ce jour, ce qui oblige à poser un congé sur une date incertaine, ou à en poser deux par sécurité.

L'argument en faveur du calcul est là, et il est solide : une communauté installée en France depuis trois générations organise mal sa vie sociale sur une annonce faite à 21 heures. L'argument inverse tient aussi, et il n'est pas obscurantiste : l'observation directe est ce que le texte demande, et elle rattache le rite à un geste plutôt qu'à un tableau de chiffres. Le débat dure depuis les années 1980 et il n'est pas près d'être tranché.

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