La fin des chaudières à gaz : Quel avenir pour votre chauffage ?

découvrez l'avenir de votre chauffage avec la fin des chaudières à gaz. quelles alternatives s'offrent à vous ? informez-vous et anticipez le changement.
Sommaire6 sections
  1. 01Ce que la réglementation interdit, et ce qu'elle laisse tranquille
  2. 02Sur la côte, la pompe à chaleur joue à domicile
  3. 03Le calcul que personne ne vous pose noir sur blanc
  4. 04Le piège du remplacement à l'identique
  5. 05Deux situations où garder le gaz reste défendable
  6. 06Par où commencer avant que la chaudière ne lâche

La question tombe à chaque devis de chauffage : est-ce qu'on va m'obliger à jeter ma chaudière ? Réponse au printemps 2024, sans détour : non. Aucun texte n'impose de déposer une chaudière à gaz qui fonctionne, et le projet d'interdire son remplacement, agité pendant tout l'automne 2023, a été abandonné en janvier 2024. Ce qui est interdit, c'est d'installer du gaz dans un logement neuf. Le reste se joue sur une feuille de calcul, pas dans le Journal officiel.

Ce que la réglementation interdit, et ce qu'elle laisse tranquille

La RE2020 vise les constructions neuves. Depuis le 1er janvier 2022, une maison individuelle neuve doit tenir un plafond d'émissions de gaz à effet de serre que le chauffage au gaz ne peut pas atteindre : le gaz est écarté sans être nommé. Pour le collectif neuf, le seuil s'est resserré au 1er janvier 2025. Un logement existant n'entre dans aucune de ces cases.

Si votre chaudière rend l'âme en février, vous avez le droit d'en remettre une au gaz. Un installateur qui affirme le contraire vend autre chose que de l'information.

Sur la côte, la pompe à chaleur joue à domicile

Entre Pornichet, La Baule et Saint-Nazaire, le parc date beaucoup des années 1960 à 1980, avec un chauffage central posé du temps du fioul puis converti au gaz. Le climat local change le calcul : les gelées descendent rarement sous les quelques degrés négatifs, et jamais longtemps. Une pompe à chaleur air/eau garde donc un rendement correct presque toute la saison de chauffe, là où le même appareil posé dans le Cantal passerait des semaines sur sa résistance électrique d'appoint.

L'air marin, lui, ne fait pas de cadeau à l'unité extérieure. À quelques centaines de mètres du remblai, les embruns attaquent l'échangeur en aluminium et la visserie. Traitement anticorrosion, pas de façade plein ouest exposée au vent dominant, un rinçage à l'eau claire une ou deux fois par an : trois minutes de geste, plusieurs années de durée de vie.

Le calcul que personne ne vous pose noir sur blanc

Ordres de grandeur de 2024. Le kilowattheure de gaz revient autour de 0,12 euro toutes taxes comprises, hors abonnement. Une chaudière à condensation en bon état restitue à peu près 90 % de ce qu'elle avale : le kilowattheure de chaleur coûte donc environ 0,13 euro. Côté électricité, le tarif de base tourne autour de 0,25 euro. Une pompe à chaleur bien dimensionnée sur un plancher chauffant rend trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé : le kilowattheure de chaleur redescend vers 0,07 euro.

Le rapport est net : à peu près du simple au double sur la facture d'usage. C'est l'investissement qui rattrape l'écart. Comptez 4 000 à 6 000 euros pour une chaudière à condensation posée, environ trois fois plus pour une pompe à chaleur air/eau, dépose et adaptation du réseau comprises. MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie effacent une bonne partie de la différence pour les revenus modestes, beaucoup moins pour les autres. Le calcul se joue donc sur votre tranche de revenus autant que sur le prix du gaz.

Le piège du remplacement à l'identique

Une pompe à chaleur posée sur une maison mal isolée, avec des radiateurs en fonte alimentés à 70 degrés, ne tiendra pas le rendement de la plaquette. Elle bascule sur son appoint électrique dès que la température baisse, et la facture d'hiver grimpe au-dessus de ce que faisait le gaz. Ce scénario a fait beaucoup de dégâts entre 2021 et 2023, chez des gens démarchés par téléphone.

Le cas inverse mérite d'être dit : une chaudière à condensation posée en 2019 dans une maison correctement isolée n'a aucune raison d'être remplacée aujourd'hui. Elle tiendra quinze à vingt ans, et la laisser finir sa vie coûte moins cher à la planète que d'en fabriquer une autre.

Deux situations où garder le gaz reste défendable

La copropriété, d'abord. Une chaudière individuelle au gaz dans un immeuble du remblai se remplace facilement ; poser une unité extérieure en façade suppose un vote en assemblée générale que beaucoup de syndics refusent, surtout dans le périmètre d'un bâtiment protégé. Le budget contraint, ensuite : quand la chaudière lâche un 3 janvier et qu'il n'y a rien devant, le remplacement à l'identique remet du chauffage dans la maison en quarante-huit heures. Il existe aussi des systèmes hybrides, une petite pompe à chaleur associée à la chaudière existante, l'une prenant le relais de l'autre selon la température extérieure.

Par où commencer avant que la chaudière ne lâche

Le pire moment pour choisir un système de chauffage, c'est le jour de la panne : on signe le premier devis venu, au prix affiché. Prenez de l'avance pendant l'été. Trois devis auprès d'artisans certifiés RGE du secteur, la note de dimensionnement et la température de départ retenue pour chacun, et vous comparez des hypothèses, pas seulement des prix.

Le conseil gratuit existe et il est public : les conseillers France Rénov' répondent au 0 808 800 700 et reçoivent en rendez-vous, sans rien vendre. Isoler les combles perdus avant de changer le générateur, par exemple, fait gagner deux fois : la facture baisse tout de suite, et la pompe à chaleur posée ensuite sera dimensionnée plus petite, donc moins chère. C'est l'ordre des opérations qui fait la différence, bien plus que la marque de l'appareil.

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